Né le 3 mai 1928 à Morlaix, Julien Guiomar est un acteur français formé au TNP de Jean Vilar, devenu l'un des seconds rôles les plus identifiables du cinéma populaire des années 1960 à 1980, mémorable en Jacques Tricatel face à Louis de Funès dans L'Aile ou la Cuisse.
Fils d'un dentiste de Morlaix, Julien Guiomar quitte la Bretagne pour Paris, où il renonce rapidement à reprendre le cabinet paternel. Il suit les cours de Pierre Renoir à l'école de la rue Blanche, puis ceux de René Simon et de Francis Blanche. Il rejoint ensuite le Théâtre national populaire dirigé par Jean Vilar, au sein duquel il joue une trentaine de pièces en cinq ans, du Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare à Mère Courage de Bertolt Brecht, en passant par Ubu Roi d'Alfred Jarry et La Mort de Danton de Georg Büchner, présentés au Festival d'Avignon et au Théâtre de Chaillot. Cette formation classique nourrit toute sa carrière. Il aborde le cinéma en 1966 avec Le Roi de cœur de Philippe de Broca, où il incarne Mgr Marguerite, et tourne dès l'année suivante Le Voleur de Louis Malle.
La consécration arrive en 1969 avec le rôle du colonel chef de la gendarmerie dans Z de Costa-Gavras, suivi la même année de La Voie lactée de Luis Buñuel et de La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan. Sa silhouette imposante et sa voix de ténor le destinent aux personnages autoritaires, antipathiques ou cocasses. Il tourne avec Jacques Deray dans Borsalino (1970), aux côtés d'Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, retrouve Costa-Gavras pour Section spéciale (1975) et Pierre Granier-Deferre pour Adieu poulet (1975). Sa collaboration la plus suivie est celle de Claude Zidi, qui le dirige six fois, notamment dans L'Aile ou la Cuisse (1976) où il campe l'industriel Jacques Tricatel face à Louis de Funès, dans L'Animal (1977), Inspecteur la Bavure (1980) et Les Ripoux (1984).
1928 : naissance le 3 mai à Morlaix dans le Finistère.
1950 : premiers pas au théâtre dans Barabbas de Michel de Ghelderode au Théâtre de l'Œuvre.
1958 : entre au Théâtre national populaire de Jean Vilar et joue Ubu Roi.
1959 : Festival d'Avignon avec Le Songe d'une nuit d'été et Mère Courage.
1966 : premier grand rôle au cinéma dans Le Roi de cœur de Philippe de Broca.
1969 : consécration internationale avec Z de Costa-Gavras.
1970 : Borsalino de Jacques Deray, aux côtés d'Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.
1976 : interprétation de Jacques Tricatel dans L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi.
1982 : épouse Marie-Françoise Egret.
1983 : joue le colonel Vincent dans Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré.
1984 : commissaire Bloret dans Les Ripoux de Claude Zidi.
1989 : prête sa voix au devin Prolix dans Astérix et le Coup du menhir.
2003 : un de ses derniers rôles dans le téléfilm Lagardère d'Henri Helman.
2005 : se retire du métier de comédien et s'installe à Monpazier en Dordogne.
2010 : meurt dans la nuit du 21 au 22 novembre à Agen, à 82 ans.
Julien Joseph Charles Marie Guiomar naît dans une famille bretonne installée à Morlaix, où son père exerce la profession de chirurgien-dentiste. Destiné un temps à reprendre le cabinet familial, il choisit Paris et la scène. Sa formation se construit auprès de Pierre Renoir à l'école de la rue Blanche, puis dans la classe de René Simon et auprès de Francis Blanche, avant l'apprentissage décisif au Théâtre national populaire de Jean Vilar. En 1982, il épouse Marie-Françoise Egret, avec laquelle il partage le reste de sa vie. Le comédien avait été précédemment marié à Colette Cotti. Il conserve une sœur, dont la disparition en 2002 le rapproche durablement de son neveu Jean-Claude Faujour.
Discret sur sa vie privée, Julien Guiomar entretient en revanche un attachement marqué pour ses régions d'élection. Resté fidèle à la Bretagne, il revient régulièrement marcher sur les côtes du nord-Finistère et fréquente l'église de Saint-Thégonnec. À partir de 2005, il s'installe en Dordogne, à Monpazier, où il devient un client régulier de l'Hostellerie des Ducs de Marcel et Jeanne Blanchet. Côté plateaux, son cercle professionnel comprend Costa-Gavras, Claude Zidi et Philippe de Broca, qui le dirigent à plusieurs reprises, ainsi que Louis de Funès, dont il est le partenaire dans L'Aile ou la Cuisse et La Zizanie.
Julien Guiomar meurt dans la nuit du 21 au 22 novembre 2010, à 82 ans, des suites d'une insuffisance cardiaque. Hospitalisé à la clinique Saint-Hilaire d'Agen depuis quelques jours, il y rend son dernier souffle. La cérémonie d'adieu, voulue dans l'intimité par sa famille, se tient le 25 novembre au crématorium Saint-Christophe de Lafox, en Lot-et-Garonne, en présence de proches et d'amis venus du monde du spectacle. Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, salue dans un communiqué officiel la mémoire d'un acteur dont la personnalité et la présence physique ont marqué de grands rôles. Son neveu Jean-Claude Faujour évoque dans Le Télégramme un homme qui « faisait rêver ».
Après son incinération au crématorium Saint-Christophe de Lafox le 25 novembre 2010, Julien Guiomar repose dans le cimetière communal de Monpazier, en Dordogne, village où il avait choisi de vivre sa retraite à partir de 2005 et auquel il était profondément attaché.
1 - Avant le théâtre, Julien Guiomar a sérieusement envisagé de reprendre le cabinet de chirurgien-dentiste de son père à Morlaix. C'est à Paris, après son inscription à l'école de la rue Blanche auprès de Pierre Renoir, qu'il bascule définitivement vers la comédie.
2 - En cinq ans au Théâtre national populaire de Jean Vilar, il joue une trentaine de pièces, alternant les classiques européens, du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare à Erik XIV d'August Strindberg.
3 - Il est la voix française du capitaine McCluskey, incarné par Sterling Hayden, dans la première version de doublage du Parrain de Francis Ford Coppola sortie en 1972.
4 - En 1989, il double le devin Prolix dans le dessin animé Astérix et le Coup du menhir, et prête en 1991 sa voix au navigateur Louis Antoine de Bougainville dans Robinson et compagnie.
5 - Lors de ses retours en Bretagne, il aimait marcher sur les plages du nord-Finistère et visiter l'enclos paroissial de Saint-Thégonnec, l'un des grands ensembles religieux du Léon.
- Métier(s) : acteur de théâtre, acteur de cinéma, comédien de doublage
- Résidence principale : Monpazier (Dordogne) après 2005
- Relations de couple : Colette Cotti puis Marie-Françoise Egret (mariage en 1982)
- Enfants : non documentés publiquement
- Distinctions : aucune distinction officielle majeure documentée