Figure du romantisme français du XIXe siècle, Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, est un écrivain, poète et traducteur né en 1808 à Paris. Auteur de Sylvie, Aurélia et des sonnets Les Chimères, il est mort par suicide en 1855.
Gérard Labrunie naît le 22 mai 1808 au 96, rue Saint-Martin, à Paris. Fils d'Étienne Labrunie, médecin militaire de la Grande Armée, et de Marie-Antoinette Laurent, fille d'un marchand linger, il perd sa mère en 1810 à Glogau, en Silésie. Élevé par son grand-oncle maternel Antoine Boucher à Mortefontaine, dans le Valois, il développe un attachement durable à ces paysages. En 1822, il entre au collège Charlemagne à Paris où il se lie d'amitié avec Théophile Gautier. Sa traduction du Faust de Johann Wolfgang von Goethe, publiée en 1828, est saluée par l'auteur allemand lui-même et sera utilisée par Hector Berlioz pour son opéra. En février 1830, il participe à la bataille d'Hernani aux côtés de Victor Hugo et fréquente le Petit-Cénacle aux côtés de Pétrus Borel et de Jehan Du Seigneur.
En 1834, l'héritage de son grand-père maternel lui permet de fonder en 1835 la revue Le Monde dramatique, qui le ruine en 1836. La même année, il adopte définitivement le pseudonyme de Gérard de Nerval, emprunté à un clos cultivé par sa famille maternelle près de Mortefontaine. Il collabore avec Alexandre Dumas à plusieurs pièces, dont Piquillo (1837) et Léo Burckart (1839). En 1836, il s'éprend de l'actrice Jenny Colon, qui le marque durablement avant d'épouser un autre homme en 1838 et de mourir en 1842. De 1842 à 1843, il entreprend un long voyage en Égypte, en Syrie, à Constantinople et à Malte, dont il tirera son Voyage en Orient publié en 1851. La fin de sa vie est consacrée à la rédaction de Les Filles du feu (1854) et d'Aurélia (1855).
1808 : naissance le 22 mai à Paris, rue Saint-Martin
1810 : mort de sa mère à Glogau, en Silésie
1822 : entrée au collège Charlemagne, rencontre avec Théophile Gautier
1826 : publication de Napoléon et la France guerrière, recueil de jeunesse
1828 : publication de sa traduction du Faust de Goethe
1830 : participation à la bataille d'Hernani le 25 février
1834 : publication des Odelettes
1836 : adoption publique du pseudonyme Gérard de Nerval
1841 : première crise de folie, internement chez le docteur Esprit Blanche
1843 : voyage en Égypte, en Syrie et à Constantinople
1851 : publication de Voyage en Orient
1853 : publication de Sylvie dans la Revue des deux mondes
1854 : publication de Les Filles du feu et des Chimères
1855 : mort le 26 janvier, à Paris ; publication posthume d'Aurélia
Gérard Labrunie grandit entre deux foyers. Son père, Étienne Labrunie, médecin militaire attaché à l'armée du Rhin, est rarement présent dans son enfance. Sa mère, Marie-Antoinette Laurent, fille d'un marchand linger de la rue Coquillière, meurt en 1810 alors qu'elle accompagne son mari en Silésie. Il est élevé jusqu'en 1814 par son grand-oncle maternel Antoine Boucher, à Mortefontaine, dans le Valois, paysage qui irrigue toute son œuvre. En 1822, il intègre le collège Charlemagne à Paris où il a pour condisciple Théophile Gautier, point de départ d'une amitié qui durera toute sa vie. Il ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfant.
Très tôt lié au cénacle romantique parisien, il fréquente Arsène Houssaye, Camille Rogier et le sculpteur Jehan Du Seigneur impasse du Doyenné, près du Louvre. Sa rencontre en 1833 avec l'actrice Jenny Colon, au théâtre des Variétés, donne lieu à une passion idéalisée qui inspirera Sylvie et Aurélia. À Vienne, en 1839, il s'éprend de la pianiste Marie Pleyel. Excellent germaniste, il traduit du Goethe, Schiller, Klopstock, Bürger et son ami Heinrich Heine. Son œuvre est marquée par un intérêt pour l'ésotérisme, le rêve et le mysticisme oriental.
Le 26 janvier 1855, par une nuit glaciale, Gérard de Nerval est retrouvé pendu aux barreaux d'une grille fermant un égout de la rue de la Vieille-Lanterne, à Paris, voie aujourd'hui disparue à proximité de l'actuel théâtre de la Ville. Il laisse une lettre à sa tante. La thèse du suicide, défendue par Théophile Gautier et le photographe Nadar, prévaut, malgré l'hypothèse d'un assassinat avancée par Arsène Houssaye et Charles Baudelaire. Un certificat médical attestant de son état mental permet une cérémonie religieuse, normalement refusée aux suicidés. Les funérailles ont lieu le 30 janvier 1855 à la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence d'Alexandre Dumas, d'Auguste Maquet et de Nadar.
Gérard de Nerval est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans la 49e division, dans une concession payée par Théophile Gautier et Arsène Houssaye. Le poète Charles Coligny l'y rejoindra à sa mort en 1874. Une plaque commémorative lui est dédiée square de la Tour-Saint-Jacques, à Paris, avec un médaillon de Jehan Du Seigneur.
1 - Sous l'un de ses portraits photographiques pris vers 1854, Gérard de Nerval inscrit de sa main la formule devenue célèbre « Je suis l'autre », qui anticipe le « Je est un autre » d'Arthur Rimbaud et résume la fracture identitaire au cœur de son œuvre.
2 - Lors d'une de ses promenades dans Paris, il aurait promené un homard vivant tenu en laisse par un ruban bleu dans les jardins du Palais-Royal, scène rapportée par Théophile Gautier et reprise par plusieurs biographes.
3 - Dans son Voyage en Orient, il affirme avoir été initié aux mystères druzes en Syrie et y avoir atteint le grade de « refit », l'un des plus élevés de cette confrérie ésotérique.
4 - Arrêté à l'automne 1831 après un tapage nocturne avec les jeunes romantiques surnommés les bousingots, il est enfermé à la prison Sainte-Pélagie, où il compose le poème Cour de prison.
5 - Le pseudonyme « Nerval » est emprunté au clos cultivé par son grand-père maternel près de Mortefontaine, le « clos Nerval », bois situé entre Mortefontaine, Ver-sur-Launette et Othis.
6 - Sa dernière lettre, retrouvée sur lui, demande à sa tante 300 francs, somme qu'il jugeait suffisante pour survivre durant l'hiver.
- Métier(s) : écrivain, poète, traducteur, journaliste
- Résidence principale : Paris, attaches à Mortefontaine dans le Valois
- Relations de couple : passion idéalisée pour l'actrice Jenny Colon, jamais marié
- Enfants : aucun
- Distinctions : aucune distinction officielle de son vivant
121 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Je suis l'autre. »
— Inscription manuscrite sous un portrait photographique, vers 1854
« Moi, pas de religion ? J'en ai dix-sept… au moins. »
— Propos rapportés par ses contemporains, cités dans la tradition biographique nervalienne (Petitfils, Hubner-Bayle)
« Le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. »
— Aurélia ou le Rêve et la Vie, incipit, 1855
« Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Il est la consolation des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs ; mais je n'ai jamais éprouvé que le sommeil fût un repos. »
— Aurélia ou le Rêve et la Vie, 1855
Tout est dans la fin.
L'ignorance ne s'apprend pas.
Les âmes sont les idées de Dieu.
L'expérience de chacun est le trésor de tous.
Le dernier mot de la liberté, c'est l'égoïsme.
La pensée se glace en se traduisant en phrases.
Que de gens que l'on croit heureux et qui sont au désespoir.
Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les femmes.
La patience était la plus grande des vertus des initiés antiques.
L'avenir est un fantôme aux mains vides qui promet tout et qui n'a rien.
Soit brune ou blonde
Faut-il choisir ?
Le Dieu du monde,
C'est le Plaisir.
Soit brune ou blonde faut-il choisir ? Le Dieu du monde, c'est le Plaisir.
La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont.
J'arrange volontiers ma vie comme un roman, les moindres désaccords me choquent.
Il n'y a qu'un seul vice dont on ne voie personne se vanter, c'est l'ingratitude.
Le premier qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile.
La garnison a beau jeu près des dames, si les dames ne sont pas comme la ville, imprenables.
Si tu es sage, ne le dis pas et n'en montre pas les raisons, car on dira que tu veux tromper.
La conjugaison éternelle du verbe "aimer" ne convient peut-être qu'aux âmes tout à fait naïves.
J'ai goût des homards qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n'aboient pas.
Dans l'affection que je vous porte, il y a trop de passé pour qu'il n'y ait pas beaucoup d'avenir.
Quels sont les romans préférables aux histoires comiques ou tragiques d'un journal des tribunaux .
Notre passé et notre avenir sont solidaires. Nous vivons dans notre race et notre race vit en nous.
Je ne dis pas qu'une femme ne puisse avoir un caprice pour son mari, car, après tout, c'est un homme.
Je crois que l'imagination humaine n'a rien inventé qui ne soit vrai, dans ce monde ou dans les autres.
Le vin est le plus traître des compagnons ; il vous prend dans un palais et vous laisse dans un ruisseau.
La vertu, chez les uns, c'est peur de la justice ; chez beaucoup c'est faiblesse ; chez d'autres, c'est calcul.
Rien n'est indifférent, rien n'est impuissant dans l'univers ; un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver !
Les illusions tombent l'une après l'autre, comme les écorces d'un fruit, et le fruit, c'est l'expérience. Sa saveur est amère.
Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.
Avec le temps, la passion des grands voyages s'éteint, à moins qu'on n'ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.
L'amour constant ressemble à la fleur du soleil, qui rend à son déclin, le soir, le même hommage dont elle a, le matin, salué son réveil !
Il est des gens qui crient très haut qu'ils n'ont jamais voulu se vendre ; c'est peut-être qu'on ne se serait jamais soucié de les acheter.
Mon pauvre oncle disait souvent : "Il faut toujours tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler."
Que devrait-on faire avant d'écrire ?
Le désespoir et le suicide sont le résultat de certaines situations fatales pour qui n'a pas foi dans l'immortalité, dans ses peines et dans ses joies.
Dans le caractère de notre nation, il y a toujours une tendance à exercer la force, quand on la possède, ou les prétentions du pouvoir, quand on le tient en main.
Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.
Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Il est la consolation des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs ; mais je n'ai jamais éprouvé que le sommeil fût un repos.
« Je suis l'autre. »
— Inscription manuscrite sous un portrait photographique, vers 1854
« Moi, pas de religion ? J'en ai dix-sept… au moins. »
— Propos rapportés par ses contemporains, cités dans la tradition biographique nervalienne (Petitfils, Hubner-Bayle)
« Le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. »
— Aurélia ou le Rêve et la Vie, incipit, 1855
« Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Il est la consolation des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs ; mais je n'ai jamais éprouvé que le sommeil fût un repos. »
— Aurélia ou le Rêve et la Vie, 1855
Tout est dans la fin.
L'ignorance ne s'apprend pas.
Les âmes sont les idées de Dieu.
L'expérience de chacun est le trésor de tous.
Le dernier mot de la liberté, c'est l'égoïsme.
La pensée se glace en se traduisant en phrases.
Que de gens que l'on croit heureux et qui sont au désespoir.
Il y a toujours quelque niaiserie à trop respecter les femmes.
La patience était la plus grande des vertus des initiés antiques.
L'avenir est un fantôme aux mains vides qui promet tout et qui n'a rien.
Soit brune ou blonde
Faut-il choisir ?
Le Dieu du monde,
C'est le Plaisir.
Soit brune ou blonde faut-il choisir ? Le Dieu du monde, c'est le Plaisir.
La mélancolie est une maladie qui consiste à voir les choses comme elles sont.
J'arrange volontiers ma vie comme un roman, les moindres désaccords me choquent.
Il n'y a qu'un seul vice dont on ne voie personne se vanter, c'est l'ingratitude.
Le premier qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile.
La garnison a beau jeu près des dames, si les dames ne sont pas comme la ville, imprenables.
Si tu es sage, ne le dis pas et n'en montre pas les raisons, car on dira que tu veux tromper.
La conjugaison éternelle du verbe "aimer" ne convient peut-être qu'aux âmes tout à fait naïves.
J'ai goût des homards qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n'aboient pas.
Dans l'affection que je vous porte, il y a trop de passé pour qu'il n'y ait pas beaucoup d'avenir.
Quels sont les romans préférables aux histoires comiques ou tragiques d'un journal des tribunaux .
Notre passé et notre avenir sont solidaires. Nous vivons dans notre race et notre race vit en nous.
Je ne dis pas qu'une femme ne puisse avoir un caprice pour son mari, car, après tout, c'est un homme.
Je crois que l'imagination humaine n'a rien inventé qui ne soit vrai, dans ce monde ou dans les autres.
Le vin est le plus traître des compagnons ; il vous prend dans un palais et vous laisse dans un ruisseau.
La vertu, chez les uns, c'est peur de la justice ; chez beaucoup c'est faiblesse ; chez d'autres, c'est calcul.
Rien n'est indifférent, rien n'est impuissant dans l'univers ; un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver !
Les illusions tombent l'une après l'autre, comme les écorces d'un fruit, et le fruit, c'est l'expérience. Sa saveur est amère.
Le Rêve est une seconde vie. Je n'ai pu percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.
Avec le temps, la passion des grands voyages s'éteint, à moins qu'on n'ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.
L'amour constant ressemble à la fleur du soleil, qui rend à son déclin, le soir, le même hommage dont elle a, le matin, salué son réveil !
Il est des gens qui crient très haut qu'ils n'ont jamais voulu se vendre ; c'est peut-être qu'on ne se serait jamais soucié de les acheter.
Mon pauvre oncle disait souvent : "Il faut toujours tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler."
Que devrait-on faire avant d'écrire ?
Le désespoir et le suicide sont le résultat de certaines situations fatales pour qui n'a pas foi dans l'immortalité, dans ses peines et dans ses joies.
Dans le caractère de notre nation, il y a toujours une tendance à exercer la force, quand on la possède, ou les prétentions du pouvoir, quand on le tient en main.
Dans les rêves, on ne voit jamais le soleil, bien qu'on ait souvent la perception d'une clarté beaucoup plus vive. Les objets et les corps sont lumineux par eux-mêmes.
Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Il est la consolation des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs ; mais je n'ai jamais éprouvé que le sommeil fût un repos.