Acteur charismatique et metteur en scène visionnaire, Robert Hossein a marqué le paysage culturel français par son sens inné du spectacle populaire et son intensité dramatique. De l'inoubliable Joffrey de Peyrac aux fresques théâtrales monumentales, il a consacré sa vie à un art accessible au plus grand nombre.
Né Robert Hosseinoff à Paris, il grandit dans une famille d'artistes pauvres, fils d'un compositeur d'origine persane et d'une comédienne juive d'Europe de l'Est. Il se forme au théâtre auprès de René Simon et Tania Balachova, débutant sa carrière sur les planches avant de s'imposer au cinéma dans les années 1950. Son allure de "voyou ténébreux" séduit rapidement la Nouvelle Vague et les réalisateurs de films policiers. Il signe sa première mise en scène cinématographique avec Les salauds vont en enfer en 1955. Cependant, c'est en 1964 que sa notoriété explose auprès du grand public grâce à la saga Angélique, marquise des anges. Son interprétation du balafré Joffrey de Peyrac en fait une icône du romantisme tragique, un rôle qui le suivra tout au long de sa riche carrière cinématographique internationale.
Parallèlement à ses succès devant la caméra, notamment face à Jean-Paul Belmondo dans Le Professionnel, Robert Hossein révolutionne la mise en scène théâtrale. En 1970, il prend la direction du Théâtre populaire de Reims, où il expérimente un théâtre de masse. Il investit ensuite les plus grandes salles parisiennes, comme le Palais des Sports, pour créer des spectacles démesurés : Le Cuirassé Potemkine, Les Misérables ou encore Un homme nommé Jésus. Il invite le public à participer, à voter "coupable" ou "non coupable" lors de procès historiques reconstitués. Cette passion pour le théâtre vivant et participatif, souvent boudée par une partie de la critique mais plébiscitée par des millions de spectateurs, demeure son héritage le plus singulier, celui d'un bâtisseur de cathédrales théâtrales habité par une foi spirituelle et artistique inébranlable.
1927 : Naissance le 30 décembre à Paris, au sein d'une famille d'artistes.
1955 : Réalisation de son premier film en tant que metteur en scène, Les salauds vont en enfer.
1964 : Succès phénoménal dans le rôle de Joffrey de Peyrac dans Angélique, marquise des anges.
1970 : Nomination à la tête du Théâtre populaire de Reims.
1975 : Création du spectacle monumental Le Cuirassé Potemkine au Palais des Sports.
1981 : Interprétation du rôle du commissaire Rosen dans le film culte Le Professionnel.
2000 : Direction du Théâtre Marigny à Paris pendant huit années consécutives.
2011 : Mise en scène du spectacle Une femme nommée Marie devant le Pape à Lourdes.
2020 : Décès le 31 décembre à Essey-lès-Nancy, au lendemain de ses 93 ans.
Robert Hossein a partagé sa vie avec plusieurs femmes issues du monde des arts. En 1955, il épouse l'actrice Marina Vlady, avec qui il a deux fils, Igor et Pierre. Après leur divorce, il s'unit à Caroline Eliacheff, alors âgée de 15 ans, avec qui il a un fils, Nicolas. En 1976, il rencontre Candice Patou, qui sera sa compagne jusqu'à la fin de sa vie et avec qui il a un fils, Julien. Ses proches soulignaient sa personnalité généreuse et bouillonnante, ainsi que son attachement viscéral à ses racines cosmopolites, qu'il considérait comme la source de sa créativité et de son empathie pour les classes populaires.
Converti au catholicisme à l'âge de 50 ans, Robert Hossein était un homme d'une foi profonde, souvent mise au service de ses créations artistiques. Son engagement se traduisait par une volonté constante de rendre la culture et la spiritualité accessibles aux plus démunis, organisant régulièrement des représentations gratuites ou à prix réduits pour les jeunes et les prisonniers. Il militait activement pour un théâtre qui rassemble les gens au-delà de leurs origines sociales ou religieuses. Grand défenseur du patrimoine théâtral français, il s'est également investi dans le soutien aux jeunes comédiens, leur offrant souvent leurs premières chances sur des scènes d'envergure nationale, fidèle à sa vision d'un art généreux et fraternel.
Robert Hossein est décédé à l'hôpital d'Essey-lès-Nancy des suites de complications respiratoires liées au Covid-19, au lendemain de son 93e anniversaire. Sa disparition a provoqué une vague d'hommages unanimes de la part de la classe politique et du monde du spectacle, saluant "le prince du théâtre populaire". Ses obsèques se sont déroulées dans l'intimité familiale en l'église Saint-Rémy de Vittel, suivies d'une cérémonie religieuse ouverte au public quelques jours plus tard à Paris.
Robert Hossein repose au cimetière de Vittel, dans les Vosges, ville où il résidait depuis plusieurs années avec son épouse Candice Patou. Sa sépulture, d'une sobriété contrastant avec le gigantisme de ses spectacles, est située dans le carré communal. De nombreux admirateurs s'y rendent pour déposer des fleurs ou des messages de remerciement en souvenir des émotions vécues lors de ses grandes fresques théâtrales historiques.
1 - Pendant le tournage des films Angélique, Robert Hossein recevait des milliers de lettres d'admiratrices du monde entier, certaines lui demandant même de l'épouser malgré sa balafre de Joffrey de Peyrac.
2 - Pour son spectacle sur la Révolution française, il avait fait installer un système de vote électronique dans la salle pour que les milliers de spectateurs décident chaque soir du sort de Louis XVI.
3 - Bien que d'origine persane et russe par ses parents, il ne parlait couramment que le français, affirmant que la langue française était la plus belle musique pour un metteur en scène de théâtre.
- Métier(s) : Acteur, Metteur en scène, Réalisateur
- Résidence principale : Vittel (France)
- Relations : Marina Vlady (ex-épouse), Candice Patou (épouse), Jean-Paul Belmondo (ami)
- Enfants : Igor, Pierre, Nicolas, Julien
- Distinctions : Grand officier de la Légion d'honneur, Commandeur des Arts et des Lettres
Il faut croire en Dieu pour avoir foi dans les hommes.
Il est plus important de savoir si Dieu croit en vous que de savoir si vous croyez en lui.
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