Marie-José Pérec, née le 9 mai 1968 à Basse-Terre en Guadeloupe, est une athlète française. Triple championne olympique sur 400 mètres en 1992 puis sur 400 et 200 mètres en 1996, elle est la dernière relayeuse de la flamme à Paris 2024 aux côtés de Teddy Riner.
Repérée par sa professeure d'éducation physique Marie-Hélène Soual au collège, Marie-José Pérec rejoint l'Institut national du sport et de l'éducation physique en 1985 puis intègre le groupe de Fernand Urtebise, aux côtés de Daniel Sangouma et Laurence Bily. Découragée, elle abandonne brièvement avant de revenir à l'athlétisme en 1987 par l'entremise de son compagnon de l'époque Richard Nana Dwanang, athlète au Paris Université Club entraîné par François Pépin. En 1988, elle bat le record de France du 400 mètres détenu depuis 1969 par Colette Besson et participe aux Jeux olympiques de Séoul. Sous la direction de Jacques Piasenta, elle remporte son premier titre mondial à Tokyo en 1991 (49 s 13). À Barcelone en 1992, elle décroche son premier titre olympique sur 400 mètres en 48 s 83, devançant la tenante du titre Olga Bryzgina.
En 1994, elle rejoint en Californie le groupe HSI de John Smith, qui réunit Maurice Greene, Ato Boldon et Quincy Watts. Cette collaboration lui permet de remporter un second titre mondial sur 400 mètres à Göteborg en 1995, puis de réaliser le doublé historique 200-400 mètres aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996. Porte-drapeau de la délégation française, elle gagne le 400 mètres en 48 s 25 — record de France toujours en vigueur — devant Cathy Freeman et Falilat Ogunkoya, puis le 200 mètres en 22 s 12 devant Merlene Ottey et Mary Onyali. Aucun athlète, homme ou femme, n'avait alors conservé son titre olympique sur le tour de piste. Une mononucléose et une myocardite contractées au Togo en 1997 l'éloignent ensuite des pistes pendant deux saisons.
Le 20 septembre 2000, à quelques jours du 400 mètres des Jeux olympiques de Sydney, Marie-José Pérec quitte précipitamment l'Australie sans disputer la moindre série, faisant inscrire la mention « DNS » sur le tableau du stade olympique. L'athlète, qui ne loge pas au village olympique, dénonce un harcèlement de la presse australienne et déclare avoir reçu des menaces dans son hôtel. Lors d'une escale à Singapour, son compagnon, l'athlète américain Anthuan Maybank, est impliqué dans une altercation avec un journaliste qui se règle au poste de police. L'épisode, traité par l'ambassade de France, fait la une des journaux australiens et français. En 2008, dans son livre Rien ne sert de courir publié chez Grasset, elle livre sa version des faits.
1968 : naissance le 9 mai à Basse-Terre, en Guadeloupe
1985 : intégration de l'INSEP à Paris
1988 : premier record de France du 400 mètres et participation aux Jeux olympiques de Séoul
1991 : titre de championne du monde du 400 mètres à Tokyo
1992 : titre olympique du 400 mètres à Barcelone en 48 s 83
1995 : titre de championne du monde du 400 mètres à Göteborg
1996 : porte-drapeau et double titre olympique 400-200 mètres à Atlanta
1996 : nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur le 6 septembre
2000 : retrait des Jeux olympiques de Sydney le 20 septembre
2004 : annonce de sa retraite sportive
2007 : obtention d'un master en management sportif à l'ESSEC
2010 : naissance de son fils Nolan le 30 mars
2012 : élection à la présidence de la Ligue d'athlétisme de Guadeloupe
2013 : intronisation au Panthéon de l'athlétisme de l'IAAF
2024 : dernière relayeuse de la flamme olympique à Paris avec Teddy Riner, élévation au grade de commandeur de la Légion d'honneur
Marie-José Pérec grandit à Basse-Terre, élevée par sa mère Josette et sa grand-mère Éléonore, vendeuse au marché de la ville, après le divorce de ses parents. Son oncle Georges complète le foyer maternel. Complexée par sa taille de 1,80 m dès l'enfance, elle pratique d'abord le basket-ball au club du Cygne noir entre 1982 et 1983. Elle quitte la Guadeloupe pour Paris en 1985 afin d'intégrer l'INSEP. Pacsée avec l'ancien skieur acrobatique Sébastien Foucras, médaillé d'argent aux Jeux olympiques de Nagano en 1998, elle est la mère d'un garçon, Nolan, né le 30 mars 2010. Le couple se rencontre lors des Jeux olympiques d'Athènes en 2004.
Elle a entretenu une relation avec l'athlète américain Anthuan Maybank, médaillé d'or olympique du relais 4 × 400 mètres à Atlanta en 1996, au moment des Jeux de Sydney. Marie-José Pérec est diplômée d'un master en management sportif de l'ESSEC obtenu en 2007. Elle préside la Ligue d'athlétisme de Guadeloupe depuis 2012, succédant à Camille Élisabeth, sa première entraîneure. Membre du collectif des Champions de la Paix lancé par l'organisation Peace and Sport, elle a également été ambassadrice de l'Unesco dans les années 1990. En 2024, elle siège au comité d'organisation des Jeux olympiques de Paris.
1 - Surnommée « La Gazelle » pour sa foulée aérienne et « La Divine » pour son palmarès, elle s'est ensuite distanciée du premier sobriquet, analysé comme un stéréotype racial fréquemment imposé aux athlètes noirs.
2 - En 1992, elle apparaît dans la comédie musicale Le Cadeau de la rentrée aux côtés de Dorothée pour interpréter Maladie d'amour, classique du folklore antillais.
3 - Le chanteur Alain Bashung lui dédie en 2002 le titre Dans la foulée sur l'album L'Imprudence, dénonçant le « lynchage médiatique » subi après Sydney.
4 - Égérie de Pirelli, elle a succédé à Carl Lewis comme visage de la marque italienne pour ses campagnes publicitaires.
5 - Le 14 juillet 2024, elle survole Paris à bord d'un Alpha Jet de la Patrouille de France pour clore le défilé militaire, après un vol d'accoutumance depuis la base aérienne 701 de Salon-de-Provence.
6 - En 2019, elle participe à la première saison de Mask Singer sur TF1 sous le costume de la Panthère, son fils Nolan ignorant sa participation jusqu'à reconnaître sa voix à la diffusion.
- Métier(s) : athlète (sprint), consultante presse, dirigeante sportive
- Résidence principale : non documentée publiquement
- Relations de couple : Sébastien Foucras (compagnon depuis 2004, pacsés)
- Enfants : Nolan, né le 30 mars 2010
- Distinctions : commandeure de la Légion d'honneur (2024), Panthéon de l'athlétisme de l'IAAF (2013), Académie des sports - grand prix (1996), ESPY Award athlète féminine (1997), Légende du sport - Musée national du Sport (2020)
« Le dopage ? Je ne supporte pas la tromperie. »
— Interview La Dépêche du Midi, 20 juillet 2008
« Le 400 mètres, il faut être un peu masochiste, mais j'aimais ça. »
— Documentaire Marie-Jo, Canal+, juillet 2024
« J'ai arrêté parce que je me suis trouvée nulle. À la télé, je suis horrible. »
— Interview La Dépêche du Midi, 21 juin 2004
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