Ancien Francis Mer, ingénieur français né en 1939 à Pau et mort en 2023 à Bourg-la-Reine, est un industriel devenu ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de 2002 à 2004 sous Jacques Chirac, après avoir dirigé Usinor-Sacilor puis fondé le géant Arcelor.
Diplômé de l'École polytechnique en 1959 et de l'École des mines de Paris en 1962, ingénieur du corps des Mines, Francis Mer entame une carrière administrative au ministère de l'Industrie, à Paris puis à Abidjan, avant de rejoindre Saint-Gobain en octobre 1970. Il y gravit les échelons de la planification stratégique, dirige Saint-Gobain Industries de 1974 à 1978, puis devient directeur général adjoint du groupe en charge de la politique industrielle. En juillet 1982, il prend la présidence de Pont-à-Mousson SA et la tête de la branche « Canalisations et Mécanique » de Saint-Gobain. En septembre 1986, l'État actionnaire confie à Francis Mer la présidence du nouveau groupe sidérurgique issu de la fusion d'Usinor et de Sacilor. Sous sa direction, les effectifs passent de 116 000 à 46 000 salariés et l'entreprise renoue avec les bénéfices dès 1988, première fois depuis 1974.
La privatisation d'Usinor-Sacilor est bouclée en juillet 1995 ; Francis Mer est confirmé président par le nouveau conseil d'administration le 10 octobre 1995. Il négocie avec les syndicats le programme Cap 2000, dispositif de reclassement et de pré-retraite. Président de Cockerill Sambre à partir d'avril 1999, il préside aussi la Fédération française de l'acier de 1988 à 2002, Eurofer de 1990 à 1997 et l'International Iron and Steel Institute de 1997 à 1998. Son œuvre industrielle culmine en février 2002 avec la création d'Arcelor, fusion d'Usinor avec le luxembourgeois Arbed et l'espagnol Aceralia, qui devient alors le numéro un mondial de l'acier. Quelques semaines plus tard, Jacques Chirac le nomme ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
1939 : naissance le 25 mai à Pau dans les Basses-Pyrénées
1959 : intègre l'École polytechnique
1962 : sort de l'École des mines de Paris dans le corps des Mines
1970 : entre au groupe Saint-Gobain en octobre
1982 : président-directeur général de Pont-à-Mousson SA
1986 : nommé président du groupe sidérurgique Usinor-Sacilor
1995 : confirmé président d'Usinor-Sacilor après sa privatisation
2001 : crée Arcelor par la fusion Usinor-Arbed-Aceralia
2002 : nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie le 7 mai
2004 : quitte Bercy le 30 mars, remplacé par Nicolas Sarkozy
2005 : entre au conseil d'administration d'Inco, futur Vale Inco
2007 : prend la présidence du conseil de surveillance de Safran en janvier
2009 : lance la Fondation Condorcet Paris-Dauphine
2011 : nommé vice-président du conseil d'administration de Safran
2023 : meurt le 31 octobre à Bourg-la-Reine
Francis Paul Mer est le fils de René Mer (1902-1962), ingénieur général des eaux et forêts et officier de la Légion d'honneur, et d'Yvonne Casalta. Il est le neveu du docteur Paul Mer, président du comité départemental de libération de la Mayenne en 1944 et 1945. Sa scolarité l'a mené du lycée Montesquieu de Bordeaux à l'École polytechnique, puis à l'École nationale supérieure des mines de Paris, où il obtient son diplôme en 1962. Il complète sa formation par une licence ès sciences économiques en 1964. Catholique, marié, il est le père de trois filles dont l'identité n'a pas été rendue publique.
Engagé dans la pensée économique libérale, il rejoint la Fondation Saint-Simon dans les années 1980, préside le Conservatoire national des arts et métiers de 1989 à 1997, puis la Fondation pour l'innovation politique à compter de 2004, dont les responsables Nicolas Bazire, Grégoire Chertok et Dominique Reynié sont ses interlocuteurs réguliers. En 2009, il lance la Fondation Condorcet Paris-Dauphine, think tank consacré à la gestion des entreprises et au capital humain. Il publie deux essais avec la journaliste Sophie Coignard, chez Albin Michel, en 2005 et 2007.
Francis Mer meurt le 31 octobre 2023 à Bourg-la-Reine, dans les Hauts-de-Seine, où il était domicilié, à l'âge de 84 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Une cérémonie religieuse a été célébrée le 8 novembre 2023 à 14 h 30 en l'église Saint-Gilles de Bourg-la-Reine. Le président de la République Emmanuel Macron lui rend hommage le 3 novembre dans un communiqué de l'Élysée saluant « une figure emblématique du paysage industriel français ». Jean-Pierre Raffarin, sous l'autorité duquel il fut ministre, et Bruno Le Maire, alors locataire de Bercy, expriment leurs condoléances. Le groupe Safran, dont il fut président d'honneur, publie un communiqué signé par Ross McInnes et Olivier Andriès.
Francis Mer est inhumé au cimetière communal de Bourg-la-Reine, commune des Hauts-de-Seine où il résidait depuis plusieurs décennies. L'avis de décès officiel diffusé par la famille a été publié dans le Carnet du jour du Figaro le 2 novembre 2023.
1 - À la sortie de l'École des mines, Francis Mer effectue son service militaire puis exerce d'abord comme fonctionnaire au Conseil de l'Entente à Abidjan, en Côte d'Ivoire, entre 1967 et 1968, expérience africaine rare pour un dirigeant industriel français de cette génération.
2 - Pendant ses dix années à la tête d'Usinor-Sacilor, il fait passer le groupe de 116 000 à 46 000 salariés, soit une réduction de soixante pour cent des effectifs, tout en ramenant le sidérurgiste vers les bénéfices après plus d'une décennie de pertes.
3 - Sa loi de sécurité financière, promulguée le 1er août 2003, est restée connue dans le monde du droit boursier sous l'appellation officieuse de « Loi Mer » et a créé l'Autorité des marchés financiers en fusionnant la COB et le CMF.
4 - Au printemps 2005, il forme avec Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas Sarkozy, un duo de candidats à la présidence du Medef pour succéder à Ernest-Antoine Seillière, avant de retirer sa candidature le 15 juin 2005.
5 - Coauteur avec la journaliste Sophie Coignard de Vous, les politiques… en 2005 puis de Vous, les candidats… en 2007 chez Albin Michel, il y livre un regard critique d'industriel sur la classe politique française, deux ans après avoir quitté Bercy.
6 - Vice-président du Medef à l'époque où Ernest-Antoine Seillière en prend la présidence, Francis Mer prend publiquement ses distances avec l'organisation patronale en se montrant moins virulent qu'elle sur la question des 35 heures.
- Métier(s) : industriel, dirigeant d'entreprise, ministre, ingénieur du corps des Mines
- Résidence principale : Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine)
- Relations de couple : marié, identité de l'épouse non rendue publique
- Enfants : trois filles, identités non rendues publiques
- Distinctions : non documentées dans les sources consultées
« N'ayant pas le sentiment d'être le bienvenu, je ne souhaite donc pas compliquer les choses quant à l'élection d'un futur président. »
— Interview Le Monde, 15 juin 2005, à propos de son retrait de la course au Medef
« La dette publique, donc la dette des Français, a été multipliée par trois en pourcentage du chiffre d'affaires France depuis 20 ans, et il faudra quand même assez rapidement arrêter de la faire croître. »
— Interview Europe 1, 23 septembre 2003
« Toute entreprise, dans le monde actuel, notamment ces grandes entreprises qui sont à l'échelle mondiale, toute entreprise a le devoir d'être en permanence en train de réviser ses performances, techniques et commerciales. »
— Interview Europe 1, 23 septembre 2003, à propos d'Alstom
« La justice américaine fonctionne de manière différente de la justice française. Aux États-Unis, conceptuellement, le fait de payer pour, non pas reconnaître ses fautes, mais éviter d'être traîné devant un procès au pénal ou civil, fait partie de la règle du jeu. En France, non. »
— Interview France Inter, 8 décembre 2003, sur l'affaire Executive Life
« N'ayant pas le sentiment d'être le bienvenu, je ne souhaite donc pas compliquer les choses quant à l'élection d'un futur président. »
— Interview Le Monde, 15 juin 2005, à propos de son retrait de la course au Medef
« La dette publique, donc la dette des Français, a été multipliée par trois en pourcentage du chiffre d'affaires France depuis 20 ans, et il faudra quand même assez rapidement arrêter de la faire croître. »
— Interview Europe 1, 23 septembre 2003
« Toute entreprise, dans le monde actuel, notamment ces grandes entreprises qui sont à l'échelle mondiale, toute entreprise a le devoir d'être en permanence en train de réviser ses performances, techniques et commerciales. »
— Interview Europe 1, 23 septembre 2003, à propos d'Alstom
« La justice américaine fonctionne de manière différente de la justice française. Aux États-Unis, conceptuellement, le fait de payer pour, non pas reconnaître ses fautes, mais éviter d'être traîné devant un procès au pénal ou civil, fait partie de la règle du jeu. En France, non. »
— Interview France Inter, 8 décembre 2003, sur l'affaire Executive Life