Jean Cocteau, né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise) et mort le 11 octobre 1963 dans sa maison à Milly-la-Forêt (Seine-et-Oise), est un poète, peintre, dessinateur, dramaturge et cinéaste français.
Élu à l'Académie française en 1955 et comptant parmi les artistes qui ont marqué la première moitié du XXe siècle, il a côtoyé la plupart de ceux qui ont animé la vie artistique de son époque en France. Imprésario de son temps, lanceur de modes, Cocteau est également qualifié de bon génie par d'innombrables artistes et amis. Louis Aragon évoquait un « poète-orchestre ».
Le fruit d'Ève fendu.
L'enfance a ses odeurs.
L'oeuvre est une sueur.
A l'impossible je suis tenu.
Il n'existe pas d'âmes simples.
Trouver d'abord, chercher après.
La mode, c'est ce qui se démode.
Le sommeil n'est pas un lieu sûr.
Le poète se souvient de l'avenir.
La lune est le soleil des statues.
Ne sois pas original, sois unique.
Les dieux existent : c'est le diable.
Le bonheur est une longue patience...
Le libre arbitre est l'alibi de Dieu.
Le silence fait plus peur que les cris.
Les pots de chambre aussi sont profonds.
Les rêves sont la littérature du sommeil.
Je sais mieux faire l'amitié que l'amour.
Le temps est un phénomène de perspectives.
Tout ce qui n'est pas cru reste décoratif.
A force de plaisirs notre bonheur s'abîme.
Aucune mère n'est la camarade de son fils.
La prière et l'amour ont les mêmes secrets.
Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi.
Le temps des hommes est de l'éternité pliée.
Un secret a toujours la forme d'une oreille.
Pour exprimer son âme, on n'a que son visage.
La jeunesse est une acquisition de l'âge mûr.
Le passé Liane, c'est du présent devenu vieux.
Le destin n'aime pas qu'on embrouille son fil.
Toute oeuvre vivante comporte sa propre parade.
Le génie est l'extrême pointe du sens pratique.
A force d'aller au fond des choses, on y reste.
Les Italiens sont des Français de bonne humeur.
Un texte traduit est un clair de lune empaillé.
Un général ne se rend jamais, même à l'évidence.
On peut naître vieux comme on peut mourir jeune.
On se consacre pas à la poésie ; on s'y sacrifie.
Le style n'est pas une danse, c'est une démarche.
La richesse est une aptitude, la pauvreté de même.
Le virtuose ne sert pas la musique ; il s'en sert.
La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.
Le poète est un mensonge qui dit toujours la vérité.
Le roman est un mensonge qui dit toujours la vérité.
Miroirs, vous feriez mieux de réfléchir plus souvent.
La vérité est trop nue, elle n'excite pas les hommes.
Un artiste ne peut attendre aucune aide de ses pairs.
L'opium dégage l'esprit. Jamais il ne rend spirituel.
Jouer coeur est simple. Il faut en avoir, voilà tout.
Dans la vie on ne regrette que ce qu'on n'a pas fait.
Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi.
Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants.
Les plus belles robes sont portées pour être retirées.
Cent ans après ma mort, je me reposerai, fortune faite.
Faire la moitié du travail. Le reste se fera tout seul.
Le diable est pur parce qu'il ne peut faire que le mal.
De temps en temps, il faut se reposer de ne rien faire.
Petit à petit, les chats deviennent l'âme de la maison.
Un chef-d'oeuvre est une bataille gagnée contre la mort.
À force de ne jamais réfléchir, on a un bonheur stupide.
Les mirages sont en quelque sorte le mensonge du désert.
Il faut faire aujourd'hui ce que tout le monde fera demain.
Méfions-nous des noyés qui s'accrochent et qui nous noient.
Il n'y a pas de précurseurs, il n'y a que des retardataires.
Paradoxe ! Quand la vérité sort, c'est le nom qu'elle porte.
J'aime les chats parce qu'il n'existe pas de chats policiers.
Les femmes qui disent qu'elles aiment, aiment qu'on les aime.
Rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles.
La source désapprouve presque toujours l'itinéraire du fleuve.
L'enfance sait ce qu'elle veut. Elle veut sortir de l'enfance.
La faculté de rire aux éclats est preuve d'une âme excellente.
Les miroirs sont les portes par lesquelles la Mort va et vient.
La science ne sert qu'à vérifier les découvertes de l'instinct.
Il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.
La poésie est un exhibitionnisme qui s'exerce chez les aveugles.
Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière.
Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.
C'est une chance de ne pas ressembler à ce que le monde nous croit.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Je voudrais que l'intelligence fût reprise au démon et rendue à Dieu.
Un académicien, c'est un homme qui, à sa mort, se change en fauteuil.
L'extrême limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise folie.
On a fait de moi un personnage à qui je refuserais de serrer la main.
Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur.
Qui sait écrire ? C'est se battre avec l'encre pour se faire entendre.
La superstition est l'art de se mettre en règle avec les coïncidences.
La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine.
Le tout dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
Le tact dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
L'histoire est du vrai qui se déforme, la légende du faux qui s'incarne.
Le vrai drame, c'est la distance et que les êtres ne se connaissent pas.
Mieux vaut donner à un faux pauvre que refuser son assistance à un vrai.
La jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut.
Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation.
C'est en faisant un peu les choses qu'on arrive à ne rien faire du tout.
Tout ce qui se prouve est vulgaire, agir sans preuve exige un acte de foi.
Il est indispensable de se sacrifier quelquefois. C'est l'hygiène de l'âme.
Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination.
Ceux qui ne font pas les choses les racontent. Ceux qui les font se taisent.
Car la jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut.
La France a toujours cru que l'égalité consistait à trancher ce qui dépasse.
Les mauvaises moeurs sont la seule chose que les gens prêtent sans réfléchir.
Aimer et être aimé, voilà l'idéal. Pourvu qu'il s'agisse de la même personne.
Si le feu brûlait ma maison, qu'emporterais-je ? J'aimerais emporter le feu...
Plus je vieillis, plus je vois que ce qui ne s'évanouit pas, ce sont les rêves.
Un chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un dictionnaire en désordre.
Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.
Pénélope était la dernière épreuve qu'Ulysse eut à subir à la fin de son voyage.
Les poètes parlent une seule langue, même s'ils ne se comprennent pas entre eux.
Pour que les dieux s'amusent beaucoup, il importe que leur victime tombe de haut.
Si je préfère les chats aux chiens, c'est parce qu'il n'y a pas de chat policier.
J'ai l'orgueil des vices qu'on me prête ; je suis moins fier des vices que j'ai !
Toute supériorité dérange une époque où chacun se hausse en abaissant les autres.
Un éditeur qui entre dans son bureau préfère y trouver un cambrioleur qu'un poète.
Une mise en scène est un suicide. Son rôle se borne à réveiller quelques dormeurs.
Un artiste original ne peut pas copier. Il n'a donc qu'à copier pour être original.
Le drame des poètes, c'est qu'ils doivent vivre au-dessus des moyens de leur époque.
La vie est trop grave, trop mystérieuse, trop courte, pour admettre les malentendus.
L'harmonie, c'est la conciliation des contraires, et pas l'écrasement des différences.
J'ai la peau de l'âme trop sensible. Il faudrait apprendre à son âme à marcher pieds nus.
Le chef d'oeuvre n'est, après tout, qu'un numéro de chien savant sur une terre peu solide.
Moins une oeuvre est comprise, moins vite elle ouvre ses pétales et moins vite elle se fane.
Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas.
Se contredire, Georges. Quel luxe ! C'est mon luxe. C'est mon désordre à moi. Laisse-le-moi.
L'avenir n'appartient à personne. Il n'y a pas de précurseurs, il n'y a que des retardataires.
'L'invisibilité me semble être la condition de l'élégance. L'élégance cesse si on la remarque.'
La Côte d'Azur est la serre où poussent les racines. Paris est la boutique où on vend les fleurs.
L'avenir n'appartient à personne. Il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.
Les miroirs réfléchissent trop. Ils renversent prétentieusement les images et se croient profonds.
Plus on est avide, plus il est indispensable de reculer coûte que coûte les bornes du merveilleux.
Combien d'hommes profondément distraits pénétrèrent dans des trompe-l'oeil et ne sont pas revenus.
Je ne suis ni dessinateur ni peintre ; mes dessins sont de l'écriture dénouée et renouée autrement.
Les premières places ne sont pas intéressantes, celles qui m'intéressent, ce sont les places à part.
Tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort.
Il y a trente-cinq ans qu'on me répète à propos de tout : vous verrez... vous verrez. Je n'ai rien vu.
Il est triste de jouer à cache-cache dans ce monde où l'on devrait se serrer les uns contre les autres.
Ne ressembler à rien. Ne ressembler à personne. Il n'existe pas d'éloge qui puisse me toucher davantage.
Rien n'est plus long à voyager que l'âme est c'est lentement, s'il se déplace, qu'elle rejoint le corps.
On ferme avec douceur les yeux des morts. C'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants.
On ferme les yeux des morts avec douceur ; c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants.
Le bonheur d'un ami nous enchante. Il nous ajoute. Il n'ôte rien. Si l'amitié s'en offense, elle n'est pas.
SOLANGE : Je vous croyais amoureuse de Pascal. MARGOT : On n'est pas amoureuse de Pascal. On aime Pascal...
Notre pire souffrance n'est-elle pas de ne pouvoir imaginer l'endroit où ceux que nous aimons nous évitent ?
Beaucoup d'hommes naissent aveugles et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux.
Le sommeil n'est pas à nos ordres. C'est un poisson aveugle qui monte des profondeurs, un oiseau qui s'abat sur nous.
Celui qui s'imagine avoir seul la sagesse, l'éloquence, la force, s'expose au ridicule. L'intelligence permet de se contredire.
Le temps est élastique. Avec un peu d'adresse on peut avoir l'air d'être toujours dans un endroit et être toujours dans un autre.
Aucune mère n'est le camarade de son fils. Le fils devine vite l'espion derrière le camarade et la femme jalouse derrière l'espion.
Le véritable symbole n'est jamais prévu. Il se dégage tout seul, pour peu que le bizarre, l'irréel, n'entrent pas en ligne de compte.
La grande tactique des femmes est de faire croire qu'elles aiment quand elles n'aiment pas, et lorsqu'elles aiment, de le dissimuler.
On croit que le style est une façon compliquée de dire des choses simples, alors que c'est une façon simple de dire des choses compliquées.
J'ai, messieurs, grande crainte des personnes qui ne savent pas rire. J'ai toujours aimé ces fous rires, qui montrent l'âme grande ouverte.
Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel.
Ce que nous prenons pour la paix n'est qu'un armistice entre les conflits : la planète grouille, saigne, et ne saurait vivre sans cette violence.
Le rêve est la forme sous laquelle toute créature vivante possède le droit au génie, à ses imaginations bizarres, à ses magnifiques extravagances.
Nos fées nous entourent et nous aiment. On peut bien ouvrir et lire nos lettres. On n'y trouvera que des exemples de droiture et le dégoût des combines.
C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.
Le verbe aimer est le plus compliqué de la langue. Son passé n'est jamais Simple. Son présent n'est qu'imparfait et son futur est toujours conditionnel.
Ce qui caractérise notre époque, c'est la crainte d'avoir l'air bête en décernant une louange, et la certitude d'avoir l'air intelligent en décernant un blâme.
Ce que le lecteur veut, c'est se lire. En lisant ce qu'il approuve, il pense qu'il pourrait l'avoir écrit. Il peut même en vouloir au livre de prendre sa place.
La poésie est la plus haute expression permise à l'homme. Il est normal qu'elle ne trouve plus aucune créance dans un monde qui ne s'intéresse qu'aux racontars.
L'homme fat trouve toujours un dernier refuge dans la responsabilité. Ainsi, par exemple, prolonge-t-il une guerre après que le phénomène qui la décide a pris fin.
L'horreur d'un accident qu'on découvre sur sa route provient de ce qu'il est de la vitesse immobile, un cri changé en silence (et non pas du silence après un cri).
Le poète est exact. La poésie est exactitude. Depuis Baudelaire, le public a, peu à peu, compris que la poésie était un des moyens les plus insolents de dire la vérité.
Il fait beau croire aux prodiges lorsque les prodiges nous arrangent et lorsque les prodiges nous dérangent, il fait beau ne plus y croire et que c'est un artifice du devin.
Le fruit d'Ève fendu.
L'enfance a ses odeurs.
L'oeuvre est une sueur.
A l'impossible je suis tenu.
Il n'existe pas d'âmes simples.
Trouver d'abord, chercher après.
La mode, c'est ce qui se démode.
Le sommeil n'est pas un lieu sûr.
Le poète se souvient de l'avenir.
La lune est le soleil des statues.
Ne sois pas original, sois unique.
Les dieux existent : c'est le diable.
Le bonheur est une longue patience...
Le libre arbitre est l'alibi de Dieu.
Le silence fait plus peur que les cris.
Les pots de chambre aussi sont profonds.
Les rêves sont la littérature du sommeil.
Je sais mieux faire l'amitié que l'amour.
Le temps est un phénomène de perspectives.
Tout ce qui n'est pas cru reste décoratif.
A force de plaisirs notre bonheur s'abîme.
Aucune mère n'est la camarade de son fils.
La prière et l'amour ont les mêmes secrets.
Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi.
Le temps des hommes est de l'éternité pliée.
Un secret a toujours la forme d'une oreille.
Pour exprimer son âme, on n'a que son visage.
La jeunesse est une acquisition de l'âge mûr.
Le passé Liane, c'est du présent devenu vieux.
Le destin n'aime pas qu'on embrouille son fil.
Toute oeuvre vivante comporte sa propre parade.
Le génie est l'extrême pointe du sens pratique.
A force d'aller au fond des choses, on y reste.
Les Italiens sont des Français de bonne humeur.
Un texte traduit est un clair de lune empaillé.
Un général ne se rend jamais, même à l'évidence.
On peut naître vieux comme on peut mourir jeune.
On se consacre pas à la poésie ; on s'y sacrifie.
Le style n'est pas une danse, c'est une démarche.
La richesse est une aptitude, la pauvreté de même.
Le virtuose ne sert pas la musique ; il s'en sert.
La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.
Le poète est un mensonge qui dit toujours la vérité.
Le roman est un mensonge qui dit toujours la vérité.
Miroirs, vous feriez mieux de réfléchir plus souvent.
La vérité est trop nue, elle n'excite pas les hommes.
Un artiste ne peut attendre aucune aide de ses pairs.
L'opium dégage l'esprit. Jamais il ne rend spirituel.
Jouer coeur est simple. Il faut en avoir, voilà tout.
Dans la vie on ne regrette que ce qu'on n'a pas fait.
Ce que le public te reproche, cultive-le : c'est toi.
Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants.
Les plus belles robes sont portées pour être retirées.
Cent ans après ma mort, je me reposerai, fortune faite.
Faire la moitié du travail. Le reste se fera tout seul.
Le diable est pur parce qu'il ne peut faire que le mal.
De temps en temps, il faut se reposer de ne rien faire.
Petit à petit, les chats deviennent l'âme de la maison.
Un chef-d'oeuvre est une bataille gagnée contre la mort.
À force de ne jamais réfléchir, on a un bonheur stupide.
Les mirages sont en quelque sorte le mensonge du désert.
Il faut faire aujourd'hui ce que tout le monde fera demain.
Méfions-nous des noyés qui s'accrochent et qui nous noient.
Il n'y a pas de précurseurs, il n'y a que des retardataires.
Paradoxe ! Quand la vérité sort, c'est le nom qu'elle porte.
J'aime les chats parce qu'il n'existe pas de chats policiers.
Les femmes qui disent qu'elles aiment, aiment qu'on les aime.
Rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles.
La source désapprouve presque toujours l'itinéraire du fleuve.
L'enfance sait ce qu'elle veut. Elle veut sortir de l'enfance.
La faculté de rire aux éclats est preuve d'une âme excellente.
Les miroirs sont les portes par lesquelles la Mort va et vient.
La science ne sert qu'à vérifier les découvertes de l'instinct.
Il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.
La poésie est un exhibitionnisme qui s'exerce chez les aveugles.
Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière.
Ecrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas il n'est qu'écriture.
C'est une chance de ne pas ressembler à ce que le monde nous croit.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi.
Je voudrais que l'intelligence fût reprise au démon et rendue à Dieu.
Un académicien, c'est un homme qui, à sa mort, se change en fauteuil.
L'extrême limite de la sagesse, voilà ce que le public baptise folie.
On a fait de moi un personnage à qui je refuserais de serrer la main.
Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur.
Qui sait écrire ? C'est se battre avec l'encre pour se faire entendre.
La superstition est l'art de se mettre en règle avec les coïncidences.
La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine.
Le tout dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
Le tact dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
L'histoire est du vrai qui se déforme, la légende du faux qui s'incarne.
Le vrai drame, c'est la distance et que les êtres ne se connaissent pas.
Mieux vaut donner à un faux pauvre que refuser son assistance à un vrai.
La jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut.
Un beau livre, c'est celui qui sème à foison les points d'interrogation.
C'est en faisant un peu les choses qu'on arrive à ne rien faire du tout.
Tout ce qui se prouve est vulgaire, agir sans preuve exige un acte de foi.
Il est indispensable de se sacrifier quelquefois. C'est l'hygiène de l'âme.
Un enfant prodige est un enfant dont les parents ont beaucoup d'imagination.
Ceux qui ne font pas les choses les racontent. Ceux qui les font se taisent.
Car la jeunesse sait ce qu'elle ne veut pas avant de savoir ce qu'elle veut.
La France a toujours cru que l'égalité consistait à trancher ce qui dépasse.
Les mauvaises moeurs sont la seule chose que les gens prêtent sans réfléchir.
Aimer et être aimé, voilà l'idéal. Pourvu qu'il s'agisse de la même personne.
Si le feu brûlait ma maison, qu'emporterais-je ? J'aimerais emporter le feu...
Plus je vieillis, plus je vois que ce qui ne s'évanouit pas, ce sont les rêves.
Un chef-d'oeuvre de la littérature n'est jamais qu'un dictionnaire en désordre.
Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images.
Pénélope était la dernière épreuve qu'Ulysse eut à subir à la fin de son voyage.
Les poètes parlent une seule langue, même s'ils ne se comprennent pas entre eux.
Pour que les dieux s'amusent beaucoup, il importe que leur victime tombe de haut.
Si je préfère les chats aux chiens, c'est parce qu'il n'y a pas de chat policier.
J'ai l'orgueil des vices qu'on me prête ; je suis moins fier des vices que j'ai !
Toute supériorité dérange une époque où chacun se hausse en abaissant les autres.
Un éditeur qui entre dans son bureau préfère y trouver un cambrioleur qu'un poète.
Une mise en scène est un suicide. Son rôle se borne à réveiller quelques dormeurs.
Un artiste original ne peut pas copier. Il n'a donc qu'à copier pour être original.
Le drame des poètes, c'est qu'ils doivent vivre au-dessus des moyens de leur époque.
La vie est trop grave, trop mystérieuse, trop courte, pour admettre les malentendus.
L'harmonie, c'est la conciliation des contraires, et pas l'écrasement des différences.
J'ai la peau de l'âme trop sensible. Il faudrait apprendre à son âme à marcher pieds nus.
Le chef d'oeuvre n'est, après tout, qu'un numéro de chien savant sur une terre peu solide.
Moins une oeuvre est comprise, moins vite elle ouvre ses pétales et moins vite elle se fane.
Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas.
Se contredire, Georges. Quel luxe ! C'est mon luxe. C'est mon désordre à moi. Laisse-le-moi.
L'avenir n'appartient à personne. Il n'y a pas de précurseurs, il n'y a que des retardataires.
'L'invisibilité me semble être la condition de l'élégance. L'élégance cesse si on la remarque.'
La Côte d'Azur est la serre où poussent les racines. Paris est la boutique où on vend les fleurs.
L'avenir n'appartient à personne. Il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.
Les miroirs réfléchissent trop. Ils renversent prétentieusement les images et se croient profonds.
Plus on est avide, plus il est indispensable de reculer coûte que coûte les bornes du merveilleux.
Combien d'hommes profondément distraits pénétrèrent dans des trompe-l'oeil et ne sont pas revenus.
Je ne suis ni dessinateur ni peintre ; mes dessins sont de l'écriture dénouée et renouée autrement.
Les premières places ne sont pas intéressantes, celles qui m'intéressent, ce sont les places à part.
Tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort.
Il y a trente-cinq ans qu'on me répète à propos de tout : vous verrez... vous verrez. Je n'ai rien vu.
Il est triste de jouer à cache-cache dans ce monde où l'on devrait se serrer les uns contre les autres.
Ne ressembler à rien. Ne ressembler à personne. Il n'existe pas d'éloge qui puisse me toucher davantage.
Rien n'est plus long à voyager que l'âme est c'est lentement, s'il se déplace, qu'elle rejoint le corps.
On ferme avec douceur les yeux des morts. C'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants.
On ferme les yeux des morts avec douceur ; c'est aussi avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants.
Le bonheur d'un ami nous enchante. Il nous ajoute. Il n'ôte rien. Si l'amitié s'en offense, elle n'est pas.
SOLANGE : Je vous croyais amoureuse de Pascal. MARGOT : On n'est pas amoureuse de Pascal. On aime Pascal...
Notre pire souffrance n'est-elle pas de ne pouvoir imaginer l'endroit où ceux que nous aimons nous évitent ?
Beaucoup d'hommes naissent aveugles et ils ne s'en aperçoivent que le jour où une bonne vérité leur crève les yeux.
Le sommeil n'est pas à nos ordres. C'est un poisson aveugle qui monte des profondeurs, un oiseau qui s'abat sur nous.
Celui qui s'imagine avoir seul la sagesse, l'éloquence, la force, s'expose au ridicule. L'intelligence permet de se contredire.
Le temps est élastique. Avec un peu d'adresse on peut avoir l'air d'être toujours dans un endroit et être toujours dans un autre.
Aucune mère n'est le camarade de son fils. Le fils devine vite l'espion derrière le camarade et la femme jalouse derrière l'espion.
Le véritable symbole n'est jamais prévu. Il se dégage tout seul, pour peu que le bizarre, l'irréel, n'entrent pas en ligne de compte.
La grande tactique des femmes est de faire croire qu'elles aiment quand elles n'aiment pas, et lorsqu'elles aiment, de le dissimuler.
On croit que le style est une façon compliquée de dire des choses simples, alors que c'est une façon simple de dire des choses compliquées.
J'ai, messieurs, grande crainte des personnes qui ne savent pas rire. J'ai toujours aimé ces fous rires, qui montrent l'âme grande ouverte.
Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel.
Ce que nous prenons pour la paix n'est qu'un armistice entre les conflits : la planète grouille, saigne, et ne saurait vivre sans cette violence.
Le rêve est la forme sous laquelle toute créature vivante possède le droit au génie, à ses imaginations bizarres, à ses magnifiques extravagances.
Nos fées nous entourent et nous aiment. On peut bien ouvrir et lire nos lettres. On n'y trouvera que des exemples de droiture et le dégoût des combines.
C'est dans les prisons que l'idée de liberté prend le plus de force et peut-être ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s'enfermer dehors.
Le verbe aimer est le plus compliqué de la langue. Son passé n'est jamais Simple. Son présent n'est qu'imparfait et son futur est toujours conditionnel.
Ce qui caractérise notre époque, c'est la crainte d'avoir l'air bête en décernant une louange, et la certitude d'avoir l'air intelligent en décernant un blâme.
Ce que le lecteur veut, c'est se lire. En lisant ce qu'il approuve, il pense qu'il pourrait l'avoir écrit. Il peut même en vouloir au livre de prendre sa place.
La poésie est la plus haute expression permise à l'homme. Il est normal qu'elle ne trouve plus aucune créance dans un monde qui ne s'intéresse qu'aux racontars.
L'homme fat trouve toujours un dernier refuge dans la responsabilité. Ainsi, par exemple, prolonge-t-il une guerre après que le phénomène qui la décide a pris fin.
L'horreur d'un accident qu'on découvre sur sa route provient de ce qu'il est de la vitesse immobile, un cri changé en silence (et non pas du silence après un cri).
Le poète est exact. La poésie est exactitude. Depuis Baudelaire, le public a, peu à peu, compris que la poésie était un des moyens les plus insolents de dire la vérité.
Il fait beau croire aux prodiges lorsque les prodiges nous arrangent et lorsque les prodiges nous dérangent, il fait beau ne plus y croire et que c'est un artifice du devin.