Né à Marseille le 12 septembre 1924 et mort à Paris le 1er mars 1988, Jean Le Poulain est un acteur et metteur en scène français, sociétaire de la Comédie-Française dont il fut administrateur général de septembre 1986 à sa mort.
Formé au cours Simon à Paris en même temps que Jacqueline Maillan, Jean Le Poulain obtient un premier prix de comédie au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1949, dans la classe de Georges Le Roy. Refusé à la Comédie-Française à sa sortie du Conservatoire par l'administrateur de l'époque, il est recruté par Jean Vilar au Théâtre national populaire et donne la réplique à Gérard Philipe au théâtre des Champs-Élysées en 1952 dans Le Prince de Hombourg d'Heinrich von Kleist. La même année, il fonde sa propre compagnie avec Roger Harth et signe sa première mise en scène avec le Faust de Christopher Marlowe au théâtre de l'Œuvre. Sa carrière théâtrale alterne textes classiques, écritures contemporaines et théâtre de boulevard.
Il met en scène ou interprète des œuvres de Georges Feydeau, William Shakespeare, Jacques Audiberti, Paul Claudel, Vladimir Maïakovski, Jean Anouilh et Edmond Rostand, et dirige notamment Cyrano de Bergerac au théâtre des Célestins en 1959 et La Nuit des rois au théâtre du Vieux-Colombier en 1961. Au cinéma, il apparaît dans Le Bossu d'André Hunebelle (1959), Les Mystères de Paris (1962), L'Ibis rouge et Divine de Patrice Chéreau (1975). À la télévision, il marque l'émission Au théâtre ce soir avec des pièces comme Le Noir te va si bien, De doux dingues et Le Minotaure, et anime sa propre émission de variétés Le Poulain au galop sur la première chaîne en 1974.
1924 : naissance à Marseille le 12 septembre.
1949 : premier prix de comédie au Conservatoire national supérieur d'art dramatique.
1952 : fondation de sa compagnie avec Roger Harth ; mise en scène du Faust de Marlowe au théâtre de l'Œuvre.
1958 : interprète le baron Massacre dans La Hobereaute d'Audiberti au théâtre du Vieux-Colombier.
1959 : mise en scène de Cyrano de Bergerac au théâtre des Célestins.
1974 : animation de l'émission Le Poulain au galop sur la première chaîne.
1975 : voix dans Le Petit Poucet de Bernard Blier.
1977 : mise en scène du Faiseur de Balzac au théâtre de l'Atelier, prix du Brigadier et prix Balzac.
1978 : entrée à la Comédie-Française.
1980 : sociétaire de la Comédie-Française ; tient le rôle de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme.
1982 : met en scène Le Pain dur de Claudel à la Comédie-Française.
1986 : nomination comme administrateur général de la Comédie-Française au 1er septembre.
1987 : interprète le bourreau dans Un pour la route d'Harold Pinter.
1988 : mort à Paris le 1er mars.
Jean Aimé Alain Le Poulain grandit à Marseille avant de monter à Paris pour suivre les cours du cours Simon et du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, qu'il intègre dans la classe de Georges Le Roy. Dans sa jeunesse, il pratique le rugby, sport pour lequel il conserve une grande passion tout au long de sa vie. À Paris, il vit avec sa mère dans un appartement de l'avenue de l'Opéra. Il est l'oncle des comédiennes Corinne Le Poulain et Vannick Le Poulain, qui mènent toutes deux des carrières au théâtre et à la télévision. Homosexuel, il n'aborde jamais publiquement ce sujet et tient sa vie privée à l'écart du milieu médiatique.
Sur les planches, ses compagnonnages de longue date avec Jacqueline Maillan, rencontrée au cours Simon, avec Maria Pacôme, partenaire dans Le Noir te va si bien, ou avec Pierre Sabbagh, réalisateur d'Au théâtre ce soir, structurent une partie de son parcours. À partir de 1982, il enseigne au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, transmettant aux jeunes générations son expérience de la scène. Sa réflexion sur le métier d'acteur et sur le comique donne lieu à deux ouvrages, Je rirai le dernier et L'Agonie du pitre.
Jean Le Poulain meurt brutalement à Paris dans le 1er arrondissement le 1er mars 1988, à l'âge de 63 ans, alors qu'il exerce encore ses fonctions d'administrateur général de la Comédie-Française. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Le lendemain, le 2 mars 1988, le président de la République François Mitterrand adresse un message officiel à la famille du défunt, saluant la disparition d'un "grand du théâtre" qui "a enchanté des millions de spectateurs par ses interprétations de Molière, de Feydeau mais aussi de Pinter ou de Ghelderode". Le ministère de la Culture et la Comédie-Française rendent également hommage à l'administrateur disparu en pleine fonction.
Jean Le Poulain est inhumé au cimetière de Montmartre, à Paris, dans la cinquième division. La salle Richelieu de la Comédie-Française, où il assuma ses dernières fonctions et tint plusieurs de ses grands rôles, conserve la mémoire de son passage à la tête de l'institution.
1 - Avant d'embrasser le métier d'acteur, Jean Le Poulain pratique le rugby pendant sa jeunesse marseillaise, passion qu'il conserve toute sa vie et qu'il évoque volontiers dans ses interviews aux côtés de ses lectures de théâtre.
2 - À sa sortie du Conservatoire en 1949, il se voit refuser l'entrée à la Comédie-Française par l'administrateur en poste, qui le juge plus apte au théâtre de boulevard — il y entrera finalement près de trente ans plus tard, en 1978.
3 - Sa mise en scène du Faiseur de Balzac au théâtre de l'Atelier en 1977 lui vaut deux distinctions distinctes la même année : le prix du Brigadier et le prix Balzac.
4 - Nommé administrateur général de la Comédie-Française en 1986, il déclare publiquement lors d'une interview télévisée à Jacques Martin s'interdire de jouer et de mettre en scène durant son mandat pour se consacrer à sa fonction.
5 - Sa réflexion sur le métier de comédien et sur le comique a donné naissance à deux ouvrages publiés de son vivant, Je rirai le dernier et L'Agonie du pitre.
- Métier(s) : acteur, metteur en scène, administrateur général de la Comédie-Française
- Résidence principale : Paris (avenue de l'Opéra)
- Relations de couple : non documentées publiquement
- Enfants : aucun documenté
- Distinctions : premier prix de comédie au Conservatoire (1949), prix du Brigadier et prix Balzac (1977)
Le théâtre est l'endroit où on embrasse le plus et où on s'aime le moins.
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