Cette année marque le 5ᵉ anniversaire de sa disparition.
Jean-Claude Carrière, scénariste français renommé, a marqué le cinéma par ses collaborations avec des réalisateurs comme Luis Buñuel et Pierre Étaix, adaptant des œuvres littéraires majeures et signant des scénarios primés aux Oscars et aux Césars.
Né en 1931 dans une famille de viticulteurs dans l'Hérault, Jean-Claude Carrière étudie la littérature et l'histoire à l'École normale supérieure de Saint-Cloud. Il publie son premier roman, Lézard, en 1957 et abandonne une carrière d'historien pour l'écriture et le dessin. Il entre dans le cinéma via Jacques Tati, puis collabore avec Pierre Étaix sur des courts métrages comme Heureux Anniversaire, récompensé aux Oscars en 1963. De 1964 à 1983, il travaille avec Luis Buñuel sur des films tels que Le Journal d'une femme de chambre, Belle de jour et Le Charme discret de la bourgeoisie. Il signe des scénarios pour Jacques Deray, avec La Piscine en 1969, et Milos Forman, comme Valmont en 1989. En 1983, il remporte le César du meilleur scénario pour Le Retour de Martin Guerre. Il adapte Cyrano de Bergerac en 1990 et Le Tambour en 1979, primé à Cannes. Cofondateur de La Fémis en 1986, il en est président jusqu'en 1996 et enseigne l'écriture scénaristique. Dramaturge, il écrit des pièces comme L'Aide-mémoire en 1968 et collabore avec Peter Brook sur Le Mahabharata. Auteur de nombreux essais et romans, il publie plus de 80 ouvrages jusqu'à sa mort en 2021.
1957 : Publication du premier roman Lézard.
1962 : Cosigne Heureux Anniversaire avec Pierre Étaix, Oscar du meilleur court métrage.
1964 : Début de la collaboration avec Luis Buñuel sur Le Journal d'une femme de chambre.
1967 : Scénario de Belle de jour pour Buñuel.
1969 : Scénario de La Piscine pour Jacques Deray.
1972 : Scénario de Le Charme discret de la bourgeoisie, Oscar du meilleur film étranger.
1979 : Scénario de Le Tambour, Palme d'or à Cannes.
1983 : Scénario de Le Retour de Martin Guerre, César du meilleur scénario.
1986 : Cofonde La Fémis et en devient président.
1989 : Adaptation de Valmont pour Milos Forman et de Cyrano de Bergerac pour Jean-Paul Rappeneau.
1990 : Collaboration avec Peter Brook sur Le Mahabharata.
1992 : Publication de La Controverse de Valladolid.
2003 : Publication de Le Cercle des menteurs.
2014 : Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
2020 : Scénario de Le Sel des larmes pour Philippe Garrel.
Jean-Claude Carrière se marie trois fois. D'abord avec la comédienne Augusta Bouy, avec qui il a une fille, Iris. Puis avec Nicole Janin, originaire du Gard, décédée en 2002, et enfin avec l'écrivaine iranienne Nahal Tajadod, avec qui il a une seconde fille, Kiara, née en 2003. Père à 71 ans, il décrit la naissance de Kiara comme un moment émouvant où il assiste à l'accouchement et donne le bain à sa fille. Il réside principalement à Paris, au pied de Montmartre, dans un hôtel particulier ancien cercle de jeu à Pigalle, où il collectionne livres rares, masques et objets d'art. Attaché à ses racines, il passe ses étés à Colombières-sur-Orb, conservant la maison familiale. Passionné par les religions, l'Inde et l'astrophysique, il engage des dialogues interculturels, comme avec Umberto Eco sur les livres. Engagé dans l'éducation cinématographique, il fonde et dirige La Fémis pendant dix ans, enseignant l'écriture. Il soutient des festivals comme le Printemps des Comédiens à Montpellier et participe à des conférences sur la cosmologie et l'histoire.
1- Né dans une ferme sans eau courante ni livres, il parle occitan jusqu'à 13 ans et découvre la lecture grâce à l'école de la IIIe République.
2- À l'adolescence, il est un élève brillant mais dissipé, entrant à l'École normale supérieure de Saint-Cloud.
3- Il écrit des romans d'épouvante pour Fleuve noir dans les années 1950, comme La Tour de Frankenstein.
4- Luis Buñuel l'appelle son "indispensable complice" pour leurs 19 ans de collaboration sur six films.
5- À 71 ans, il devient père de Kiara et assiste à sa naissance, la sortant du ventre de sa mère.
6- Il vit dans un ancien bordel à Pigalle, où Toulouse-Lautrec avait son atelier, collectionnant des objets érotiques anciens.
Jean-Claude Carrière décède le 8 février 2021 à Paris, à l'âge de 89 ans, paisiblement dans son sommeil à son domicile.
• Métier(s) : Scénariste, écrivain, dramaturge, parolier, metteur en scène, acteur
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Marié à Augusta Bouy (premier mariage), Nicole Janin (décédée en 2002), Nahal Tajadod (depuis les années 1990)
• Enfants : Iris (année inconnue), Kiara (2003)
• Distinctions : Oscar du meilleur court métrage 1963 pour Heureux Anniversaire, César du meilleur scénario 1983 pour Le Retour de Martin Guerre, Oscar d'honneur 2014, Molière de l'adaptateur 1991 pour La Tempête
La terreur est humaine.
La connaissance est constamment en marche.
Le rêve est la vraie victoire sur le temps.
Rien ne disparaît plus vite que la nouveauté.
La perversité commence là où s'achève le plaisir.
Le hasard fait bien les choses. Quand il les fait.
L'auteur est condamné au succès ou à un deuxième métier.
Le recit est un chemin qu'il faut suivre pour se perdre.
On peut commencer n'importe où, même par le commencement.
Les grands esprits se rencontrent, mais les petits aussi.
Satan lui aussi est partout. Et il est d'abord en nous-même.
Un humaniste, c'est quelqu'un qui n'aime pas vraiment les animaux.
L'avenir est une tradition. Combien de temps se maintiendra-t-elle ?
Un foetus est le scénario d'un homme. Qui en est le metteur en scène ?
Il faut savoir joindre l'agréable à l'agréable et se contenter de beaucoup.
Le pain des pauvres, c'est leur vie. Celui qui les en prive est un meurtrier.
Dire qu'un paradoxe contient toujours une vérité n'est même plus un paradoxe.
Pour certains, la culture est une boucle d'oreille. Pour d'autres, c'est une oreille.
Une société sans pensée utopique est inconcevable. Utopie au sens de désir d'un mieux.
Un enfant disait, pour parler du temps d'avant sa naissance : "Quand j'étais encore mort."
C'est une entreprise bien difficile que de faire rire les honnêtes gens. Et les autres donc !
L'histoire ne nous a jamais donné que de fausses leçons. L'histoire est un tissu de mensonges.
Quand on cherche à savoir, c'est pour un certain temps. Quand on décide de ne pas savoir, c'est pour toujours.
Les grammairiens avaient tellement découpé le temps qu'ils avaient mis un futur antérieur, un passé dans le futur.
Nous devons préserver notre fragilité parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne.
L'autarcie culturelle et raciale est une marche à la mort. Elle est tout aussi irréalisable que son contraire, une culture mondiale uniforme.
Nous n'avons en aucune manière le monopole de la pensée. Il existe, un peu partout en Occident, un racisme de l'intellect dont nous devons nous méfier.
Si vous me posez la question : " Qu'est-ce que c'est l'autre? " , je n'ai pas de réponse, parce que l'autre, il est autre et il est en même temps moi-même.
On a connu des hommes qui ont fait de hautes études, qui ont eu de très belles situations, qui ont gagné beaucoup d'argent et qui ont tout de même réussi leur vie.
Le temps, c'est un peu comme le vent. Le vent, on ne le voit pas : on voit les branches qu'il remue, la poussière qu'il soulève. Mais le vent lui-même, personne ne l'a vu.
La terreur est humaine.
La connaissance est constamment en marche.
Le rêve est la vraie victoire sur le temps.
Rien ne disparaît plus vite que la nouveauté.
La perversité commence là où s'achève le plaisir.
Le hasard fait bien les choses. Quand il les fait.
L'auteur est condamné au succès ou à un deuxième métier.
Le recit est un chemin qu'il faut suivre pour se perdre.
On peut commencer n'importe où, même par le commencement.
Les grands esprits se rencontrent, mais les petits aussi.
Satan lui aussi est partout. Et il est d'abord en nous-même.
Un humaniste, c'est quelqu'un qui n'aime pas vraiment les animaux.
L'avenir est une tradition. Combien de temps se maintiendra-t-elle ?
Un foetus est le scénario d'un homme. Qui en est le metteur en scène ?
Il faut savoir joindre l'agréable à l'agréable et se contenter de beaucoup.
Le pain des pauvres, c'est leur vie. Celui qui les en prive est un meurtrier.
Dire qu'un paradoxe contient toujours une vérité n'est même plus un paradoxe.
Pour certains, la culture est une boucle d'oreille. Pour d'autres, c'est une oreille.
Une société sans pensée utopique est inconcevable. Utopie au sens de désir d'un mieux.
Un enfant disait, pour parler du temps d'avant sa naissance : "Quand j'étais encore mort."
C'est une entreprise bien difficile que de faire rire les honnêtes gens. Et les autres donc !
L'histoire ne nous a jamais donné que de fausses leçons. L'histoire est un tissu de mensonges.
Quand on cherche à savoir, c'est pour un certain temps. Quand on décide de ne pas savoir, c'est pour toujours.
Les grammairiens avaient tellement découpé le temps qu'ils avaient mis un futur antérieur, un passé dans le futur.
Nous devons préserver notre fragilité parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne.
L'autarcie culturelle et raciale est une marche à la mort. Elle est tout aussi irréalisable que son contraire, une culture mondiale uniforme.
Nous n'avons en aucune manière le monopole de la pensée. Il existe, un peu partout en Occident, un racisme de l'intellect dont nous devons nous méfier.
Si vous me posez la question : " Qu'est-ce que c'est l'autre? " , je n'ai pas de réponse, parce que l'autre, il est autre et il est en même temps moi-même.
On a connu des hommes qui ont fait de hautes études, qui ont eu de très belles situations, qui ont gagné beaucoup d'argent et qui ont tout de même réussi leur vie.
Le temps, c'est un peu comme le vent. Le vent, on ne le voit pas : on voit les branches qu'il remue, la poussière qu'il soulève. Mais le vent lui-même, personne ne l'a vu.