Sabine Azéma, actrice et réalisatrice française née le 20 septembre 1949 à Paris, est doublement lauréate du César de la meilleure actrice. Muse d'Alain Resnais durant trois décennies, elle s'est imposée du théâtre classique aux comédies populaires françaises.
Sabine Azéma intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique à vingt ans, dans la classe d'Antoine Vitez, et complète sa formation au cours Florent. Repérée au théâtre, elle interprète en 1974 la fille de Louis de Funès dans La Valse des toréadors de Jean Anouilh, sa première grande scène à la Comédie des Champs-Élysées sous la direction de Claude Sainval. Le cinéma s'ouvre à elle en 1976 avec On aura tout vu de Georges Lautner, aux côtés de Pierre Richard et Jean-Pierre Marielle. Elle joue ensuite dans La Dentellière de Claude Goretta en 1977. La rencontre décisive intervient en 1983 avec Alain Resnais, qui la dirige dans La vie est un roman. Cette collaboration s'étendra sur plus de trente ans et neuf longs métrages, jusqu'à Aimer, boire et chanter en 2014.
En 1984, Bertrand Tavernier lui confie le rôle d'Irène dans Un dimanche à la campagne, présenté à Cannes, qui lui vaut son premier César de la meilleure actrice en 1985. Deux ans plus tard, Mélo d'Alain Resnais lui apporte un second César. Elle retrouve Tavernier en 1989 pour La Vie et rien d'autre. Elle alterne ensuite films d'auteur et comédies populaires : Smoking / No Smoking en 1993, Le bonheur est dans le pré d'Étienne Chatiliez en 1995, On connaît la chanson en 1997, Pas sur la bouche en 2003, Cœurs en 2006 et Les Herbes folles en 2009. Son duo avec André Dussollier traverse onze films, de Tanguy en 2001 à N'avoue jamais d'Ivan Calbérac en 2024.
1949 : naissance le 20 septembre dans le 15e arrondissement de Paris
1973 : sortie du Conservatoire (promotion Antoine Vitez et Lise Delamare) et mariage avec Michel Lengliney
1974 : premier grand rôle au théâtre dans La Valse des toréadors de Jean Anouilh
1976 : débuts au cinéma dans On aura tout vu de Georges Lautner
1983 : première collaboration avec Alain Resnais dans La vie est un roman
1985 : César de la meilleure actrice pour Un dimanche à la campagne
1987 : second César de la meilleure actrice pour Mélo, et membre du jury du Festival de Venise
1992 : réalisation du film-hommage Bonjour Monsieur Doisneau
1998 : mariage avec Alain Resnais
2001 : succès populaire de Tanguy d'Étienne Chatiliez
2014 : décès d'Alain Resnais le 1er mars, sortie d'Aimer, boire et chanter
2015 : promue commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres, préside le jury de la Caméra d'or au Festival de Cannes
2024 : sortie de N'avoue jamais d'Ivan Calbérac aux côtés d'André Dussollier
Sabine Florence Azéma naît dans le 15e arrondissement de Paris d'un père avocat et d'une mère au foyer. Elle grandit avec ses deux sœurs, avec lesquelles elle monte des spectacles dès l'enfance, et fait ses études classiques au lycée Racine. Après le baccalauréat, elle suit les cours de théâtre de Jean Périmony, puis intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1969 dans la classe d'Antoine Vitez. Elle épouse en premières noces l'auteur de théâtre Michel Lengliney en 1973, qui écrira pour elle plusieurs pièces dont Silence on aime. En 1998, elle se marie avec le cinéaste Alain Resnais, son aîné de vingt-sept ans, après quinze ans de vie commune.
Elle a déclaré en 2023 à Version Femina vivre très bien le fait de ne pas avoir d'enfants. Liée d'amitié au photographe Robert Doisneau jusqu'à sa mort en 1994, elle lui a consacré le documentaire Bonjour Monsieur Doisneau. Elle entretient une longue complicité professionnelle avec Pierre Arditi et André Dussollier, partenaires récurrents chez Resnais et au cinéma populaire. Elle réside dans le 14e arrondissement de Paris. En 2015, la ministre de la Culture Fleur Pellerin la promeut commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres aux côtés de la comédienne Dominique Blanc.
1 - Avant son premier grand rôle de théâtre, elle donne des leçons de comédie dans un collège tout en suivant les cours du Conservatoire, période où elle cumule formation et enseignement aux côtés de Lise Delamare.
2 - Sur sa collaboration avec Alain Resnais, elle confie à la Cinémathèque française en 2021 que le cinéaste glissait ses indications à l'oreille des comédiens, chuchotées à l'écart, plutôt qu'en public sur le plateau.
3 - Elle a interprété six personnages différents dans le seul diptyque Smoking / No Smoking d'Alain Resnais en 1993, du rôle cultivé au plus fruste, performance saluée par le César de la meilleure actrice en 1994.
4 - En 2014, elle préside le jury de la 7e édition du Festival du film francophone d'Angoulême, l'année du décès d'Alain Resnais.
5 - Pour Bonjour Monsieur Doisneau, sorti en 1992, elle signe sa seule réalisation pour le cinéma, suivie en 1997 par le téléfilm Quand le chat sourit, marquant ses débuts derrière la caméra. Elle préface également l'ouvrage Robert Doisneau, la vie d'un photographe en 1996.
6 - En mai 2023, elle exprime publiquement avec Eddy Mitchell, lors de la promotion de Wahou ! de Bruno Podalydès, un désaccord avec le discours politique de Justine Triet à Cannes, sur le thème de la frontière entre cinéma et sujets de société.
- Métier(s) : actrice et réalisatrice
- Résidence principale : Paris (14e arrondissement)
- Relations de couple : Michel Lengliney (épousé en 1973), Alain Resnais (épousé en 1998, décédé en 2014)
- Enfants : aucun
- Distinctions : César de la meilleure actrice 1985 et 1987, commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2015)
« Je vis très bien le fait de ne pas en avoir. La famille est quand même un endroit difficile et lourd. Il n'y a pas un idéal de vie à indiquer aux gens. »
— Interview Version Femina, 2023
« Quand on a vécu des deuils, plusieurs, on se rend compte – je le savais déjà, mais c'est encore plus prégnant – à quel point le présent est précieux. Alors profitons. Entraînons les autres. »
— Interview Gala, 2017
« Les grands artistes, comme l'était Alain, sont des personnes qui nous emmènent dans des endroits qu'on n'aurait pas pu imaginer, que les autres ne peuvent pas imaginer et on se sent remplis et gâtés, récompensés. »
— Entrée libre, France 5, 2019
« Resnais nous considère comme des collaborateurs, il donne le goût du risque. Il est droit derrière la caméra, avec une intensité dans le regard et dans l'écoute inouïe, et ne donne jamais d'indications en public. Il vous prend à l'écart et glisse ses commentaires, chuchotés à l'oreille. Il est très pointilleux sur la diction, le rythme, la musique du texte. »
— Rencontre à la Cinémathèque française autour de Mélo, 7 novembre 2021
« Je vis très bien le fait de ne pas en avoir. La famille est quand même un endroit difficile et lourd. Il n'y a pas un idéal de vie à indiquer aux gens. »
— Interview Version Femina, 2023
« Quand on a vécu des deuils, plusieurs, on se rend compte – je le savais déjà, mais c'est encore plus prégnant – à quel point le présent est précieux. Alors profitons. Entraînons les autres. »
— Interview Gala, 2017
« Les grands artistes, comme l'était Alain, sont des personnes qui nous emmènent dans des endroits qu'on n'aurait pas pu imaginer, que les autres ne peuvent pas imaginer et on se sent remplis et gâtés, récompensés. »
— Entrée libre, France 5, 2019
« Resnais nous considère comme des collaborateurs, il donne le goût du risque. Il est droit derrière la caméra, avec une intensité dans le regard et dans l'écoute inouïe, et ne donne jamais d'indications en public. Il vous prend à l'écart et glisse ses commentaires, chuchotés à l'oreille. Il est très pointilleux sur la diction, le rythme, la musique du texte. »
— Rencontre à la Cinémathèque française autour de Mélo, 7 novembre 2021