Actrice et écrivaine française née le 28 mai 1971 à Paris, Isabelle Carré a obtenu le César de la meilleure actrice en 2003 pour Se souvenir des belles choses et signe en 2025 son premier film de réalisatrice, Les Rêveurs, adapté de son roman autobiographique sur la pédopsychiatrie adolescente.
Élevée dans le 7e arrondissement de Paris auprès de ses deux frères, Isabelle Carré se forme au théâtre à l'American Center, au cours Florent et au Studio Pygmalion avant d'intégrer l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre en 1989. Elle débute au cinéma en 1988 dans Romuald et Juliette de Coline Serreau, puis joue dans La Reine blanche de Jean-Loup Hubert aux côtés de Catherine Deneuve. Son premier grand rôle survient en 1992 dans Beau fixe de Christian Vincent, qui lui vaut une nomination au César du meilleur espoir féminin. Elle enchaîne avec Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau en 1995 et Beaumarchais, l'insolent d'Édouard Molinaro la même année. En 1997, son interprétation dans La Femme défendue de Philippe Harel lui rapporte le prix Romy-Schneider et le prix Gérard Philipe.
La consécration arrive en 2003 avec le César de la meilleure actrice pour Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman, où elle incarne une jeune femme atteinte d'Alzheimer aux côtés de Bernard Campan. Suivent Holy Lola de Bertrand Tavernier, Entre ses mains d'Anne Fontaine avec Benoît Poelvoorde, Cœurs d'Alain Resnais en 2006 et Anna M. de Michel Spinosa en 2007. Dirigée par François Ozon dans Le Refuge en 2010, elle tourne ensuite Les Émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris, Respire de Mélanie Laurent en 2014 puis incarne Yvonne de Gaulle dans De Gaulle de Gabriel Le Bomin en 2020. Elle apparaît aussi dans Délicieux d'Éric Besnard avec Grégory Gadebois en 2021.
1988 : premier rôle au cinéma dans Romuald et Juliette de Coline Serreau
1989 : entrée à l'ENSATT après l'obtention du baccalauréat
1992 : première nomination au César du meilleur espoir féminin pour Beau fixe
1997 : prix Romy-Schneider et prix Gérard Philipe pour La Femme défendue
1999 : Molière de la comédienne pour Mademoiselle Else
2003 : César de la meilleure actrice pour Se souvenir des belles choses
2004 : second Molière de la comédienne pour L'Hiver sous la table
26 août 2006 : mariage avec le producteur Bruno Pésery
11 octobre 2008 : naissance de son fils Antoine
2016 : promotion au grade d'officier de l'ordre des Arts et des Lettres
2018 : publication de son premier roman Les Rêveurs chez Grasset
2020 : sortie de Du côté des Indiens chez Grasset
2022 : publication du Jeu des si chez Grasset
2023 : Molière de la comédienne dans un spectacle public pour La Campagne
12 novembre 2025 : sortie de Les Rêveurs, son premier long métrage en tant que réalisatrice
Isabelle Carré est la fille d'un designer ayant fondé une agence qui a notamment travaillé pour Waterman et Pierre Cardin, et d'une secrétaire de direction issue de l'aristocratie vendéenne, devenue sculptrice. Unique fille d'une fratrie de trois enfants, elle grandit dans le 7e arrondissement de Paris avec ses deux frères, dont l'aîné Benoit Carré, auteur-compositeur et ex-membre de Lilicub. Scolarisée au lycée Victor-Duruy, elle obtient son baccalauréat B en 1989. À quatorze ans, après une tentative de suicide, elle est hospitalisée dans le service psychiatrique de l'hôpital Necker-Enfants malades, où la découverte de Romy Schneider dans Une femme à sa fenêtre de Pierre Granier-Deferre déclenche sa vocation d'actrice.
Compagne de l'acteur Clément Sibony entre 1999 et 2005, elle épouse le 26 août 2006 le producteur de cinéma Bruno Pésery, président d'Arena Films et collaborateur d'Alain Resnais ; le couple, aujourd'hui séparé, a eu trois enfants, dont un fils prénommé Antoine né en octobre 2008. Marraine de La Chaîne de l'Espoir et, depuis mai 2022, de SOS Villages d'Enfants, elle a signé en septembre 2018 la tribune Le Plus Grand Défi de l'histoire de l'humanité avec Juliette Binoche et 198 autres signataires dans Le Monde. Elle alerte régulièrement sur la santé mentale des adolescents et la psychiatrie publique.
1 - Adolescente hospitalisée à Necker, Isabelle Carré a découvert le métier d'actrice en regardant Une femme à sa fenêtre de Pierre Granier-Deferre, séduite par le jeu de Romy Schneider dont elle gardera l'admiration toute sa vie.
2 - Avant de se tourner vers la comédie, elle suivait des cours de danse classique avec l'ambition de devenir danseuse et a posé adolescente pour des magazines comme Jeune et Jolie, OK et Podium afin de subvenir à ses besoins.
3 - Pour intégrer l'ENSATT, elle a choisi une scène de César et Rosalie, hommage direct à Romy Schneider, qui restera sa référence absolue tout au long de sa carrière.
4 - En 2013, elle a chanté en duo avec son frère Benoit Carré, ancien membre de Lilicub, le titre En commun sur l'album Celibatorium, prolongeant ainsi un compagnonnage musical familial discret.
5 - Avant de réaliser Les Rêveurs en 2025, elle avait coécrit le scénario avec Agnès de Sacy et adapté ses propres carnets d'adolescente, conservés depuis son hospitalisation à Necker, pour bâtir la trame du film.
6 - Auteure de trois romans chez Grasset, elle a reçu le Grand prix RTL-Lire 2018 pour Les Rêveurs et un Coup de cœur de l'Académie Charles-Cros 2019 pour sa propre lecture audio du livre aux éditions des femmes-Antoinette Fouque.
- Métier(s) : actrice, écrivaine, réalisatrice
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Clément Sibony (1999-2005), Bruno Pésery (mariage le 26 août 2006, séparés)
- Enfants : trois enfants, dont un fils Antoine né en 2008
- Distinctions : César de la meilleure actrice 2003, trois Molières de la comédienne (1999, 2004, 2023), Molière de la révélation théâtrale 1993, prix Romy-Schneider 1997, officier des Arts et des Lettres
« Le théâtre, c'est retourner à la maison. »
— Franceinfo, Le monde d'Élodie Suigo, 5 octobre 2021
« Faire ce film, c'est aussi tenter de secouer un peu la société. »
— Entretien CNC, 12 novembre 2025
« À 54 ans, il m'a fallu tout ce temps pour m'autoriser ce droit là et sortir de l'image de la petite fille sage qui ne fait pas trop de vague, mais je le fais enfin. »
— Baz'art, novembre 2025
« Je suis une actrice connue que personne ne connaît. Mais je ne cherche à rétablir aucune vérité. Pour rien au monde, je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière un personnage. »
— Libération, 8 janvier 2018
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— Franceinfo, Le monde d'Élodie Suigo, 5 octobre 2021
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« À 54 ans, il m'a fallu tout ce temps pour m'autoriser ce droit là et sortir de l'image de la petite fille sage qui ne fait pas trop de vague, mais je le fais enfin. »
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« Je suis une actrice connue que personne ne connaît. Mais je ne cherche à rétablir aucune vérité. Pour rien au monde, je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière un personnage. »
— Libération, 8 janvier 2018