Penseur florentin de la Renaissance, Nicolas Machiavel, italien né en 1469, est un théoricien politique, diplomate, historien et dramaturge. Auteur du Prince, traité rédigé en 1513, il a donné son nom au machiavélisme et est considéré comme l'un des fondateurs de la philosophie politique moderne.
Né le 3 mai 1469 à Florence, Niccolò di Bernardo dei Machiavelli reçoit une éducation humaniste centrée sur le latin, qui lui donne accès aux œuvres de Tite-Live, Tacite, Cicéron et Lucrèce. Le 28 mai 1498, cinq jours après l'exécution du moine Jérôme Savonarole, il est nommé secrétaire de la seconde chancellerie de la République florentine. Le 14 juillet de la même année, il devient secrétaire du conseil des Dix, chargé des relations extérieures. Pendant quatorze ans, il conduit des missions diplomatiques majeures auprès de Louis XII de France, du pape Jules II, de l'empereur Maximilien Ier, de Catherine Sforza et surtout de César Borgia, dont il observe les méthodes en 1502. Sous le gonfalonier Pierre Soderini, dont il est le bras droit, il participe à l'organisation d'une milice citadine qui permet à Florence de reconquérir Pise en 1509.
En septembre 1512, le retour des Médicis à Florence met fin à sa carrière publique. Soupçonné de complicité avec les conjurés Pietro Paolo Boscoli et Agostino Capponi, Machiavel est arrêté le 18 février 1513, emprisonné au Bargello et soumis à la torture de l'estrapade. Libéré en mars grâce à l'amnistie décrétée par le pape Léon X, il se retire à Sant'Andrea in Percussina. Il y rédige Le Prince, dédié à Laurent II de Médicis, et entreprend les Discours sur la première décade de Tite-Live. Suivent L'Art de la guerre publié en 1521, la comédie La Mandragore et les Histoires florentines, commandées par le cardinal Jules de Médicis, futur Clément VII. Sa thèse selon laquelle le souverain peut s'affranchir de la morale chrétienne pour conquérir et conserver le pouvoir donnera naissance, après sa mort, au terme de machiavélisme.
La postérité de Machiavel est marquée par une condamnation morale et religieuse durable. Le Prince, publié à titre posthume en 1532, est mis à l'Index librorum prohibitorum par le Vatican en 1559 et n'en sera retiré qu'en 1966. En 1576, le juriste huguenot Innocent Gentillet publie son Discours contre Machiavel, plus connu sous le titre d'Anti-Machiavel, qui fonde la tradition de l'anti-machiavélisme et accuse l'auteur florentin d'enseigner la tyrannie et l'immoralisme. Le terme machiavélique s'impose dans l'usage courant pour désigner les conduites cyniques et manipulatrices, par contraste avec machiavélien, formé plus tard pour désigner les concepts proprement issus de la pensée de Machiavel sans jugement de valeur. Au XXe siècle, le philosophe Leo Strauss reprend la qualification d'« enseignant du mal » à la suite de Gentillet, tandis que d'autres lecteurs, dont Jean-Jacques Rousseau, ont au contraire interprété Le Prince comme une satire républicaine de la tyrannie.
1469 : naissance le 3 mai à Florence, dans la République florentine
1498 : nomination comme secrétaire de la seconde chancellerie de Florence
1500 : première mission diplomatique en France auprès de Louis XII
1501 : mariage avec Marietta Corsini
1502 : mission auprès de César Borgia en Romagne
1506 : organisation de la milice citadine florentine
1509 : reconquête de Pise par Florence
1512 : retour des Médicis et destitution
1513 : emprisonnement, torture, libération puis rédaction du Prince
1518 : composition de La Mandragore
1520 : commande des Histoires florentines par le cardinal Jules de Médicis
1521 : publication de L'Art de la guerre
1525 : remise des Histoires florentines au pape Clément VII
1527 : mort le 21 juin à Florence
1532 : publication posthume du Prince
1559 : mise à l'Index des œuvres de Machiavel par le Vatican
1576 : publication de l'Anti-Machiavel d'Innocent Gentillet
Nicolas Machiavel est le troisième enfant et fils aîné de Bernard Machiavel, docteur en droit et trésorier pontifical, et de Bartolomea di Stefano Nelli, issue d'une famille florentine de marchands. Il a deux sœurs aînées et un frère cadet, Totto Machiavelli. La famille, ancienne mais sans fortune, vit à Florence dans une situation modeste qui empêche son père d'accéder à la pleine citoyenneté politique. En 1501, Nicolas épouse Marietta Corsini, fille de Luigi Corsini. Le couple a plusieurs enfants atteignant l'âge adulte : Bernardo, Ludovico, Piero, Guido et Bartolomea. Marietta lui survit vingt-six ans après le décès de son mari.
Son cercle intellectuel et politique comprend Francesco Vettori, ambassadeur de Florence à Rome, dont la correspondance avec lui est essentielle pour la genèse du Prince, ainsi que Francesco Guicciardini, lieutenant général des armées papales, avec qui il échange et collabore dans les années 1520. Il fréquente le gonfalonier Pierre Soderini, dont il est le confident pendant la République, et le cardinal Jules de Médicis qui lui commande son histoire de Florence. Machiavel défend toute sa vie le principe d'une milice citoyenne plutôt que mercenaire et l'idée d'une Italie unifiée.
Nicolas Machiavel meurt le 21 juin 1527 à Florence, à l'âge de 58 ans, d'une péritonite. Son décès survient quelques semaines après le sac de Rome par les troupes de Charles Quint et la nouvelle révolte républicaine qui chasse les Médicis de Florence. Cette restauration de la République prive Machiavel de la place de secrétaire de la chancellerie qu'il espérait retrouver auprès du nouveau régime, ses concitoyens le tenant pour compromis avec les Médicis. Selon la notice du Larousse, il laisse ses enfants dans le dénuement. Ses œuvres seront mises à l'Index librorum prohibitorum par le Vatican à partir de 1559 et ne seront retirées qu'en 1966.
Nicolas Machiavel est inhumé dans le caveau de la famille Machiavelli, à la basilique Santa Croce de Florence. En 1787, à l'instigation de Lord Nassau Clavering, un monument funéraire est érigé à sa mémoire par le sculpteur Innocenzo Spinazzi, près des tombeaux de Michel-Ange et de Galilée, portant l'inscription latine « Tanto nomini nullum par elogium ».
1 - À Sant'Andrea in Percussina, Machiavel décrit dans une lettre à Vettori du 10 décembre 1513 ses journées partagées entre piégeage de grives, parties de trictrac à la taverne et soirées passées en habit de cour à dialoguer avec les auteurs antiques, durant lesquelles il rédige Le Prince.
2 - En 1497, jeune homme de 28 ans, il recopie de sa main l'intégralité du De rerum natura de Lucrèce, poème matérialiste dont l'influence sur sa vision désenchantée de la nature humaine sera durable.
3 - Lors de sa première ambassade en France en 1500, il rétorque au cardinal Georges d'Amboise, qui lui reprochait que les Italiens ne comprennent rien à la guerre, que les Français de leur côté ne comprennent rien à l'État, sans quoi ils n'auraient pas laissé l'Église acquérir une telle puissance.
4 - Témoin direct du piège tendu par César Borgia à Sinigaglia le 31 décembre 1502, il en tire un compte rendu intitulé Description de la manière dont le duc de Valentinois fit mettre à mort Vitellozzo Vitelli, Oliverotto da Fermo, le seigneur Pagolo et le duc de Gravina Orsini.
5 - Les linguistes distinguent en français deux dérivés de son nom aux significations opposées : machiavélique, péjoratif, qualifie une ruse cynique, tandis que machiavélien, neutre, désigne les concepts strictement issus de sa philosophie politique.
6 - En 1522, il est cité par erreur sur la liste des conjurés visant à assassiner le cardinal Jules de Médicis, mais l'enquête établit qu'il n'a même pas été informé du projet et il échappe à toute poursuite.
- Métier(s) : philosophe politique, diplomate, historien, dramaturge
- Résidence principale : Florence ; propriété de Sant'Andrea in Percussina
- Relations de couple : Marietta Corsini, épousée en 1501
- Enfants : Bernardo, Ludovico, Piero, Guido et Bartolomea Machiavelli
- Distinctions : aucune distinction officielle de son vivant ; monument funéraire à Santa Croce érigé en 1787
« J'aime plus ma patrie que mon âme. »
— Lettre à Francesco Vettori, 16 avril 1527 (traduit de l'italien)
« J'aime plus ma patrie que mon âme. »
— Lettre à Francesco Vettori, 16 avril 1527 (traduit de l'italien)
« Il faut donc être renard pour connaître les pièges et lion pour effrayer les loups. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Il faut donc être renard pour connaître les pièges et lion pour effrayer les loups. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Quant à mon ouvrage, s'ils prenaient la peine de le lire, ils verraient que je n'ai employé ni à dormir ni à jouer les quinze années que j'ai consacrées à l'étude des affaires de l'État. »
— Lettre à Francesco Vettori, 10 décembre 1513 (traduit de l'italien)
« Quant à mon ouvrage, s'ils prenaient la peine de le lire, ils verraient que je n'ai employé ni à dormir ni à jouer les quinze années que j'ai consacrées à l'étude des affaires de l'État. »
— Lettre à Francesco Vettori, 10 décembre 1513 (traduit de l'italien)
« Plusieurs se sont figuré des républiques et des principautés qui n'ont jamais été et qui ne seront jamais. Mais il y a si loin de la manière dont on vit de la manière dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui devrait se faire, cherche à se perdre plutôt qu'à se conserver. »
— Le Prince, chapitre XV, 1513
« Plusieurs se sont figuré des républiques et des principautés qui n'ont jamais été et qui ne seront jamais. Mais il y a si loin de la manière dont on vit de la manière dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui devrait se faire, cherche à se perdre plutôt qu'à se conserver. »
— Le Prince, chapitre XV, 1513
Gouverner, c'est faire croire.
Un changement en prépare un autre.
Il faut estimer comme un bien le moindre mal.
Il est plus sûr d'être craint que d'être aimé.
Une guerre est juste quand elle est nécessaire.
Car la force est juste quand elle est nécessaire.
Il y a de bonnes lois là où il y a de bonnes armes.
Jamais les hommes ne font le bien que par nécessité.
La calomnie irrite les hommes et ne les corrige pas.
La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas.
Que pour être efficace il faut cacher ses intentions !
Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent.
On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut.
On ne chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel.
Tout n'est pas politique, mais la politique s'intéresse à tout.
On s'attire la haine en faisant le bien comme en faisant le mal.
La meilleure forteresse des tyrans, c'est l'inertie des peuples.
Celui qui est cause qu'un autre devient puissant se ruine lui-même.
Les hommes ne savent être ni entièrement bons, ni entièrement mauvais.
En temps de paix, le mercenaire dérobe ; en temps de guerre, il déserte.
Le monde fut toujours habité pas des hommes qui ont eu les mêmes passions.
L'habituel défaut de l'homme est de ne pas prévoir l'orage par beau temps.
Ce n'est pas le titre qui honore l'homme, mais l'homme qui honore le titre.
La fortune ne change que pour ceux qui ne savent pas se conformer au temps.
La soif de dominer est celle qui s'éteint la dernière dans le coeur de l'homme.
Gouverner, c'est mettre vos sujets hors d'état de vous nuire et même d'y penser.
L'affection du peuple est la seule ressource qu'un prince puisse trouver dans l'
Rien n'est aussi désespérant que de ne pas trouver une nouvelle raison d'espérer.
Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon ou pas assez pervers.
Le hasard gouverne un peu plus de la moitié de nos actions, et nous dirigeons le reste.
Contenter le peuple et ménager les grands, voilà la maxime de ceux qui savent gouverner.
Les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gagner.
La nature nous a créés avec la faculté de tout désirer et l'impuissance de tout obtenir.
Les hommes oublient plus facilement la mort de leur père que la perte de leur patrimoine.
Si tu savais changer de nature quand changent les circonstances, ta fortune ne changerait point.
En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
Aussi est-il nécessaire au Prince qui se veut conserver qu'il apprenne à pouvoir n'être pas bon...
Le temps n'attend pas, la bonté est impuissante, la fortune inconstante et la méchanceté insatiable.
Le mépris et la haine sont sans doute les écueils dont il importe le plus aux princes de se préserver.
Les hommes prudents savent toujours se faire un mérite des actes auxquels la nécessité les a contraints.
Il perd, celui qui sait ce qu'il va faire s'il gagne. Il gagne, celui qui sait ce qu'il va faire s'il perd.
Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le coeur des hommes que la violence et la barbarie.
Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse.
L'expérience prouve que jamais les peuples n'ont accru leur richesse et leur puissance sauf sous un gouvernement libre.
C'est une erreur de croire que, chez les grands personnages, les services nouveaux fassent oublier les anciennes offenses.
Autant l'amour est aimable dans le coeur des jeunes gens, autant il est inconvenant dans celui qui a passé la fleur de l'âge.
Il peut être vrai que la fortune est maîtresse de la moitié de nos oeuvres, mais elle nous en laisse aussi gouverner l'autre moitié.
On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre ; car on ne l'évite jamais, on la retarde à son désavantage.
Une des premières choses de l'homme, c'est sa fureur pour la nouveauté, deux grands mobiles font agir les hommes ; la peur et la nouveauté.
Ceux qui de particuliers deviennent princes seulement par les faveurs de la fortune ont peu de peine à réussir, mais infiniment à se maintenir.
Un geste d'humanité et de charité a parfois plus d'empire sur l'esprit de l'homme qu'une action marquée du sceau de la violence et de la cruauté.
Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes.
La crainte de perdre engendre les mêmes passions que celle d'acquérir, car les hommes ne tiennent pour assuré ce qu'ils possèdent que s'ils y ajoutent encore.
Le parti de la neutralité qu'embrassent le plus souvent les princes irrésolus, qu'effraient les dangers présents, le plus souvent aussi les conduit à leur ruine.
« J'aime plus ma patrie que mon âme. »
— Lettre à Francesco Vettori, 16 avril 1527 (traduit de l'italien)
« J'aime plus ma patrie que mon âme. »
— Lettre à Francesco Vettori, 16 avril 1527 (traduit de l'italien)
« Il faut donc être renard pour connaître les pièges et lion pour effrayer les loups. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Il faut donc être renard pour connaître les pièges et lion pour effrayer les loups. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. »
— Le Prince, chapitre XVIII, 1513
« Quant à mon ouvrage, s'ils prenaient la peine de le lire, ils verraient que je n'ai employé ni à dormir ni à jouer les quinze années que j'ai consacrées à l'étude des affaires de l'État. »
— Lettre à Francesco Vettori, 10 décembre 1513 (traduit de l'italien)
« Quant à mon ouvrage, s'ils prenaient la peine de le lire, ils verraient que je n'ai employé ni à dormir ni à jouer les quinze années que j'ai consacrées à l'étude des affaires de l'État. »
— Lettre à Francesco Vettori, 10 décembre 1513 (traduit de l'italien)
« Plusieurs se sont figuré des républiques et des principautés qui n'ont jamais été et qui ne seront jamais. Mais il y a si loin de la manière dont on vit de la manière dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui devrait se faire, cherche à se perdre plutôt qu'à se conserver. »
— Le Prince, chapitre XV, 1513
« Plusieurs se sont figuré des républiques et des principautés qui n'ont jamais été et qui ne seront jamais. Mais il y a si loin de la manière dont on vit de la manière dont on devrait vivre, que celui qui laisse ce qui se fait pour ce qui devrait se faire, cherche à se perdre plutôt qu'à se conserver. »
— Le Prince, chapitre XV, 1513
Gouverner, c'est faire croire.
Un changement en prépare un autre.
Il faut estimer comme un bien le moindre mal.
Il est plus sûr d'être craint que d'être aimé.
Une guerre est juste quand elle est nécessaire.
Car la force est juste quand elle est nécessaire.
Il y a de bonnes lois là où il y a de bonnes armes.
Jamais les hommes ne font le bien que par nécessité.
La calomnie irrite les hommes et ne les corrige pas.
La médisance irrite les hommes et ne les corrige pas.
Que pour être efficace il faut cacher ses intentions !
Là où la volonté est grande, les difficultés diminuent.
On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut.
On ne chemine jamais qu'entraîné par la force de son naturel.
Tout n'est pas politique, mais la politique s'intéresse à tout.
On s'attire la haine en faisant le bien comme en faisant le mal.
La meilleure forteresse des tyrans, c'est l'inertie des peuples.
Celui qui est cause qu'un autre devient puissant se ruine lui-même.
Les hommes ne savent être ni entièrement bons, ni entièrement mauvais.
En temps de paix, le mercenaire dérobe ; en temps de guerre, il déserte.
Le monde fut toujours habité pas des hommes qui ont eu les mêmes passions.
L'habituel défaut de l'homme est de ne pas prévoir l'orage par beau temps.
Ce n'est pas le titre qui honore l'homme, mais l'homme qui honore le titre.
La fortune ne change que pour ceux qui ne savent pas se conformer au temps.
La soif de dominer est celle qui s'éteint la dernière dans le coeur de l'homme.
Gouverner, c'est mettre vos sujets hors d'état de vous nuire et même d'y penser.
L'affection du peuple est la seule ressource qu'un prince puisse trouver dans l'
Rien n'est aussi désespérant que de ne pas trouver une nouvelle raison d'espérer.
Tout le mal de ce monde vient de ce qu'on n'est pas assez bon ou pas assez pervers.
Le hasard gouverne un peu plus de la moitié de nos actions, et nous dirigeons le reste.
Contenter le peuple et ménager les grands, voilà la maxime de ceux qui savent gouverner.
Les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gagner.
La nature nous a créés avec la faculté de tout désirer et l'impuissance de tout obtenir.
Les hommes oublient plus facilement la mort de leur père que la perte de leur patrimoine.
Si tu savais changer de nature quand changent les circonstances, ta fortune ne changerait point.
En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.
Aussi est-il nécessaire au Prince qui se veut conserver qu'il apprenne à pouvoir n'être pas bon...
Le temps n'attend pas, la bonté est impuissante, la fortune inconstante et la méchanceté insatiable.
Le mépris et la haine sont sans doute les écueils dont il importe le plus aux princes de se préserver.
Les hommes prudents savent toujours se faire un mérite des actes auxquels la nécessité les a contraints.
Il perd, celui qui sait ce qu'il va faire s'il gagne. Il gagne, celui qui sait ce qu'il va faire s'il perd.
Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le coeur des hommes que la violence et la barbarie.
Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse.
L'expérience prouve que jamais les peuples n'ont accru leur richesse et leur puissance sauf sous un gouvernement libre.
C'est une erreur de croire que, chez les grands personnages, les services nouveaux fassent oublier les anciennes offenses.
Autant l'amour est aimable dans le coeur des jeunes gens, autant il est inconvenant dans celui qui a passé la fleur de l'âge.
Il peut être vrai que la fortune est maîtresse de la moitié de nos oeuvres, mais elle nous en laisse aussi gouverner l'autre moitié.
On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre ; car on ne l'évite jamais, on la retarde à son désavantage.
Une des premières choses de l'homme, c'est sa fureur pour la nouveauté, deux grands mobiles font agir les hommes ; la peur et la nouveauté.
Ceux qui de particuliers deviennent princes seulement par les faveurs de la fortune ont peu de peine à réussir, mais infiniment à se maintenir.
Un geste d'humanité et de charité a parfois plus d'empire sur l'esprit de l'homme qu'une action marquée du sceau de la violence et de la cruauté.
Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes.
La crainte de perdre engendre les mêmes passions que celle d'acquérir, car les hommes ne tiennent pour assuré ce qu'ils possèdent que s'ils y ajoutent encore.
Le parti de la neutralité qu'embrassent le plus souvent les princes irrésolus, qu'effraient les dangers présents, le plus souvent aussi les conduit à leur ruine.