René Monory, homme politique français né le 6 juin 1923 à Loudun (Vienne) et décédé le 11 avril 2009 dans la même ville, fut maire de Loudun pendant quarante ans, sénateur de la Vienne de 1968 à 2004, plusieurs fois ministre et président du Sénat de 1992 à 1998, ainsi que fondateur du Futuroscope de Poitiers.
Fils d'Aristide Monory, mécanicien garagiste, et de Marguerite Alice Devergne, René Monory grandit dans un milieu modeste à Loudun. Titulaire d'un brevet élémentaire et d'un brevet industriel obtenus à l'école primaire supérieure de Thouars, il commence à travailler dès l'âge de quinze ans comme apprenti dans le garage paternel. En 1943, il refuse le Service du travail obligatoire et se cache pour échapper à la déportation. Après un engagement dans l'armée de l'air de février 1945 à avril 1946, il reprend le garage familial et le transforme en l'une des concessions les plus prospères du Poitou, en y ajoutant progressivement le négoce de machines agricoles et la distribution de carburants. Cette réussite commerciale lui ouvre les portes de la politique locale : élu conseiller municipal en 1953, il devient maire de Loudun en 1959, mandat qu'il conserve pendant quarante ans. En 1961, il est élu conseiller général de la Vienne, puis sénateur de la Vienne en 1968 sous l'étiquette centriste, remarqué par Raymond Barre qui le nomme ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat en 1977.
Nommé ministre de l'Économie en avril 1978 dans le troisième gouvernement Barre, René Monory cumule cette fonction avec la présidence du comité intérimaire du Fonds monétaire international de novembre 1980 à mai 1981. Il engage une politique de libération des prix industriels et fait adopter la loi du 13 juillet 1978 sur l'actionnariat salarié, dite « loi Monory ». Lors de la cohabitation de 1986 à 1988, Jacques Chirac le nomme ministre de l'Éducation nationale : son mandat est marqué par de fortes contestations étudiantes liées au projet de réforme universitaire de son ministre délégué Alain Devaquet, au cours desquelles l'étudiant Malik Oussekine décède le 6 décembre 1986 à la suite de brutalités policières. Parallèlement à sa carrière nationale, René Monory pose en décembre 1984 la première pierre du Futuroscope, parc européen de l'image inauguré le 31 mai 1987 près de Poitiers, et crée en 1990 le circuit automobile du Val de Vienne au Vigeant. Élu président du Sénat le 2 octobre 1992, il modernise l'institution, crée une division des relations internationales, met en place en 1995 le site internet du Sénat et lance en 1996 le premier plan Internet départemental de France, équipant toutes les écoles de la Vienne. Sa rencontre médiatisée avec Bill Gates le 5 février 1997 renforce son image d'élu tourné vers les nouvelles technologies. Il ne se représente pas à la présidence du Sénat en 1998, devancé par Christian Poncelet, et cesse tout mandat en 2004.
1923 : naissance le 6 juin à Loudun (Vienne)
1938 : obtention du brevet élémentaire et du brevet industriel à l'école primaire supérieure de Thouars
1943 : refus du Service du travail obligatoire, mise en clandestinité
1946 : reprise du garage paternel après un engagement dans l'armée de l'air
1953 : élection comme conseiller municipal de Loudun
1959 : élection comme maire de Loudun (mandat conservé jusqu'en 1999)
1961 : élection comme conseiller général de la Vienne (canton de Loudun)
1968 : élection comme sénateur de la Vienne
1977 : nomination comme ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat dans le gouvernement Barre
1978 : nomination comme ministre de l'Économie ; adoption de la loi sur l'actionnariat salarié
1984 : pose de la première pierre du Futuroscope ; record du monde de pêche à l'espadon
1986 : nomination comme ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Chirac
1987 : inauguration du Futuroscope le 31 mai
1990 : création du circuit automobile du Val de Vienne au Vigeant
1992 : élection à la présidence du Sénat le 2 octobre
1996 : lancement du premier plan Internet départemental en France
1998 : fin de la présidence du Sénat ; Christian Poncelet lui succède
2004 : retrait définitif de la vie politique
2009 : décès le 11 avril à Loudun, à l'âge de 85 ans
René Monory est le fils d'Aristide Monory, mécanicien garagiste né en 1895 à Loudun, et de Marguerite Alice Devergne, née en 1895 en Creuse, sans profession. Il épouse Suzanne Jeanne Odette Cottet (1921-2016) le 9 juin 1945 à Loudun. De cette union naît en 1951 une fille unique, Michèle, créatrice de bijoux, qui décède le 17 janvier 2023 à l'âge de 72 ans dans un accident d'avion aux côtés du journaliste Gérard Leclerc. Michèle laisse deux fils. René Monory grandit dans un milieu rural poitevin : sa famille paternelle est composée majoritairement de cultivateurs, et sa grand-mère paternelle parcourait la campagne en charrette pour vendre des moules et des sardines dans les villages de la région.
Grand sportif autodidacte, René Monory est classé parmi les quinze meilleurs joueurs de tennis de table de France et participe aux 24 Heures du Mans en sport automobile. Il détient un record du monde de pêche à l'espadon établi en 1984, ayant remonté un marlin voilier de 47 kg avec un fil de 12 livres. Il pratique également la pétanque avec son ami Henri Salvador. Proche de Jean-Pierre Raffarin, qui le décrit dans ses mémoires comme un homme au « sens des rapports de force » et à l' « omnipotence malicieuse », il entretient des relations suivies avec François Bayrou, qui le qualifie de « rebelle » déterminé à exercer sa liberté. Ses engagements en faveur de la décentralisation et des nouvelles technologies constituent les fils directeurs de l'ensemble de sa carrière.
René Monory est hospitalisé en août 2008 au CHU de Poitiers pour des problèmes respiratoires, après une dégradation de son état de santé à partir de 2007. Il décède à Loudun le 11 avril 2009, des suites d'une longue maladie, à l'âge de 85 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille au-delà de cette mention. Les obsèques religieuses sont célébrées le 16 avril 2009 en l'église Saint-Pierre de Loudun, en présence du président de la République Nicolas Sarkozy, du Premier ministre François Fillon, du président du Sénat Gérard Larcher et du président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer. Valéry Giscard d'Estaing, Jean-Pierre Raffarin, Simone Veil, François Bayrou, Christian Poncelet, Roger Karoutchi et Yves Guéna assistent également à la cérémonie.
René Monory est inhumé au cimetière communal de Loudun. Plusieurs lieux lui rendent hommage dans la Vienne : l'avenue René-Monory à Chasseneuil-du-Poitou, près du Futuroscope, un pont à Montmorillon, un espace culturel à Loudun et une zone économique à Châtellerault. Au Sénat, l'ancienne chapelle du palais du Luxembourg est rebaptisée salle René-Monory lors d'une inauguration en 2018.
1 - En 1984, René Monory établit un record du monde de pêche sportive en remontant un marlin voilier de 47 kg avec un fil d'une résistance de seulement 12 livres (environ 6 kg), exploit réalisé à la pêche à l'espadon dans une catégorie de matériel particulièrement contraignante.
2 - Classé parmi les quinze meilleurs joueurs de tennis de table de France, René Monory pratiquait ce sport à haut niveau bien avant son entrée en politique, une facette de son parcours rarement évoquée dans les biographies générales.
3 - Lors de sa nomination comme ministre de l'Économie en 1978, René Monory affirmait publiquement n'avoir jamais lu un manuel d'économie, prônant le « bon sens » comme seule boussole ; ses conseillers relevaient néanmoins une mémoire des chiffres et une capacité de calcul mental supérieures à celles des ingénieurs et économistes qui l'entouraient.
4 - En 1996, la Vienne devient le premier département français à connecter l'intégralité de ses écoles primaires, maternelles et collèges à Internet, avec un ordinateur pour dix élèves, initiative lancée par René Monory plusieurs années avant que ce type de plan ne se généralise au niveau national.
5 - Sa profession de foi pour les élections sénatoriales de 1968, rédigée à la main, annonçait déjà avec précision les axes qui occuperaient toute sa carrière : décentralisation, défense des collectivités locales et adaptation économique, un programme qu'il appliqua sans déviation pendant trente-six ans de mandat sénatorial.
- Métier(s) : homme politique, chef d'entreprise (concessionnaire automobile)
- Résidence principale : Loudun (Vienne)
- Relations de couple : Suzanne Cottet (1921-2016), épousée le 9 juin 1945
- Enfants : Michèle Monory (1951-2023), créatrice de bijoux
- Distinctions : président du Sénat (1992-1998) ; ministre de l'Économie (1978-1981) ; ministre de l'Industrie (1977-1978) ; ministre de l'Éducation nationale (1986-1988)
« Je suis de ceux qui pensent que la société ne peut, et ne doit être conçue qu'autour de la personne humaine, son respect, sa liberté, sa promotion et son développement. »
— Discours du 9 juin 1998 au Sénat, cité lors de l'inauguration de la salle René-Monory, 2018, senat.fr
« Tous les hommes politiques parlent du futur en se référant au passé. Il n'y a pas de passé pour l'emploi, il y a un présent préoccupant et un futur à construire. C'est cela qui m'intéresse ! »
— Interview Le Figaro, 7 février 1997, reproduite sur vie-publique.fr
« Au cas où je serais élu, je défendrais le Sénat en tant qu'assemblée législative. Je suis conscient de la nécessité d'une adaptation du Sénat à la vie actuelle, compte tenu de l'évolution rapide de l'économie. »
— Profession de foi pour les élections sénatoriales de 1968, reproduite sur senat.fr
« C'est une très grave erreur que la France va payer très cher. Le chômage va augmenter parce que notre compétitivité va baisser. Je suis triste pour mon pays. La France est le seul pays du monde dans lequel on nous explique qu'il faut moins travailler. »
— Interview Le Figaro, 15 octobre 1997 (sur les 35 heures), reproduite sur vie-publique.fr
« Je suis de ceux qui pensent que la société ne peut, et ne doit être conçue qu'autour de la personne humaine, son respect, sa liberté, sa promotion et son développement. »
— Discours du 9 juin 1998 au Sénat, cité lors de l'inauguration de la salle René-Monory, 2018, senat.fr
« Tous les hommes politiques parlent du futur en se référant au passé. Il n'y a pas de passé pour l'emploi, il y a un présent préoccupant et un futur à construire. C'est cela qui m'intéresse ! »
— Interview Le Figaro, 7 février 1997, reproduite sur vie-publique.fr
« Au cas où je serais élu, je défendrais le Sénat en tant qu'assemblée législative. Je suis conscient de la nécessité d'une adaptation du Sénat à la vie actuelle, compte tenu de l'évolution rapide de l'économie. »
— Profession de foi pour les élections sénatoriales de 1968, reproduite sur senat.fr
« C'est une très grave erreur que la France va payer très cher. Le chômage va augmenter parce que notre compétitivité va baisser. Je suis triste pour mon pays. La France est le seul pays du monde dans lequel on nous explique qu'il faut moins travailler. »
— Interview Le Figaro, 15 octobre 1997 (sur les 35 heures), reproduite sur vie-publique.fr