Biographie

Pionnière de la danse moderne, Isadora Duncan est une danseuse et chorégraphe américaine née à San Francisco en 1877 et morte à Nice en 1927. Affranchie du ballet classique, elle danse pieds nus en tunique grecque et fonde plusieurs écoles à Berlin, Paris et Moscou.


Parcours

Angela Isadora Duncan naît à San Francisco le 27 mai 1877, benjamine d'une famille d'artistes désargentée installée à Oakland après le divorce de ses parents. Avec sa sœur Elizabeth Duncan, elle donne dès l'âge de douze ans des cours de valse et de polka aux enfants du quartier. En 1895, elle rejoint à New York la compagnie théâtrale d'Augustin Daly, expérience qui la déçoit profondément. En 1899, elle s'embarque pour Londres, où l'écrivain et anthropologue Andrew Lang lui transmet sa passion de l'Antiquité grecque. À Paris en 1900, elle rencontre Auguste Rodin dans son atelier puis sa compatriote Loïe Fuller, qui l'intègre à sa compagnie en 1902 et l'aide à se faire remarquer dans les salons artistiques de Berlin, Munich et Vienne. En 1903, elle publie à Leipzig son manifeste La Danse du futur, dans lequel elle théorise une danse libérée des codes académiques.

De retour à Paris, elle s'installe à l'hôtel Biron rue de Varenne et y ouvre sa première école de danse en 1905, devenant la voisine de Rodin qu'elle qualifie de « son ami et son maître ». En 1909, elle emménage rue Danton, où elle ouvre une académie au premier étage. Le sculpteur Antoine Bourdelle, bouleversé par sa prestation sur Iphigénie en Tauride de Christoph Willibald Gluck à la Gaîté-Lyrique, la prend pour modèle des bas-reliefs du théâtre des Champs-Élysées, achevés en 1913, tandis que Maurice Denis l'évoque dans la fresque des Muses de l'auditorium. Elle danse sur la Septième Symphonie de Ludwig van Beethoven, les Préludes de Frédéric Chopin et des œuvres de Richard Wagner, fondant trois écoles successives à Grunewald, à Bellevue et à Moscou.


Repères chronologiques

1877 : naissance à San Francisco le 27 mai
1895 : entrée dans la compagnie théâtrale d'Augustin Daly à New York
1899 : départ pour l'Europe, installation à Londres
1900 : rencontre avec Auguste Rodin à Paris
1903 : publication du manifeste La Danse du futur à Leipzig
1904 : ouverture de la première école de danse à Grunewald, près de Berlin
1906 : naissance de sa fille Deirdre, père Edward Gordon Craig
1910 : naissance de son fils Patrick, père Paris Singer
1913 : noyade de Deirdre et Patrick dans la Seine, à Neuilly, le 19 avril
1921 : invitation par Anatoli Lounatcharsky à fonder une école à Moscou
1922 : mariage avec le poète Sergueï Essénine, naturalisation soviétique
1923 : tournée aux États-Unis avec Essénine, séparation l'année suivante
1927 : publication de l'autobiographie Ma vie
1927 : mort accidentelle à Nice le 14 septembre


Vie personnelle et engagements

Fille de Joseph Charles Duncan, banquier à la Bank of California ruiné par la faillite de l'établissement, et de Mary Dora Gray, pianiste et professeure de musique, Isadora Duncan grandit à Oakland après le divorce de ses parents en 1879. Anticonformiste, sa mère confie très tôt Isadora et sa sœur Elizabeth à Geneviève Stebbins, ancienne élève du théoricien français François Delsarte. Avec ses frères Augustin Duncan et Raymond Duncan, elle forme un véritable clan familial passionné par les arts. Mère célibataire revendiquée, elle a une fille, Deirdre, née en 1906 du décorateur de théâtre Edward Gordon Craig, et un fils, Patrick, né en 1910 du mécène Paris Singer, héritier de l'empire des machines à coudre Singer.

En 1922, à Moscou, elle épouse le poète Sergueï Essénine, son cadet de dix-huit ans, dans une union brève et tumultueuse. Bisexuelle assumée, elle entretient une longue relation avec la poétesse Mercedes de Acosta et fréquente les cercles de Natalie Clifford Barney à Paris. Elle compte également parmi ses proches l'actrice italienne Eleonora Duse, qui l'accueille à Viareggio après la mort de ses enfants, ainsi que le dessinateur libertaire Jules Grandjouan et le compositeur André Caplet. Engagée auprès du jeune régime soviétique, elle agite une écharpe rouge sur scène lors de sa tournée américaine en 1922-1923 en proclamant son adhésion révolutionnaire.


Contexte du décès

Isadora Duncan meurt le 14 septembre 1927 à Nice, à l'âge de 50 ans. Le soir même, elle dîne au restaurant Henry's plage avec son amie Mary Desti avant de monter dans l'Amilcar GS de son garagiste Benoît Falchetto, qu'elle surnommait « Bugatti ». La longue écharpe de soie peinte dont elle s'entoure le cou se prend dans les rayons de la roue arrière au démarrage, l'éjectant brutalement du véhicule sur la chaussée de la promenade des Anglais. Elle meurt sur le coup, la nuque brisée. Le corps est rapidement transporté à Paris pour incinération. Une cérémonie civile, refusant tout rite religieux conformément à ses convictions, est organisée au crématorium du Père-Lachaise en présence de la danseuse Mary Desti et de proches du milieu artistique parisien.


Lieux de mémoire

Les cendres d'Isadora Duncan reposent au columbarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris, case 6796, auprès de celles de ses enfants Deirdre et Patrick. La mairie de Paris lui a dédié l'allée Isadora-Duncan dans le 15e arrondissement. La ville d'Igny, dans l'Essonne, abrite un centre culturel à son nom, et un cratère de Vénus a été baptisé Duncan en 1985.


Anecdotes

1 - Selon son autobiographie Ma vie, elle rencontre l'aviateur Roland Garros pendant la Première Guerre mondiale lors d'un raid aérien à Paris, dansant pour lui place de la Concorde tandis qu'il l'applaudit assis sur la margelle d'une fontaine.
2 - Le terme « isadorables », forgé en 1909 par l'écrivain Fernand Divoire, désigne les six danseuses adoptées par Isadora Duncan, qui prirent toutes son nom de famille comme nom de scène, dont Irma Duncan et Lisa Duncan.
3 - L'écharpe fatale du 14 septembre 1927 était une soie peinte à la main offerte par son amie Mary Desti, réalisée par l'artiste russe Roman Chatov.
4 - Isadora Duncan affirmait tirer sa première idée de la danse du rythme des vagues de l'océan Pacifique, observées dans son enfance californienne.
5 - Elle se produisit à Vienne, Berlin et Munich en 1905 accompagnée de dix jeunes chanteurs placés sous la direction d'un séminariste byzantin, conformément à sa conception de la danse comme prière.
6 - Naturalisée soviétique en 1922 par son mariage avec Sergueï Essénine, elle cumulait alors trois nationalités : américaine, française et soviétique.


Points clés

- Métier(s) : danseuse, chorégraphe, pédagogue
- Résidence principale : Paris, puis Moscou de 1921 à 1924, puis Nice
- Relations de couple : Edward Gordon Craig, Paris Singer, Sergueï Essénine (époux, 1922)
- Enfants : Deirdre (1906-1913), Patrick (1910-1913), un troisième enfant mort à la naissance en 1914
- Distinctions : portraits gravés par Antoine Bourdelle au théâtre des Champs-Élysées, cratère vénusien baptisé Duncan en 1985


Publicité
Explorer

Autres chorégraphes

Citations

« La danse est le mouvement de l'univers concentré chez un individu. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

« L'art n'est nullement nécessaire. Tout ce qu'il faut pour rendre ce monde plus habitable, c'est l'amour. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

« Il n'y aura pas de véritable amour dans ce monde aussi longtemps qu'on laissera souffrir des petits enfants. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

« Je crois que l'amour le plus élevé est une pure flamme spirituelle qui ne dépend pas nécessairement du sexe du bien-aimé. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928 (cité par Jean-Pierre Pastori, La Danse des vifs, 1977)

« Je suis née sous le signe de Vénus, Vénus qui naquit aussi de la mer, et, quand son étoile monte au ciel, les événements me sont toujours propices. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

L'art n'est nullement nécessaire. Tout ce qu'il faut pour rendre ce monde plus habitable, c'est l'amour.
Il n'y aura pas de véritable amour dans ce monde aussi longtemps qu'on laissera souffrir des petits enfants.
« La danse est le mouvement de l'univers concentré chez un individu. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

« L'art n'est nullement nécessaire. Tout ce qu'il faut pour rendre ce monde plus habitable, c'est l'amour. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

« Il n'y aura pas de véritable amour dans ce monde aussi longtemps qu'on laissera souffrir des petits enfants. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

« Je crois que l'amour le plus élevé est une pure flamme spirituelle qui ne dépend pas nécessairement du sexe du bien-aimé. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928 (cité par Jean-Pierre Pastori, La Danse des vifs, 1977)

« Je suis née sous le signe de Vénus, Vénus qui naquit aussi de la mer, et, quand son étoile monte au ciel, les événements me sont toujours propices. »

— Ma vie, autobiographie, éditions Gallimard, 1928

L'art n'est nullement nécessaire. Tout ce qu'il faut pour rendre ce monde plus habitable, c'est l'amour.
Il n'y aura pas de véritable amour dans ce monde aussi longtemps qu'on laissera souffrir des petits enfants.

Questions autour de Isadora Duncan

Qui était Isadora Duncan ?
Isadora Duncan était une danseuse et chorégraphe américaine née en 1877 à San Francisco, considérée comme l'une des pionnières de la danse moderne. Elle dansait pieds nus en tunique grecque, rejetant les codes du ballet classique.
Comment est morte Isadora Duncan ?
Isadora Duncan est morte le 14 septembre 1927 à Nice. Son long foulard de soie s'est pris dans les rayons de la roue arrière de l'Amilcar GS conduite par son garagiste Benoît Falchetto, lui brisant la nuque sur la promenade des Anglais.
Combien d'enfants a eu Isadora Duncan ?
Isadora Duncan a eu trois enfants. Deirdre, née en 1906 d'Edward Gordon Craig, et Patrick, né en 1910 de Paris Singer, sont morts noyés dans la Seine le 19 avril 1913. Un troisième enfant, conçu en 1914, n'a vécu que quelques heures.
Qui était le mari d'Isadora Duncan ?
Isadora Duncan a épousé en 1922 à Moscou le poète russe Sergueï Essénine, son cadet de dix-huit ans. Ce fut son unique mariage officiel. Ils se séparent en 1924 et Essénine se suicide en décembre 1925.
Où est enterrée Isadora Duncan ?
Les cendres d'Isadora Duncan reposent au columbarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris, case 6796, auprès de celles de ses enfants Deirdre et Patrick.
Quelle est l'œuvre écrite par Isadora Duncan ?
Isadora Duncan a publié en 1903 à Leipzig son manifeste théorique La Danse du futur, et son autobiographie Ma vie est parue en 1927, quelques mois avant sa mort accidentelle à Nice.
Qui est né le même jour que Isadora Duncan ?
Henry Kissinger, Rachel Carson, Christopher Lee, Babette de Rozières et Laurent Stocker sont nés le 27 mai comme Isadora Duncan.
À quel âge est morte Isadora Duncan ?
Isadora Duncan est morte à 50 ans, le 14 septembre 1927.
Qui est mort le même jour que Isadora Duncan ?
Lien copié dans le presse-papier !