Né à Courbevoie le 2 mai 1938 et mort à Paris le 16 mars 2014, Marc Blondel est un syndicaliste français, secrétaire général de Force ouvrière de 1989 à 2004. Surnommé « le général », il a marqué le syndicalisme par son opposition frontale au plan Juppé en 1995.
Marc Fiacre Henri Blondel grandit à Hénin-Liétard, dans le Pas-de-Calais, où ses deux grands-pères ont été mineurs. Après un baccalauréat obtenu en 1955 au lycée Condorcet de Nanterre, il monte à Paris, s'inscrit à la faculté de droit et enchaîne de nombreux petits boulots pour financer ses études, notamment le tri de nuit à la poste où il rencontre des militants de la CGT-Force ouvrière. Il adhère au syndicat en 1958, milite à l'UNEF et rejoint la même année le Parti socialiste autonome, scission de la SFIO opposée à la politique algérienne de Guy Mollet. En 1961, sous l'influence de Fred Zeller, il devient franc-maçon et rejoint le Grand Orient de France. Élu secrétaire de la Fédération des employés et cadres en 1965, il en devient secrétaire général en 1974, avant d'entrer au bureau confédéral de Force ouvrière en 1980, lors du congrès de Bordeaux.
Le 4 février 1989, à l'issue d'un congrès très disputé, il est élu secrétaire général de Force ouvrière avec 53,6 % des voix face à Claude Pitous, le candidat soutenu par André Bergeron. Il imprime une ligne plus offensive et appelle à la grève générale lors du meeting du 29 janvier 1995, ouvrant la voie au mouvement de novembre-décembre contre le plan Juppé. Le 28 novembre 1995, il échange une poignée de main restée célèbre avec Louis Viannet, secrétaire général de la CGT. Réélu massivement en 1992, 1996 et 2000, il s'oppose à la loi des 35 heures puis à la réforme des retraites de François Fillon en 2003. Au congrès de 2004, il cède la place à Jean-Claude Mailly, qu'il considère comme son fils spirituel.
Le 15 décembre 2011, le tribunal correctionnel de Paris reconnaît Marc Blondel coupable de recel d'abus de confiance et de recel de détournement de biens publics dans le volet final de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, jugée en même temps que celle visant Jacques Chirac. Il lui était reproché d'avoir bénéficié, de 1990 à 1997, d'un garde du corps rémunéré par la ville. Il a été dispensé de peine. Force ouvrière avait préalablement remboursé 280 000 euros à l'hôtel de ville. En novembre 2001, le conseil de prud'hommes de Paris avait par ailleurs condamné Force ouvrière à verser 88 594 euros à un ancien chauffeur pour non-respect du code du travail.
1938 : naissance le 2 mai à Courbevoie
1955 : baccalauréat au lycée Condorcet de Nanterre
1958 : adhésion à la CGT-Force ouvrière
1961 : initiation à la franc-maçonnerie au Grand Orient de France
1974 : élection au poste de secrétaire général de la Fédération des employés et cadres
1980 : entrée au bureau confédéral de Force ouvrière au congrès de Bordeaux
1986 : fondation de La Querencia de Paris, club taurin
1989 : élection comme secrétaire général de Force ouvrière le 4 février
1995 : appel à la grève générale contre le plan Juppé
2004 : départ du secrétariat général au profit de Jean-Claude Mailly
2007 : élection à la présidence de la Fédération nationale de la libre pensée
2011 : condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris
2014 : mort le 16 mars à l'hôpital du Val-de-Grâce
Marc Blondel naît dans une famille marquée à gauche. Son père Henri, fonctionnaire des Impôts devenu militaire au 5e régiment d'infanterie, s'était engagé dans la Résistance au sein du réseau Libération-Nord avant d'être déporté en Allemagne ; il meurt en 1966. Le grand-père paternel, également prénommé Henri, gazé pendant la Première Guerre mondiale, fut un militant de longue date de la SFIO. Marc Blondel passe son enfance à Hénin-Liétard puis fait ses études secondaires au lycée Condorcet de Nanterre. Veuf de sa première épouse, il se remarie en décembre 1996 à Saint-Géréon, près d'Ancenis, avec sa secrétaire et compagne depuis vingt ans, Josiane Gobert, qu'il surnommait Cacahuète. De son premier mariage il laisse deux filles, Dominique et Corinne, ainsi que des petits-enfants.
Adhérent du Parti socialiste, il fut un temps proche du courant lambertiste et entretint des amitiés durables avec Pierre Mauroy, rencontré aux Jeunesses socialistes, et avec le syndicaliste marocain Mahjoub Ben Seddik. Il revendiquait son amitié avec Jean-Luc Mélenchon et figurait parmi les soutiens d'Anne Hidalgo à Paris. Militant laïque déclaré, il préside à partir de juillet 2007 la Fédération nationale de la libre pensée et milite pour la réhabilitation collective des soldats fusillés pour l'exemple pendant la Première Guerre mondiale. Aficionado revendiqué, il fonde en 1986 La Querencia de Paris, l'un des deux principaux clubs taurins de la capitale.
Marc Blondel souffrait d'une grave insuffisance cardiaque. Il meurt dans la soirée du dimanche 16 mars 2014 à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris, à la suite de troubles cardiaques. Son successeur Jean-Claude Mailly salue la mémoire d'un tribun hors pair et d'un homme déterminé. Matignon et l'Élysée évoquent une grande figure du monde syndical. Louis Viannet et Raymond Soubie font partie des personnalités sollicitées pour réagir à sa disparition. Ses obsèques se tiennent le 22 mars 2014 et il est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, dans le 20e arrondissement de Paris.
Marc Blondel est incinéré le 22 mars 2014 au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Le lieu de dépôt des cendres n'a pas été rendu public par la famille. Le siège de Force ouvrière, avenue du Maine à Paris, où ses militants se réunirent pour saluer sa mémoire, est associé à son parcours.
1 - Marc Blondel cultivait soigneusement son image ouvrière, affichant bretelles et savates au siège de Force ouvrière, casquette et écharpe rouge en manifestation, et ne se séparait que rarement de ses gros cigares.
2 - Il fonde en 1986 La Querencia de Paris, un club taurin qu'il soutient jusqu'à sa mort par sa présence aux conférences et rencontres consacrées à la tauromachie.
3 - Pour payer ses études de droit, qu'il n'achèvera jamais, il a successivement été enseignant, auxiliaire des PTT, garçon de café et vendeur sur les marchés.
4 - En 1982, il dépose plainte au Bureau international du travail contre le gouvernement polonais du général Jaruzelski, qui venait d'interdire le syndicat Solidarność, pour non-respect des conventions sur la liberté syndicale.
5 - Son mariage avec Josiane Gobert, en décembre 1996, est célébré à Saint-Géréon, près d'Ancenis, par Marcel Hupel, maire de la commune et militant FO de longue date.
6 - La presse lui décerna le surnom de « Monsieur non, non, non » au regard de son refus systématique des réformes successives sur la Sécurité sociale et les retraites.
- Métier(s) : syndicaliste, secrétaire général de la CGT-Force ouvrière de 1989 à 2004, président de la Fédération nationale de la libre pensée
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : veuf de sa première épouse, marié en décembre 1996 à Josiane Gobert
- Enfants : deux filles, Dominique et Corinne
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée
« La Sécu vaut bien une grève ! »
— Mouvement social de novembre-décembre 1995 contre le plan Juppé
« Quand on a un droit, on ne demande rien à personne, on le fait respecter ! »
— Discours de Marc Blondel rapporté par l'Union départementale FO de Loire-Atlantique, 2014
« Ce qui m'inquiète le plus en ce moment dans la classe ouvrière, c'est que je les sens soumis. »
— Interview citée par 72.force-ouvriere.org, 2014
« Militer mes chers camarades, c'est être rebelle. Ce qui n'exclut pas, loin s'en faut, d'être responsable. »
— Allocution du 1er mai 1999, citée par 72.force-ouvriere.org
Rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde en quelque façon à un besoin d'expression.
« La Sécu vaut bien une grève ! »
— Mouvement social de novembre-décembre 1995 contre le plan Juppé
« Quand on a un droit, on ne demande rien à personne, on le fait respecter ! »
— Discours de Marc Blondel rapporté par l'Union départementale FO de Loire-Atlantique, 2014
« Ce qui m'inquiète le plus en ce moment dans la classe ouvrière, c'est que je les sens soumis. »
— Interview citée par 72.force-ouvriere.org, 2014
« Militer mes chers camarades, c'est être rebelle. Ce qui n'exclut pas, loin s'en faut, d'être responsable. »
— Allocution du 1er mai 1999, citée par 72.force-ouvriere.org
Rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde en quelque façon à un besoin d'expression.