Henri Tisot, acteur, imitateur, humoriste et écrivain français, doit sa notoriété à ses parodies vocales de Charles de Gaulle, qu'il désignait par la formule « qui vous savez ». Son sketch L'Autocirculation dépasse le million d'exemplaires vendus au début des années 1960.
Né à La Seyne-sur-Mer, Henri Tisot se forme au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, dans la classe de Béatrix Dussane, en 1957. Il devient ensuite pensionnaire de la Comédie-Française, où Jean Meyer lui confie de premiers rôles aux côtés de Louis Seigner. En 1960, au Théâtre de Dix Heures, il présente ses imitations de Charles de Gaulle, prenant soin de ne désigner le chef de l'État que par « qui vous savez ». Le disque tiré de son sketch L'Autocirculation, qui vise la politique algérienne, s'écoule à un million d'exemplaires, chiffre rare pour un disque comique. Un second sketch, La Dépigeonnisation, atteint 300 000 exemplaires. Parallèlement, il mène une carrière au cinéma et à la télévision, interprétant notamment Lucien Gonfaron dans le feuilleton Le Temps des copains, diffusé entre 1961 et 1962.
À la fin des années 1970, la disparition de Charles de Gaulle, mort en 1970, rend ses imitations moins actuelles, alors qu'émerge une nouvelle génération d'humoristes comme Coluche, Thierry le Luron et Michel Leeb. Tisot se tourne vers le théâtre et le cinéma de divertissement. Il incarne Adolf Hitler dans la comédie Le Führer en folie en 1974, puis reprend le répertoire de boulevard, jouant l'« Anglais marseillais » du Dindon de Feydeau en 1988, aux côtés de Robert Lamoureux, Pierre Mondy et Jean-Luc Moreau. En 2000, il interprète Panisse dans le téléfilm La Trilogie marseillaise, d'après Marcel Pagnol. Resté attaché au gaullisme, il publie en 2010 De Gaulle et moi : quelle aventure !, ouvrage préfacé par Maurice Druon. Au total, il a tenu plus de deux cents rôles à la scène, au cinéma et à la télévision.
1937 : naissance le 1er juin à La Seyne-sur-Mer (Var)
1957 : entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, classe de Béatrix Dussane
1958 : pensionnaire de la Comédie-Française
1960 : imitations de Charles de Gaulle au Théâtre de Dix Heures ; sketch L'Autocirculation
1961 : rôle de Lucien Gonfaron dans Le Temps des copains (jusqu'en 1962)
1974 : rôle d'Adolf Hitler dans Le Führer en folie
1986 : conversion au catholicisme
1988 : Le Dindon de Feydeau ; création des Sept Miracles
1995 : spectacle De de Gaulle à Jésus-Christ au Théâtre du Palais-Royal
2000 : rôle de Panisse dans La Trilogie marseillaise
2007 : publication d'Ève, la femme aux Éditions du Cerf
2010 : publication de De Gaulle et moi : quelle aventure !
2011 : mort le 6 août à Sanary-sur-Mer ; obsèques à La Seyne-sur-Mer
Henri Augustin Louis Laurent Jean Tisot naît le 1er juin 1937 à La Seyne-sur-Mer, fils unique d'un couple de pâtissiers. Son père, Félix Tisot, abandonne la pâtisserie pour la peinture et devient un peintre paysagiste de Provence, proche d'Eugène Baboulène. Élevé dans la religion catholique mais scolarisé à l'école laïque, le jeune Henri grandit entre une grand-mère croyante et un grand-père communiste. Il se forme d'abord à Toulon, puis monte à Paris pour intégrer le Conservatoire dans la classe de Béatrix Dussane. Homosexuel, il n'a pas eu d'enfants et a longtemps vécu auprès de sa mère, morte en 2006, à Paris.
Sur le plan professionnel, Henri Tisot reste lié à son maître Jean Meyer, malgré des relations tendues. Après une conversion au catholicisme en 1986, il consacre une part de sa vie à la spiritualité : il étudie l'hébreu durant quarante ans auprès du rabbin Albert Abécassis pour lire la Torah dans le texte, et publie plusieurs ouvrages religieux aux Éditions du Cerf, dont certains préfacés par André Chouraqui et Paul Ricœur. En 2008, le cardinal André Vingt-Trois le convie à la rencontre du pape Benoît XVI au Collège des Bernardins. En 2009, il figure parmi les signataires d'une pétition de soutien à Roman Polanski.
Henri Tisot meurt dans la nuit du 5 au 6 août 2011, à l'âge de 74 ans, dans sa résidence de Sanary-sur-Mer. Selon son entourage, il ne souffrait d'aucune pathologie connue et a été victime d'un malaise. Ses obsèques sont célébrées le 10 août 2011 en l'église Notre-Dame de La Seyne-sur-Mer, par le père Florian de Sanary. Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, rend hommage à sa carrière de comédien et de satiriste. Le Parisien titre alors « Le général de Gaulle est mort une seconde fois », en référence au personnage qui avait fait sa notoriété.
Henri Tisot est inhumé à La Seyne-sur-Mer, sa ville natale. De son vivant, l'espace municipal et culturel de la commune portait déjà son nom. Après sa mort, le Théâtre Poquelin de La Seyne-sur-Mer a rebaptisé son festival de théâtre Festival Henri-Tisot, pérennisant ainsi son lien avec sa ville d'origine, où il avait passé son enfance.
1 - Le succès de ses parodies aurait fait réagir Charles de Gaulle lui-même : après la baisse des ventes de La Dépigeonnisation, le Général aurait lancé « Tisot baisse, je vais encore me retrouver tout seul ! ».
2 - Dès l'âge de treize ans, il tient le rôle de Panisse dans Marius de Marcel Pagnol, monté par son collège ; il reprendra ce même personnage près d'un demi-siècle plus tard, en 2000, dans La Trilogie marseillaise.
3 - Son père, Félix Tisot, troqua le fournil familial contre les pinceaux et connut une carrière de peintre paysagiste en Provence ; son fils, admiratif, le surnommait « le dernier impressionniste » et évoquait souvent son héritage artistique.
4 - Passionné par les textes sacrés, il étudia l'hébreu pendant quarante ans auprès du rabbin Albert Abécassis, afin de lire la Torah dans sa langue originale, et bâtit une partie de son œuvre sur le dialogue entre judaïsme et christianisme.
5 - Au registre comique pur, il campa Adolf Hitler dans la farce Le Führer en folie (1974), de Philippe Clair, un rôle à contre-emploi total de l'imitateur du général de Gaulle qui l'avait rendu populaire.
- Métier(s) : acteur, imitateur, humoriste, écrivain.
- Résidence principale : Paris, puis Sanary-sur-Mer (Var).
- Relations de couple : aucune union publique documentée ; Henri Tisot était homosexuel.
- Enfants : aucun.
- Distinctions : aucune distinction officielle majeure documentée dans les sources consultées.
« De Gaulle a été toute ma vie. »
— Propos rapportés, L'Express et franceinfo, août 2011
« la plus flagrante erreur judiciaire »
— Ève, la femme, Éditions du Cerf, 2007 (à propos du péché originel attribué à Ève)
« Je suis entré dans la peau du Général, mais il a fini par avoir la mienne. »
— Propos d'Henri Tisot rapportés par Wikipédia
« De Gaulle a été toute ma vie. »
— Propos rapportés, L'Express et franceinfo, août 2011
« la plus flagrante erreur judiciaire »
— Ève, la femme, Éditions du Cerf, 2007 (à propos du péché originel attribué à Ève)
« Je suis entré dans la peau du Général, mais il a fini par avoir la mienne. »
— Propos d'Henri Tisot rapportés par Wikipédia