Jean Benguigui, acteur français né le 8 avril 1944 à Oran (Algérie), est l'un des seconds rôles les plus présents du cinéma et du théâtre français depuis plus de cinquante ans, reconnaissable à son physique bonhomme et à sa palette allant du drame à la comédie populaire.
Jean David Benguigui naît dans une famille juive pied-noir à Oran, en Algérie française. À 14 ans, assistant à une représentation du Tartuffe au théâtre de sa ville natale, il découvre sa vocation. En 1962, à l'indépendance de l'Algérie, il quitte Oran seul — ses parents et une sœur restant sur place — pour s'installer dans un pensionnat à Toulouse. L'année suivante, il monte à Paris et intègre le groupe de théâtre universitaire du lycée Louis-le-Grand, où il rejoint la troupe du jeune Patrice Chéreau, alors âgé de 19 ans. Sous la direction de Chéreau, il se forme pendant près d'une décennie sur des scènes exigeantes, jouant notamment à Sartrouville, à Chaillot et au Festival d'Avignon. Cette collaboration, qui dure jusqu'aux premières années 1970, lui fournit les bases techniques qui structurent durablement son jeu d'acteur. C'est également à Paris qu'il fréquente les mêmes cercles que son ami d'enfance Pierre Benichou, journaliste et chroniqueur, qu'il avait déjà côtoyé dans les établissements scolaires d'Oran.
Sa carrière cinématographique débute discrètement en 1968 avec une figuration dans Le Pacha de Georges Lautner, avant un premier rôle notable en 1972 dans Les Camisards de René Allio. Tout au long des années 1970, il alterne drames historiques et œuvres engagées : La Question de Laurent Heynemann (1977), sur la guerre d'Algérie, puis La Dérobade de Daniel Duval (1979), dans lequel il incarne un personnage de souteneur. La même année, Buffet froid de Bertrand Blier marque son premier pas dans la comédie. Le tournant décisif survient en 1982 avec Le Grand Pardon d'Alexandre Arcady, qui inaugure une collaboration fidèle : les deux hommes se retrouvent pour Le Grand Carnaval (1983), Le Grand Pardon II (1992) et Mariage mixte (2004). Dans les années 1980 et 1990, Benguigui s'impose dans des comédies populaires aux côtés de Francis Veber (Les Fugitifs, 1986), Claude Zidi (Ripoux contre ripoux, 1989) et Josiane Balasko (Ma vie est un enfer, 1991). En 1990, il double Joe Pesci dans la version française des Affranchis de Martin Scorsese, prestation restée dans les mémoires. Passé la cinquantaine, il élargit encore sa présence avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), Nos jours heureux d'Éric Toledano et Olivier Nakache (2006) et Le Petit Blond de la Casbah (2023).
1972 : Les Camisards (René Allio)
1977 : La Question (Laurent Heynemann)
1979 : La Dérobade (Daniel Duval)
1979 : Buffet froid (Bertrand Blier)
1982 : Le Grand Pardon (Alexandre Arcady)
1983 : L'Africain (Philippe de Broca)
1986 : Les Fugitifs (Francis Veber)
1989 : Ripoux contre ripoux (Claude Zidi)
1990 : Imogène (série télévisée, rôle principal)
1991 : Ma vie est un enfer (Josiane Balasko)
1991 : La Belle Histoire (Claude Lelouch)
1997 : Rien ne va plus (Claude Chabrol)
2002 : Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (Alain Chabat)
2006 : Nos jours heureux (Éric Toledano et Olivier Nakache)
2010 : Fatal (Michael Youn)
2014 : Un parfum d'orange amère (livre, Éditions Fayard, avec Marjorie Philibert)
2018 : Une intime conviction (Antoine Raimbault)
2023 : Le Petit Blond de la Casbah (Alexandre Arcady)
2024 : Visites à Mister Green (théâtre, Jeff Baron, Théâtre de Passy)
1944 : Naissance le 8 avril à Oran (Algérie française).
1958 : Découverte du théâtre à 14 ans en assistant au Tartuffe à Oran.
1962 : Quitte l'Algérie à 18 ans à l'indépendance ; s'installe à Toulouse.
1963 : Monte à Paris, rejoint la troupe de théâtre universitaire de Patrice Chéreau au lycée Louis-le-Grand.
1968 : Première apparition à l'écran dans Le Pacha de Georges Lautner (figuration).
1972 : Premier rôle notable au cinéma dans Les Camisards de René Allio.
1979 : Double rupture de registre avec La Dérobade (drame) et Buffet froid (comédie noire) de Bertrand Blier.
1982 : Rencontre déterminante avec Alexandre Arcady sur Le Grand Pardon.
1986 : Nommé Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.
1990 : Double notoriété : rôle principal dans la série Imogène et doublage de Joe Pesci dans Les Affranchis.
2002 : Participe à Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, l'un des plus grands succès du cinéma français.
2006 : Intègre l'équipe de Laurent Ruquier dans On va s'gêner sur RTL.
2010 : Devient juré permanent de l'émission On n'demande qu'à en rire sur France 2.
2014 : Publication de son livre de souvenirs Un parfum d'orange amère aux Éditions Fayard.
2023 : Retrouve Alexandre Arcady pour Le Petit Blond de la Casbah.
2024 : Tête d'affiche de Visites à Mister Green au Théâtre de Passy (septembre 2024 – mars 2025).
Jean Benguigui est le fils de Paul Benguigui et de Nelly Abécassis (1918-2007), tous deux juifs originaires d'Algérie. Il grandit à Oran où il fréquente les mêmes établissements scolaires que Pierre Benichou, journaliste et chroniqueur. En 1962, il quitte l'Algérie sans ses parents, restés sur place avec une de ses sœurs. Sa vie privée est peu documentée dans les sources accessibles : seul son fils, le chanteur Antoine Léonpaul, est mentionné dans plusieurs sources primaires. Ses éventuelles unions conjugales n'ont pas été rendues publiques de manière documentée. Il réside à Paris.
Sur le plan des engagements publics, Jean Benguigui soutient Lionel Jospin lors de la campagne présidentielle de 2002, François Hollande en 2012, puis Emmanuel Macron au second tour de 2017. Sa fidélité professionnelle s'incarne dans une relation de plus de vingt ans avec le réalisateur Alexandre Arcady et une présence récurrente dans les émissions de Laurent Ruquier, à la radio comme à la télévision. Depuis 2010, il participe régulièrement aux Grosses Têtes sur RTL. Il est connu pour son autodérision sur sa petite taille, dont il est le premier à plaisanter avec ses collègues.
1 - En 1963, la troupe de théâtre universitaire fondée avec Patrice Chéreau au lycée Louis-le-Grand ne s'est pas dissoute après la fin des études : selon une déclaration de Benguigui dans la revue Première (octobre 1984), le groupe a choisi de rester soudé sous la direction de Chéreau, qui était, dit-il, "très autoritaire et savait où aller". La collaboration a duré jusqu'aux années 1970.
2 - Jean Benguigui double Joe Pesci dans la version française des Affranchis (1990), mais sa voix n'est pas celle de Pesci dans L'Arme fatale ni dans Casino : ces rôles ont été doublés par d'autres comédiens, Roger Crouzet et Michel Mella, une confusion fréquente que plusieurs sources cinéphiles ont pris soin de rectifier.
3 - À l'occasion de son passage en juré dans On n'demande qu'à en rire en 2011, il reçoit un "Gérard de la télévision" dans la catégorie parodique du "membre d'un jury de tocards", distinction dont il s'est amusé publiquement.
4 - En 2014, il publie un ouvrage de souvenirs intitulé Un parfum d'orange amère aux Éditions Fayard, coécrit avec Marjorie Philibert, dans lequel il revient sur son enfance oranaise et son arrivée en métropole — un titre en référence aux vergers de son Algérie natale.
5 - En octobre 2025, une fausse rumeur de décès lancée sur Twitter a provoqué un emballement médiatique international, reprise par plusieurs radios avant qu'un communiqué de son entourage ne démente formellement l'information le soir même.
- Métier(s) : Acteur (cinéma, télévision, théâtre), doubleur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : non documentées dans les sources consultées
- Enfants : Antoine Léonpaul (chanteur)
- Distinctions : Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres (1986)