Hô Chi Minh, né Nguyên Sinh Cung le 19 mai 1890 à Hoàng Trù (province de Nghê An, Vietnam), mort le 2 septembre 1969 à Hanoï, est l'homme d'État fondateur de la République démocratique du Viêt Nam. Figure centrale de l'anticolonialisme asiatique, artisan de la défaite française à Diên Biên Phu en 1954 et dirigeant du Nord-Vietnam pendant la guerre du Viêt Nam, il reste l'une des personnalités politiques les plus marquantes du XXe siècle.
Nguyên Sinh Cung grandit dans la province de Nghê An, foyer traditionnel du nationalisme vietnamien. Son père, Nguyên Sinh Sac, mandarin confucianiste dégradé par l'administration coloniale française, lui transmet très tôt un sentiment d'injustice face à l'occupation étrangère. Le jeune homme effectue ses premières études à Hué, à l'école nationale Quoc Hoc. Le 5 juin 1911, il s'embarque comme aide-cuisinier sur un paquebot et entame une longue errance qui le mène dans les ports européens et africains, puis à Londres entre 1914 et 1919, où il travaille dans des hôtels. Sous le nom de Nguyên Ai Quôc ("Nguyên le patriote"), il arrive à Paris au lendemain de la Première Guerre mondiale. En 1919, il adresse un mémorandum à Woodrow Wilson lors de la Conférence de paix de Versailles, réclamant l'autodétermination pour le Viêt Nam. La demande reste sans réponse. Il adhère à la SFIO, puis, au congrès de Tours du 25 décembre 1920, prend part à la fondation du Parti communiste français en intervenant sur la question coloniale. Formé ensuite par le Komintern à Moscou, il se lie à Marcel Cachin, directeur de L'Humanité.
À Canton en 1924, il travaille comme agent du Komintern et fonde des réseaux révolutionnaires en Asie du Sud-Est. En 1930, avec l'appui de Mao Zedong, il crée le Parti communiste indochinois. Arrêté en 1942 par des nationalistes chinois, il passe dix-huit mois en prison avant d'être libéré en 1943. En 1941, de retour au Viêt Nam après trente ans d'absence, il prend le nom de Hô Chi Minh ("Puits de lumière") et fonde le Viêt Minh, Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam. Il obtient alors une assistance militaire des services de renseignement américains (OSS) en échange d'une collaboration contre les Japonais. Le 2 septembre 1945, sur la place Ba Dinh à Hanoï, il proclame l'indépendance de la République démocratique du Viêt Nam et en devient le premier président. Quand les négociations avec la France échouent en 1946, il conduit la guerre d'Indochine jusqu'à la victoire de Diên Biên Phu le 7 mai 1954. Les accords de Genève du 21 juillet 1954 reconnaissent l'indépendance du pays mais divisent le Viêt Nam au 17e parallèle. Hô Chi Minh dirige dès lors le Nord-Vietnam et soutient la réunification par la force, à travers le Front national de libération du Sud-Viêt Nam (FNL, ou Viêt Cong). Il meurt le 2 septembre 1969, la guerre encore en cours, sans avoir vu la réunification qu'il avait poursuivie toute sa vie. Celle-ci intervient en 1976. En 1975, Saïgon est rebaptisée Hô Chi Minh-Ville en son honneur.
Entre 1953 et 1956, le gouvernement nord-vietnamien conduit une réforme agraire sur le modèle maoïste. Des cadres du Parti sont envoyés dans les campagnes avec des quotas de "propriétaires" et de "féodaux" à sanctionner. La campagne s'accompagne de tribunaux populaires et d'exécutions. Selon Wikipedia et des historiens spécialisés, plus de 13 500 personnes sont exécutées au cours de cette période, d'autres estimations sont nettement plus élevées. Une purge parallèle des cadres du Parti soupçonnés de contre-révolution coûte la vie à de nombreux militants. Face aux excès, Hô Chi Minh reconnaît lui-même publiquement des "erreurs" et condamne les violences, qualifiées selon l'historien Pierre Brocheux d'"agissements criminels" dans sa propre bouche. Un programme dit de "rectification des erreurs" est lancé en 1956. La répression du mouvement intellectuel Nhan Van-Giai Pham, qui réclamait plus de libertés, est également documentée par les historiens à la fin des années 1950.
Hô Chi Minh meurt le 2 septembre 1969 à Hanoï des suites d'une insuffisance cardiaque, alors que la guerre du Viêt Nam fait toujours rage. La date officielle de son décès est annoncée le 3 septembre pour ne pas coïncider avec la fête nationale de l'indépendance vietnamienne du 2 septembre. Contre sa volonté explicite, qui était que ses cendres soient dispersées au-dessus du pays du nord au sud, ses successeurs décident de faire embaumer son corps sur le modèle de Lénine. Sa dépouille repose depuis dans le mausolée de la place Ba Dinh à Hanoï, lieu de pèlerinage national.
Hô Chi Minh mène pendant des décennies une existence clandestine de militant du Komintern, changeant régulièrement d'identité et de pays. Il parle plusieurs langues, dont le français, le russe, le mandarin et l'anglais. Sa vie privée reste largement opaque et fait l'objet de controverses historiographiques. Wikipedia et l'historien Hoàng Tranh documentent un mariage contracté à Canton en octobre 1926 avec Tang Tuyêt Minh, jeune catholique chinoise. Le couple se sépare en avril 1927 lorsque Hô Chi Minh fuit la Chine après le coup d'État anticommuniste de Tchang Kaï-chek. Cette union n'a jamais été reconnue par le gouvernement vietnamien. Hô Chi Minh lui-même a toujours déclaré publiquement n'avoir jamais été marié. Le directeur du musée Hô Chi Minh a qualifié en 2013 cette information d'"hypothèse romanesque". Il est officiellement célibataire et sans enfant reconnu. Il vivait à Hanoï dans une maison sur pilotis d'une grande simplicité, tenue à distance du palais présidentiel qu'il refusait d'occuper.
Connu sous le surnom affectueux de "Bac Hô" ("Oncle Hô"), il entretient un culte de la sobriété et de la proximité avec le peuple, hérité du confucianisme de son éducation. L'historien Pierre Brocheux le décrit comme "un confucéen", préférant la modération aux moyens extrémistes. Le journaliste américain David Halberstam l'a caractérisé comme "quelque peu Gandhi, quelque peu Lénine, mais entièrement vietnamien." Ses engagements combinent nationalisme vietnamien, marxisme-léninisme et anticolonialisme, une synthèse que les partis communistes soviétique et chinois lui ont parfois reprochée comme un nationalisme jugé trop prioritaire sur l'internationalisme prolétarien.
Né dans la province de Nghê An, au centre-nord du Viêt Nam, il grandit dans le village de Kim Liên. Ses années de formation l'amènent successivement à Hué, Londres, Paris et Moscou. Il séjourne longuement à Canton, en Union soviétique et en Chine avant de rentrer au Viêt Nam en 1941. Hanoï est la ville de son exercice du pouvoir et de sa mort. Son corps embaumé repose dans le mausolée de la place Ba Dinh, à Hanoï. La ville de Saïgon, rebaptisée Hô Chi Minh-Ville en 1975, perpétue son nom dans la géographie vietnamienne.
Tous les enfants du monde sont mes enfants.
— Lecourrier.vn, archives discours présidentiels
quelque peu Gandhi, quelque peu Lénine, mais entièrement vietnamien
— David Halberstam, journaliste américain, cité dans plusieurs biographies de référence
Le prix de l'homme baisse quand il n'a plus l'usage de sa liberté.
Tous les enfants du monde sont mes enfants.
— Lecourrier.vn, archives discours présidentiels
quelque peu Gandhi, quelque peu Lénine, mais entièrement vietnamien
— David Halberstam, journaliste américain, cité dans plusieurs biographies de référence
Le prix de l'homme baisse quand il n'a plus l'usage de sa liberté.