L'élégance distinguée et le ton pince-sans-rire de Jacques François ont marqué le cinéma français de seconds rôles. Acteur né à Paris en 1920 et mort dans la même ville en 2003, il a incarné magistrats, ministres et grands bourgeois dans plus de quatre-vingt-dix films, après une carrière théâtrale dense.
Henri Jacques Daniel Paul François suit à Paris les cours de Charles Dullin, René Simon, Marcel Herrand et Raymond Rouleau. Il débute au théâtre en 1941 dans La Ligne d'horizon de Serge Roux aux côtés d'Elvire Popesco, puis fait ses premiers pas au cinéma en 1942 sous la direction de Jean Dréville dans Les Affaires sont les affaires, partageant l'affiche avec Charles Vanel. En 1946, il crée la pièce Les Incendiaires de Maurice Clavel aux côtés de Pierre Fresnay au Théâtre des Noctambules, et interprète le comte d'Artois dans L'Affaire du collier de la reine de Marcel L'Herbier. Parfaitement bilingue, il signe à Hollywood en 1947 avec la Metro-Goldwyn-Mayer. Annoncé en 1948 pour le rôle principal de Lettre d'une inconnue, il est finalement remplacé par Louis Jourdan. Seule son apparition dans Entrons dans la danse de Charles Walters, aux côtés de Fred Astaire et Ginger Rogers, témoigne de son passage à la MGM.
De retour en France, il tourne pour Jacques Becker dans Édouard et Caroline (1951), pour Sacha Guitry dans Si Versailles m'était conté (1954) et pour René Clair dans Les Grandes Manœuvres (1955) aux côtés de Gérard Philipe. Délaissé par la Nouvelle Vague, il se consacre durant une quinzaine d'années au théâtre, dirigé par les meilleurs metteurs en scène et particulièrement attaché au répertoire de Jean Anouilh. Il revient au premier plan au début des années 1970 dans L'Attentat d'Yves Boisset puis Chacal de Fred Zinnemann (1973). La troupe du Splendid l'engage pour Le Père Noël est une ordure (1982) de Jean-Marie Poiré, suivi de Papy fait de la résistance (1983), Twist again à Moscou (1986), L'Opération Corned Beef (1991) et Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 (1998). Bertrand Blier le dirige dans Mon homme (1996) puis Les Acteurs (2000).
1920 : naissance le 16 mai dans le 16e arrondissement de Paris
1939 : engagement dans la Marine nationale au début de la Seconde Guerre mondiale
1941 : débuts au théâtre dans La Ligne d'horizon aux côtés d'Elvire Popesco
1942 : premier film, Les Affaires sont les affaires de Jean Dréville
1945 : capitaine de la 1re armée du général de Lattre, escorte le général Weygand libéré du château d'Itter
1949 : tournage d'Entrons dans la danse à la MGM avec Fred Astaire et Ginger Rogers
1955 : Les Grandes Manœuvres de René Clair aux côtés de Gérard Philipe
1966 : mariage le 10 mars avec la comédienne Madeleine Delavaivre
1967 : naissance de son fils Cyril
1973 : Chacal de Fred Zinnemann
1982 : Le Père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré
1992 : parution de son autobiographie Rappels aux éditions Ramsay
1996 : promotion au grade d'officier de la Légion d'honneur (décret du 12 juillet)
1998 : Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 de Jean-Marie Poiré
2003 : mort le 25 novembre à Paris à l'âge de 83 ans
Henri Jacques Daniel Paul François naît dans une famille très aisée du 16e arrondissement de Paris. Son père, Paul François, est avocat ; sa mère est américaine, ce qui vaut au jeune homme un bilinguisme parfait dès l'enfance. Il évoque une jeunesse affectivement difficile, marquée par la mésentente parentale. Élève des cours Charles Dullin, René Simon et Raymond Rouleau, il travaille aussi avec Marcel Herrand aux Mathurins. Engagé comme assistant dans le cabinet d'avocats de son père, il quitte le domicile familial le jour de ses 21 ans pour se consacrer au théâtre. Le 10 mars 1966, il épouse la comédienne Madeleine Delavaivre, rencontrée lors d'une tournée mondiale du Misanthrope où il joue Alceste et elle Célimène. Le couple a un fils, Cyril, né en 1967.
Engagé dans la Marine nationale en 1939, démobilisé après la défaite de juin 1940, il redevient militaire à l'été 1944 comme capitaine de la 1re armée du général de Lattre. Officier de liaison, il escorte le général Weygand lors de sa libération du château d'Itter dans le Tyrol en mai 1945. Cette participation lui vaut la Croix de guerre 1939-1945. Il est promu officier de la Légion d'honneur par décret du 12 juillet 1996 et officier des Arts et des Lettres. Très attaché au théâtre, il met en scène plusieurs spectacles de l'émission Au théâtre ce soir au Théâtre Marigny et collabore avec Jean Anouilh, Françoise Sagan, Félicien Marceau ou Graham Greene.
Jacques François meurt le 25 novembre 2003 dans le 18e arrondissement de Paris, à l'âge de 83 ans. Les sources biographiques l'attribuent aux problèmes pulmonaires et respiratoires consécutifs à la canicule de l'été 2003 ; il souffrait depuis plusieurs semaines de troubles respiratoires avant son hospitalisation. La presse française et belge couvre largement sa disparition, saluant l'un des seconds rôles les plus reconnaissables du cinéma français. Le quotidien La Libre Belgique rappelle alors sa filiation avec des figures comme Bernard Blier ou Robert Dalban dans l'art du second rôle. Sa veuve Madeleine Delavaivre et son fils Cyril organisent ses obsèques dans la stricte intimité familiale.
Jacques François est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Ses cendres sont récupérées par la famille et ne font pas l'objet d'une sépulture publique consultable. Son autobiographie Rappels, parue en 1992 chez Ramsay puis rééditée en 2004, constitue le principal témoignage écrit qu'il a laissé sur sa carrière.
1 - Pendant son séjour à Hollywood, Marlene Dietrich le confond avec Gérard Philipe lors d'un dîner ; il sert également de cavalier à Hedy Lamarr, actrice de six ans son aînée, lors de soirées mondaines californiennes.
2 - Excédé par l'inactivité que lui imposait la MGM, il monte un jour directement au bureau du directeur après avoir bousculé la secrétaire, et découvre alors que son contrat avait été cédé à Universal sans qu'on l'en informe.
3 - Sur le tournage du Père Noël est une ordure, la production ne pouvant lui verser son cachet habituel, il accepte d'interpréter gratuitement le pharmacien Poinsot plutôt que de toucher le cachet dérisoire proposé.
4 - Adolescent invité en 1936 dans une villa au bord d'un lac slovène, il sympathise avec un garçon plus jeune qui se révèle être Pierre II de Yougoslavie, futur roi orphelin de Yougoslavie.
5 - Parfaitement bilingue, il sert d'interprète à Alec Guinness lors d'une émission Apostrophes, et prête sa voix française à Laurence Olivier dans Le Choc des Titans ainsi qu'à Philip Stone dans Shining de Stanley Kubrick.
6 - En 1957, lors du Gala de l'Union des Artistes, il présente avec la comédienne Gaby Sylvia un numéro de trapèze volant.
- Métier(s) : acteur de théâtre et de cinéma, comédien de télévision, comédien de doublage, metteur en scène
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : mariage le 10 mars 1966 avec la comédienne Madeleine Delavaivre, jusqu'à son décès en 2003
- Enfants : un fils, Cyril, né en 1967
- Distinctions : officier de la Légion d'honneur (1996), officier des Arts et des Lettres, Croix de guerre 1939-1945
« Même le pire des imbéciles, je le joue comme du Racine ou du Corneille ! »
— Cité par La Dernière Heure, 26 novembre 2003
« Le roi Pierre était longiligne, timide et mélancolique. Nous étions faits pour nous entendre. »
— Autobiographie Rappels, éditions Ramsay, 1992
« Le cinéma est pour moi purement alimentaire. Il faut bien bouffer. Sur 70 films, il y en a peut-être deux qui m'ont marqué. »
— Cité par La Dernière Heure, 26 novembre 2003
« J'ai vécu une enfance pénible. Pas matériellement, non. Mais affectivement. Mes parents se haïssaient. Ils déversaient leur rancœur sur moi. Mon père, avocat de renom, était terriblement autoritaire. »
— Autobiographie Rappels, éditions Ramsay, 1992
L'emploi de favori n'est pas inamovible.
Oui ; mieux que la raison l'estomac nous dirige.
Quoique l'ambition soit un vice, elle est pourtant la mère et la cause de toutes les vertus.
« Même le pire des imbéciles, je le joue comme du Racine ou du Corneille ! »
— Cité par La Dernière Heure, 26 novembre 2003
« Le roi Pierre était longiligne, timide et mélancolique. Nous étions faits pour nous entendre. »
— Autobiographie Rappels, éditions Ramsay, 1992
« Le cinéma est pour moi purement alimentaire. Il faut bien bouffer. Sur 70 films, il y en a peut-être deux qui m'ont marqué. »
— Cité par La Dernière Heure, 26 novembre 2003
« J'ai vécu une enfance pénible. Pas matériellement, non. Mais affectivement. Mes parents se haïssaient. Ils déversaient leur rancœur sur moi. Mon père, avocat de renom, était terriblement autoritaire. »
— Autobiographie Rappels, éditions Ramsay, 1992
L'emploi de favori n'est pas inamovible.
Oui ; mieux que la raison l'estomac nous dirige.
Quoique l'ambition soit un vice, elle est pourtant la mère et la cause de toutes les vertus.