Compositeur, organiste et pédagogue français, Gabriel Fauré, né le 12 mai 1845 à Pamiers et mort le 4 novembre 1924 à Paris, dirigea le Conservatoire de Paris de 1905 à 1920 et signa le Requiem op. 48, l'une des partitions sacrées les plus jouées du répertoire français.
Fils d'instituteur, Gabriel Fauré quitte l'Ariège à neuf ans pour intégrer en 1854 l'École Niedermeyer à Paris, où il étudie onze années sous la direction de Louis Niedermeyer puis de Gustave Lefèvre. Il y obtient un premier grand prix de piano et un premier grand prix de composition. Camille Saint-Saëns, jeune professeur de piano, lui fait découvrir Robert Schumann, Frédéric Chopin et Franz Liszt, et reste durablement son mentor. En 1865, Fauré est nommé organiste à Saint-Sauveur de Rennes. Après la guerre de 1870, à laquelle il participe, il rejoint Paris comme organiste de Saint-Honoré-d'Eylau, puis de Saint-Sulpice. Il rencontre Liszt à Weimar en décembre 1877 et découvre Wagner à Cologne en 1879. Il compose à cette période sa Première Sonate pour violon et piano, son Premier Quatuor avec piano et la Ballade pour piano.
En avril 1877, il devient maître de chapelle de l'église de la Madeleine, dont il prend le grand orgue le 2 juin 1896 en succédant à Théodore Dubois. La même année, il succède à Jules Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il y forme Maurice Ravel, Nadia Boulanger, Georges Enesco, Florent Schmitt, Charles Koechlin, Roger-Ducasse et Louis Aubert. Nommé directeur du Conservatoire en 1905 par Aristide Briand, il y conduit jusqu'en 1920 une réforme profonde des programmes et de la discipline. Parallèlement, il tient la critique musicale au Figaro de 1903 à 1921. Son catalogue compte près d'une centaine de mélodies, treize Nocturnes et treize Barcarolles pour piano, deux Quatuors avec piano, le drame lyrique Pénélope sur un livret de René Fauchois, créé en 1913, et le célèbre Requiem op. 48.
1845 : naissance le 12 mai à Pamiers, en Ariège.
1854 : entrée à l'École Niedermeyer à Paris, à l'âge de neuf ans.
1865 : nomination comme organiste à Saint-Sauveur de Rennes.
1877 : devient maître de chapelle de l'église de la Madeleine ; rencontre Liszt à Weimar.
1883 : mariage le 27 mars avec Marie Frémiet.
1887 : composition de la Pavane op. 50 et début du Requiem op. 48.
1888 : création d'une première version du Requiem à la Madeleine, le 16 janvier.
1892 : nomination comme inspecteur des conservatoires de musique en province.
1896 : succède à Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris ; titulaire du grand orgue de la Madeleine.
1900 : création à Béziers de Prométhée les 27 et 28 août, devant 15 000 spectateurs.
1905 : succède à Théodore Dubois à la direction du Conservatoire de Paris.
1909 : élection à l'Institut de France.
1913 : création de l'opéra Pénélope.
1920 : retraite du Conservatoire ; reçoit la grand-croix de la Légion d'honneur.
1924 : mort à Paris le 4 novembre ; funérailles nationales le 8 novembre à la Madeleine.
Gabriel Fauré est le dernier des six enfants de Toussaint-Honoré Fauré, instituteur puis directeur de l'école normale d'instituteurs de Foix à Montgauzy, et de Marie-Antoinette-Hélène Lalène-Laprade. Placé chez une nourrice à sa naissance, il rejoint sa famille à Montgauzy avant son départ pour Paris. Il se fiance brièvement avec Marianne Viardot, fille de la cantatrice Pauline Viardot, dans les années 1870. Le 27 mars 1883, il épouse Marie Frémiet, fille du sculpteur Emmanuel Frémiet, avec laquelle il a deux fils : Emmanuel Fauré-Fremiet, né en 1883, futur biologiste élu Fellow of the Royal Society, et Philippe Fauré-Fremiet, né en 1889, écrivain et biographe de son père.
Au début des années 1890, Fauré entretient une liaison avec Emma Bardac, future seconde épouse de Claude Debussy, à laquelle il dédie La Bonne Chanson. À partir de 1900, la pianiste Marguerite Hasselmans, sœur du chef d'orchestre Louis Hasselmans, devient sa compagne durable. La comtesse Greffulhe, rencontrée par l'intermédiaire de Robert de Montesquiou, soutient activement sa carrière et sa candidature à l'Institut. Aux États-Unis et en Angleterre, Fauré fréquente John Singer Sargent et Frank Schuster. Il préside à partir de 1910 la Société musicale indépendante, fondée par ses anciens élèves Maurice Ravel et Florent Schmitt en réaction à la Société nationale de musique.
Gabriel Fauré meurt à Paris le 4 novembre 1924, à l'âge de soixante-dix-neuf ans, des suites d'une pneumonie, dans son appartement du 32 rue des Vignes, dans le 16e arrondissement. Sa santé fragile était également affectée par une consommation excessive de tabac. Des funérailles nationales sont célébrées le 8 novembre 1924 en l'église de la Madeleine, dont il avait tenu le grand orgue de 1896 à 1905. Son Requiem y est exécuté, dirigé par Philippe Gaubert. Camille Saint-Saëns, son maître et ami de soixante ans, et ses anciens élèves Maurice Ravel et Nadia Boulanger figurent parmi les personnalités présentes. Le gouvernement français lui rend un hommage officiel en reconnaissance de ses services à l'enseignement musical.
Gabriel Fauré est inhumé au cimetière de Passy, à Paris. Une plaque commémorative est apposée sur sa dernière résidence, au 32 rue des Vignes (16e arrondissement), où il vécut de 1911 à sa mort. Sa ville natale de Pamiers a donné son nom à une école de musique et à plusieurs voies, et lui consacre un festival annuel.
1 - Frappé de surdité à partir de 1903, Gabriel Fauré entendait les notes graves une tierce trop haut et les notes aiguës une tierce trop bas, seul le médium lui parvenant juste mais affaibli, selon le témoignage de son fils Philippe Fauré-Fremiet.
2 - À l'été 1888, en compagnie d'André Messager, il compose les Souvenirs de Bayreuth, courte pièce pour piano à quatre mains pastichant les principaux thèmes de la Tétralogie de Wagner, dont il revenait du festival.
3 - Sa Pavane op. 50 (1887), dédiée à la comtesse Greffulhe, qu'il appelait dans ses lettres « Madame ma Fée » et « mon roi de Bavière », a inspiré une adaptation par le pianiste de jazz américain Bill Evans.
4 - Il échoua deux fois à l'Institut, en 1894 face à Théodore Dubois, puis en 1896 face à Charles Lenepveu, avant d'y être finalement élu en 1909.
5 - Maurice Ravel, sollicité pour orchestrer une partition de son maître, aurait répondu que rien de ce que Fauré avait écrit n'était orchestrable, hommage à la plénitude de son écriture pianistique.
6 - Son dernier ouvrage, le Quatuor à cordes op. 121 achevé deux jours avant sa mort, fut confié à son disciple Roger-Ducasse pour vérification avant publication, Fauré n'ayant osé aborder cette forme qu'à la toute fin de sa vie.
- Métier(s) : compositeur, organiste, pianiste, pédagogue, directeur du Conservatoire de Paris
- Résidence principale : Paris (16e arrondissement, 32 rue des Vignes)
- Relations de couple : Marie Frémiet (épouse, 1883-1924) ; Marguerite Hasselmans (compagne, à partir de 1900)
- Enfants : Emmanuel Fauré-Fremiet (1883-1971) ; Philippe Fauré-Fremiet (1889-1954)
- Distinctions : grand-croix de la Légion d'honneur (1920) ; membre de l'Institut de France (1909)
316 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Pour moi, l'art, la musique surtout consiste à nous élever le plus loin possible au-dessus de ce qui est.
— Lettre à son fils Philippe, 31 août 1908
L'idéal d'un musicien français, c'est le goût de la clarté dans la pensée, de la sobriété et de la pureté dans la forme.
— Propos rapportés et cités dans la nécrologie d'Agora (rappel posthume des écrits de Fauré sur l'idéal musical français)
Voilà si longtemps que j'accompagne à l'orgue des services d'enterrements ! J'en ai par-dessus la tête. J'ai voulu faire autre chose.
— Entretien avec Louis Aguettant, 12 juillet 1902, publié dans Comœdia en mars 1954
Pour moi, l'art, la musique surtout consiste à nous élever le plus loin possible au-dessus de ce qui est.
— Lettre à son fils Philippe, 31 août 1908
L'idéal d'un musicien français, c'est le goût de la clarté dans la pensée, de la sobriété et de la pureté dans la forme.
— Propos rapportés et cités dans la nécrologie d'Agora (rappel posthume des écrits de Fauré sur l'idéal musical français)
Voilà si longtemps que j'accompagne à l'orgue des services d'enterrements ! J'en ai par-dessus la tête. J'ai voulu faire autre chose.
— Entretien avec Louis Aguettant, 12 juillet 1902, publié dans Comœdia en mars 1954