Acteur français né le 29 avril 1930 à Paris et mort le 9 octobre 2017 dans la même ville, Jean Rochefort incarne pendant six décennies une figure du cinéma français reconnaissable à sa moustache, sa voix grave et son humour pince-sans-rire. Trois César récompensent sa carrière.
Issu de la « bande du Conservatoire » formée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris à partir de 1950, Jean Rochefort y côtoie Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Claude Rich, Annie Girardot, Bruno Cremer, Pierre Vernier et Françoise Fabian. Il quitte l'institution en 1953 pour rejoindre la compagnie Grenier-Hussenot et joue L'Amour des quatre colonels de Peter Ustinov, restant sept ans dans la troupe. Ses débuts au cinéma datent de 1955 avec Rencontre à Paris de Georges Lampin. Il enchaîne les seconds rôles dans des films d'aventures et historiques, notamment Cartouche de Philippe de Broca aux côtés de Jean-Paul Belmondo, Les Tribulations d'un Chinois en Chine et la saga Angélique, marquise des anges avec Michèle Mercier.
L'année 1974 marque un tournant avec L'Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier, où il remplace François Périer face à Philippe Noiret. Le réalisateur lui offre l'année suivante le rôle de l'abbé Dubois dans Que la fête commence..., qui lui vaut en 1976 le tout premier César du meilleur acteur dans un second rôle. Devenu l'acteur fétiche d'Yves Robert et de Patrice Leconte, il triomphe dans Le Grand Blond avec une chaussure noire, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis, Tandem, Le Mari de la coiffeuse, Ridicule et Le Placard de Francis Veber, plus gros succès commercial de sa carrière avec 5,3 millions de spectateurs.
1930 : naissance le 29 avril à Paris, fils de Célestin Rochefort et Fernande Guillot
1950 : entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris
1955 : débuts au cinéma dans Rencontre à Paris de Georges Lampin
1960 : mariage avec Alexandra Moscwa
1962 : tournage de Cartouche, où il découvre l'équitation
1974 : rôle du commissaire Guilboud dans L'Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier
1976 : César du meilleur acteur dans un second rôle pour Que la fête commence...
1978 : César du meilleur acteur pour Le Crabe-Tambour de Pierre Schoendoerffer
1990 : Le Mari de la coiffeuse de Patrice Leconte
1996 : rôle dans Ridicule de Patrice Leconte
1999 : César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière
2000 : tournage avorté de L'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam
2002 : prix du public à la Mostra de Venise pour L'Homme du train de Patrice Leconte
2015 : dernier rôle au cinéma dans Floride de Philippe Le Guay
2017 : décès le 9 octobre à Paris à l'âge de 87 ans
Jean Raoul Robert Rochefort naît dans le 20e arrondissement de Paris. Son père, Célestin Rochefort, originaire de Dinan, est cadre dans l'industrie pétrolière, sa mère Fernande Guillot est comptable. Il grandit à Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale, puis à Vincennes, et fait des études au lycée Corneille de Rouen et au collège de Cusset. En 1960, il épouse Alexandra Moscwa, dont il aura trois enfants : Marie née en 1962, Julien né en 1965 et un troisième enfant. Le couple divorce après vingt ans de mariage. Il vit ensuite avec l'actrice et réalisatrice Nicole Garcia, mère de leur fils Pierre Rochefort, devenu comédien.
Sa dernière compagne est l'architecte Françoise Vidal, mère de leurs filles Louise et Clémence. Sa passion pour les chevaux, née sur le tournage de Cartouche en 1961-1962 aux côtés de Jean-Paul Belmondo, structure une grande part de son existence privée. Installé au domaine de Villequoy à Auffargis, dans les Yvelines, il devient éleveur dans les années 1980 et commente les épreuves d'équitation pour la télévision lors des Jeux olympiques. Parrain du phare de la Vieille dans le Finistère, il s'engage en 2007 auprès des Enfants de Don Quichotte pour la cause des sans-abri et rejoint en 2013 le comité d'honneur de l'Alliance anti-corrida.
Hospitalisé en août 2016 pour des douleurs abdominales, selon la déclaration de son agent Françoise Salimov à l'AFP, Jean Rochefort meurt d'un cancer dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 octobre 2017 à l'hôpital Saint-Joseph, dans le 14e arrondissement de Paris, à 87 ans. Sa fille Clémence annonce le décès le matin du 9 octobre. Ses obsèques sont célébrées publiquement le vendredi 13 octobre 2017 en l'église Saint-Thomas-d'Aquin à Paris. Édouard Baer prononce un éloge funèbre rempli d'anecdotes selon les souhaits du défunt, et le père Guy Poisley conduit l'homélie. Jean-Paul Belmondo, Guy Bedos, Patrice Leconte, Nicole Garcia, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain et Mylène Farmer figurent parmi les personnalités présentes.
Jean Rochefort est inhumé au cimetière de Grosrouvre, dans les Yvelines, à proximité de son domaine équestre d'Auffargis. Le haras de Villequoy, où il a fait naître une trentaine de poulains portant chacun un titre de film qu'il aimait, est aujourd'hui repris par sa fille Louise Rochefort, qui perpétue l'activité d'élevage et d'entraînement.
1 - Sur le tournage de L'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam à l'été 2000, il souffre d'une double hernie discale qui interrompt la production et l'empêche définitivement de remonter à cheval. Cet épisode l'éloignera plusieurs mois des plateaux.
2 - Au haras de Villequoy, il a fait naître une trentaine de poulains, chacun baptisé d'après un titre de film qui lui était cher : Irma la Douce, Bout de Souffle, Casque d'Or, Derzou Ouzala ou Alphaville.
3 - Pour son rôle dans la pièce Un jour dans la mort de Joe Egg, il se laisse pousser sa célèbre moustache, qu'il ne rasera ensuite qu'à deux reprises : pour Ridicule en 1996 et pour La Clé en 2007.
4 - En 2016, France 5 lui confie une série télévisée tirée du collectif Les Boloss des Belles Lettres, dans laquelle il résume en langage parlé jeune des classiques comme Les Liaisons dangereuses, Le Petit Prince ou Le Père Goriot.
5 - Il rend hommage le 21 juillet 2017 par téléphone sur Europe 1 à son ami Claude Rich, décédé la veille, à qui il avait remis en 2002 le César d'honneur. Les deux hommes se connaissaient depuis le Conservatoire et avaient joué ensemble dans Le Crabe-Tambour.
6 - Il est l'auteur en 1974 d'un documentaire intitulé Marcel Dalio, portrait-hommage de l'acteur rencontré sur le tournage de Cartouche, qu'il décrivait comme « un désespéré rigolard ».
- Métier(s) : acteur, réalisateur, éleveur de chevaux
- Résidence principale : Auffargis (Yvelines)
- Relations de couple : Alexandra Moscwa (1960-1980), Nicole Garcia, Françoise Vidal
- Enfants : Marie, Julien, Pierre, Louise, Clémence
- Distinctions : César du meilleur acteur dans un second rôle 1976, César du meilleur acteur 1978, César d'honneur 1999, prix du public à la Mostra de Venise 2002, prix Lumières du meilleur acteur 2003
« Je ne veux pas faire de film d'épouvante, donc il vaut mieux s'arrêter. »
— Déclaration à propos de l'arrêt de sa carrière après Floride, rapportée par Radio-Canada / AFP, octobre 2017
« J'appartiens au patrimoine. Il y a le jambon de Bayonne, Noiret, Marielle et moi. »
— Citation reprise dans Ce genre de choses, éditions Stock, 2013
« Si j'ai un talent, c'est de mettre tout le monde copain. J'ai le goût des autres. »
— Interview Le Figaro, juillet 2015
« Une carrière est faite de désirs, de rêves, de chances. C'est paradoxal, frustrant. J'ai commencé par le théâtre sans penser au cinéma. »
— Interview Paris Match, propos recueillis par Virginie Le Guay, 7 mai 2010
« Ce métier m'a sauvé. Il m'a servi de psy. J'ai mis longtemps à comprendre que les acteurs comptaient pour les gens. Je l'ai réalisé lorsque Philippe Noiret est mort. »
— Interview Paris Match, propos recueillis par Virginie Le Guay, 7 mai 2010
Je suis un ruralo-misanthrope.
Je resterai un vieillard authentique.
Les animaux ont un mérite : ils ne déçoivent jamais.
Plus mes copains meurent plus je reçois de scénarios !
Sans moustache, j'ai l'impression de ne plus avoir de slip !
Je conseille à tous les hommes d'avoir des enfants assez tard.
J'aime l'habit confortable, mais j'ai la trouille de la charentaise.
Quand on veut amuser les autres, on se doit d'être douloureux soi-même.
Je constate qu'il y a une absence de rêve. Il faut réapprendre à rêver.
J'entends le mot vieillesse comme un repli sur soi-même qui pousse à haïr tout le monde.
Je suis, je crois, un acteur zoologique. J'ai beaucoup exploité le monde animal pour mes rôles.
Je me suis trompé quelquefois, mais toujours avec conviction. Je n'ai jamais ménagé mes enthousiasmes... fussent-ils suicidaires
Au fond je ne me prends pas du tout au sérieux. Ni moi, ni mon art. Monter sur une scène, faire le fou avec une bande de copains suffit à mon bonheur.
J'ai toujours été dévoré par le doute. Est-ce une bonne chose ? Je pense que oui si on a une sensibilité artistique. En tout cas, la certitude est ridicule.
Il m'a parfois fallu tourner des inepties, le plus souvent en Italie, pour nourrir mes incartades. En même temps, les nanars font de jolies blessures de guerre.
J'ai le respect de l'incongru. Et ce goût pour la culture classique, qui me donne une austérité de fonctionnaire. Vous mélangez, et ça donne un acteur plausible.
« Je ne veux pas faire de film d'épouvante, donc il vaut mieux s'arrêter. »
— Déclaration à propos de l'arrêt de sa carrière après Floride, rapportée par Radio-Canada / AFP, octobre 2017
« J'appartiens au patrimoine. Il y a le jambon de Bayonne, Noiret, Marielle et moi. »
— Citation reprise dans Ce genre de choses, éditions Stock, 2013
« Si j'ai un talent, c'est de mettre tout le monde copain. J'ai le goût des autres. »
— Interview Le Figaro, juillet 2015
« Une carrière est faite de désirs, de rêves, de chances. C'est paradoxal, frustrant. J'ai commencé par le théâtre sans penser au cinéma. »
— Interview Paris Match, propos recueillis par Virginie Le Guay, 7 mai 2010
« Ce métier m'a sauvé. Il m'a servi de psy. J'ai mis longtemps à comprendre que les acteurs comptaient pour les gens. Je l'ai réalisé lorsque Philippe Noiret est mort. »
— Interview Paris Match, propos recueillis par Virginie Le Guay, 7 mai 2010
Je suis un ruralo-misanthrope.
Je resterai un vieillard authentique.
Les animaux ont un mérite : ils ne déçoivent jamais.
Plus mes copains meurent plus je reçois de scénarios !
Sans moustache, j'ai l'impression de ne plus avoir de slip !
Je conseille à tous les hommes d'avoir des enfants assez tard.
J'aime l'habit confortable, mais j'ai la trouille de la charentaise.
Quand on veut amuser les autres, on se doit d'être douloureux soi-même.
Je constate qu'il y a une absence de rêve. Il faut réapprendre à rêver.
J'entends le mot vieillesse comme un repli sur soi-même qui pousse à haïr tout le monde.
Je suis, je crois, un acteur zoologique. J'ai beaucoup exploité le monde animal pour mes rôles.
Je me suis trompé quelquefois, mais toujours avec conviction. Je n'ai jamais ménagé mes enthousiasmes... fussent-ils suicidaires
Au fond je ne me prends pas du tout au sérieux. Ni moi, ni mon art. Monter sur une scène, faire le fou avec une bande de copains suffit à mon bonheur.
J'ai toujours été dévoré par le doute. Est-ce une bonne chose ? Je pense que oui si on a une sensibilité artistique. En tout cas, la certitude est ridicule.
Il m'a parfois fallu tourner des inepties, le plus souvent en Italie, pour nourrir mes incartades. En même temps, les nanars font de jolies blessures de guerre.
J'ai le respect de l'incongru. Et ce goût pour la culture classique, qui me donne une austérité de fonctionnaire. Vous mélangez, et ça donne un acteur plausible.