Robert Schumann, né en 1810 à Zwickau et mort en 1856 près de Bonn, est un compositeur et critique musical allemand du romantisme. Pianiste contrarié par une atteinte à la main, il fonde la Neue Zeitschrift für Musik et épouse la pianiste Clara Wieck.
Robert Alexander Schumann grandit à Zwickau, dans une famille liée au livre. En 1828, il s'inscrit en droit à l'université de Leipzig, mais délaisse les cours pour la musique et devient l'élève du pédagogue Friedrich Wieck. Une atteinte à la main droite met fin à ses ambitions de virtuose et l'oriente vers la composition et la critique. En 1834, il fonde la revue Neue Zeitschrift für Musik, où il défend une musique nouvelle sous les pseudonymes d'Eusebius et de Florestan. Ses premières pièces pour piano, dont Papillons, Carnaval et les Davidsbündlertänze, datent de cette période. Dans ses articles, il salue Franz Schubert, Frédéric Chopin et Hector Berlioz, et noue des liens avec Felix Mendelssohn, qui dirige la création de plusieurs de ses œuvres au Gewandhaus de Leipzig. Il rencontre aussi Franz Liszt en 1837.
Son union avec Clara Wieck, fille de son ancien professeur, se heurte à l'opposition de Friedrich Wieck. Le couple porte l'affaire devant les tribunaux et obtient gain de cause ; le mariage est célébré à Schönefeld le 12 septembre 1840. L'année 1840 est consacrée au lied, avec les cycles Les Amours du poète et L'Amour et la vie d'une femme. Suivent en 1841 la Symphonie du printemps, créée par Felix Mendelssohn, puis le Quintette avec piano en 1842 et le Concerto pour piano achevé en 1845. Installé à Dresde puis nommé directeur musical à Düsseldorf en 1850, Schumann compose la Symphonie rhénane et le Concerto pour violoncelle. En 1853, il accueille le jeune Johannes Brahms et écrit pour le violoniste Joseph Joachim son Concerto pour violon. Sa santé, fragile depuis des années, se dégrade peu après.
1810 : naissance le 8 juin à Zwickau, dans le royaume de Saxe
1828 : début d'études de droit à l'université de Leipzig
1830 : décision de se consacrer à la musique, élève de Friedrich Wieck
1834 : fondation de la revue Neue Zeitschrift für Musik
1840 : mariage avec Clara Wieck à Schönefeld ; année du lied
1841 : Symphonie du printemps, créée par Felix Mendelssohn
1843 : enseignement au conservatoire de Leipzig ; oratorio Le Paradis et la Péri
1845 : achèvement du Concerto pour piano
1850 : nomination comme directeur musical à Düsseldorf ; Concerto pour violoncelle
1851 : création de la Symphonie rhénane
1853 : rencontre de Johannes Brahms ; Concerto pour violon
1854 : épisode du Rhin et internement à l'asile d'Endenich
1856 : mort le 29 juillet à Endenich
Robert Schumann est le dernier des cinq enfants d'August Schumann, libraire et éditeur à Zwickau, et de Christiane Schnabel. Il perd sa sœur Emilia en 1825 et son père en 1826. Après le lycée de Zwickau, il étudie le droit à Leipzig puis à Heidelberg avant de se tourner vers la musique. Son mariage avec la pianiste Clara Schumann, en 1840, donne naissance à huit enfants, parmi lesquels Marie (1841), Élise (1843), Julie (1845), Ludwig (1848), Ferdinand (1849), Eugénie (1851) et Felix (1854), ce dernier né après l'internement de son père.
Schumann entretient des amitiés musicales avec Felix Mendelssohn, Frédéric Chopin et Franz Liszt, et croise Richard Wagner durant les années dresdoises. À Düsseldorf, il se lie au violoniste Joseph Joachim et au jeune Johannes Brahms, qui reste proche de la famille après l'internement du compositeur. Passionné de littérature dès l'enfance, il écrit des textes dans le style de Jean Paul et puise dans E. T. A. Hoffmann, Lord Byron et Goethe la matière de nombreuses partitions. Il anime, avec Clara, un salon où se rencontrent musiciens et écrivains, et reçoit la visite de Bettina von Arnim pendant son séjour à Endenich.
En février 1854, en proie à des hallucinations auditives, Schumann se jette dans le Rhin à Düsseldorf, puis demande son admission à l'asile du docteur Franz Richarz à Endenich, près de Bonn. Il y demeure plus de deux ans, reçoit la visite de Johannes Brahms, Joseph Joachim et Bettina von Arnim, mais ne revoit Clara que dans ses derniers jours. À partir du printemps 1856, il cesse de s'alimenter. Robert Schumann meurt le 29 juillet 1856 des suites d'une cachexie. Ses obsèques se tiennent à Bonn : le cercueil est porté par Brahms, Joachim et Albert Dietrich, et Ferdinand Hiller prononce l'éloge.
Robert Schumann repose au Vieux cimetière (Alter Friedhof) de Bonn, où Clara Schumann est inhumée à ses côtés en 1896. Un monument funéraire dû au sculpteur Adolf von Donndorf orne la sépulture. Sa maison natale de Zwickau abrite un musée et un centre de recherche, et la maison d'Endenich, à Bonn, conserve une bibliothèque musicale qui lui est consacrée.
1 - Pour renforcer l'indépendance de ses doigts, Schumann aurait utilisé un appareil mécanique de son invention, qu'il nommait Cigarrenmechanik. Plusieurs historiens y voient une cause possible de la paralysie qui mit fin à sa carrière de pianiste.
2 - Dans ses critiques, Schumann se dédoublait en deux personnages opposés : Eusebius, rêveur et introverti, et Florestan, fougueux et combatif. Tous deux appartenaient à une société imaginaire, le Davidsbund, qu'il traitait dans ses écrits comme bien réelle.
3 - Le Carnaval op. 9 repose sur une énigme musicale : la séquence de notes A-Es-C-H renvoie à Asch, ville natale d'Ernestine von Fricken, à qui Schumann fut brièvement fiancé en 1834.
4 - Le facteur Conrad Graf offrit au couple un piano à queue pour son mariage en 1839. Clara Schumann le légua plus tard à Johannes Brahms ; l'instrument est aujourd'hui conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne.
5 - À l'aise par écrit mais peu disert à l'oral, Schumann souffrait de nombreuses phobies : la peur des lieux élevés, des clés, des objets coupants et des hôpitaux psychiatriques figure dans les témoignages de son entourage.
6 - Un astéroïde découvert en 1964, (4003) Schumann, porte son nom. Sa dernière œuvre achevée, les Variations des esprits, naquit d'un thème qu'il croyait dicté par des esprits durant ses hallucinations de 1854.
- Métier(s) : compositeur, pianiste et critique musical
- Résidence principale : successivement Leipzig, Dresde et Düsseldorf
- Relations de couple : marié à Clara Wieck (Clara Schumann) en 1840
- Enfants : huit enfants, dont Marie, Julie, Eugénie et Felix
- Distinctions : docteur honoraire de l'université d'Iéna (1840) ; astéroïde (4003) Schumann nommé en son honneur
164 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Chapeau bas, messieurs, un génie ! »
— Article sur Frédéric Chopin, 1831 (traduit de l'allemand)
« On n'en a jamais fini d'apprendre. »
— Conseils aux jeunes musiciens, 1848 (traduit de l'allemand)
« Des douleurs qui me mordent et me rongent, un lion entier qui me déchire. »
— Journal de Robert Schumann (traduit de l'allemand)
L'homme intérieur n'a pas de langage ; il est muet.
La musique est ce qui nous permet de nous entretenir avec l'au-delà.
La meilleure critique est celle qui semble faire apparaître l'original.
Celui qui n'ose pas s'attaquer à ce qui est mauvais, sait mal défendre ce qui est beau.
« Chapeau bas, messieurs, un génie ! »
— Article sur Frédéric Chopin, 1831 (traduit de l'allemand)
« On n'en a jamais fini d'apprendre. »
— Conseils aux jeunes musiciens, 1848 (traduit de l'allemand)
« Des douleurs qui me mordent et me rongent, un lion entier qui me déchire. »
— Journal de Robert Schumann (traduit de l'allemand)
L'homme intérieur n'a pas de langage ; il est muet.
La musique est ce qui nous permet de nous entretenir avec l'au-delà.
La meilleure critique est celle qui semble faire apparaître l'original.
Celui qui n'ose pas s'attaquer à ce qui est mauvais, sait mal défendre ce qui est beau.