Naissance
Montauban (82), France
Nationalité
Astrologie

Biographie

Étienne Roda-Gil, né le 1er août 1941 à Montauban et mort le 31 mai 2004 à Paris, est un parolier et dialoguiste français d'origine catalane, auteur de plus de 700 chansons pour Julien Clerc, Claude François, Vanessa Paradis et Johnny Hallyday, et militant anarcho-syndicaliste engagé toute sa vie dans les cercles libertaires.


Parcours

Fils de républicains espagnols en exil, Étienne Roda-Gil grandit dans une précarité marquée par les séquelles de la guerre civile espagnole. Sa famille, installée à Montauban puis à Réalville, déménage en 1953 à Antony, en banlieue parisienne. Titulaire d'une licence en lettres, il exerce brièvement comme visiteur médical avant de s'engager dans les milieux libertaires et situationnistes. En 1959, convoqué pour le service militaire en Algérie, il refuse et s'exile à Londres, où il côtoie les cercles anarchistes et le rock. De retour en France après une grâce, il participe activement aux événements de mai 1968. La rencontre décisive de sa carrière survient en 1967 au café L'Écritoire, dans le Quartier latin, où il croise Paul-Alain Leclerc, bientôt connu sous le nom de scène Julien Clerc : ce dernier cherche un parolier, Roda-Gil accepte sans lever les yeux. Leur premier titre commun, La Cavalerie, passe sur les ondes le 18 mai 1968. S'ensuivent des dizaines de succès : Ce n'est rien (1971), Niagara (1971), Si on chantait (1972), This melody (1975) ou encore La belle est arrivée (1992).

La collaboration avec Julien Clerc s'interrompt en 1980, au moment où ce dernier souhaite élargir son répertoire à d'autres auteurs, avant de reprendre en 1992 avec l'album Utile, récompensé par le Prix Vincent-Scotto de la SACEM l'année suivante. Entre-temps, Roda-Gil s'impose comme un parolier transversal. Il se vante "d'avoir introduit la poésie dans le disco" en signant pour Claude François les textes de Magnolias for Ever (1977) et d'Alexandrie Alexandra (1977), devenus des standards de la variété française. Il écrit également pour Vanessa Paradis (Joe le taxi, 1987 ; Marilyn et John, Manolo Manolete), pour Johnny Hallyday (Mirador, 1989, avec une musique composée par David Hallyday), pour Barbara, Juliette Gréco, France Gall, Françoise Hardy, Richard Cocciante, Catherine Lara, Pascal Obispo et Louis Bertignac. Dialoguiste, il adapte pour le cinéaste Andrzej Zulawski L'Idiot de Dostoïevski, sorti sous le titre L'Amour braque en 1985. Ami de Roger Waters, il rédige avec sa femme en 1987 le livret d'un opéra sur la Révolution française, intitulé Ça ira, que le musicien britannique met en musique (enregistrement publié en 2005). Administrateur de la SACEM de 1996 à 1999 puis de 2000 à 2003, il reçoit en 1989 le Grand Prix de la chanson de la SACEM.


Repères chronologiques

1941 : naissance le 1er août à Montauban (Tarn-et-Garonne), au camp d'internement de Septfonds, de parents républicains espagnols exilés
1953 : la famille s'installe à Antony (Hauts-de-Seine)
1959 : refuse le service militaire en Algérie, s'exile à Londres, fréquente les milieux anarchistes et rock
1965 : épouse Nadine Delahaye, peintre
1967 : rencontre Julien Clerc au café L'Écritoire, dans le Quartier latin de Paris
1968 : La Cavalerie diffusée pour la première fois en radio (18 mai) ; participation aux événements de mai 1968
1977 : écrit Magnolias for Ever et Alexandrie Alexandra pour Claude François
1981 : publication du roman La Porte marine aux éditions du Seuil
1985 : sortie du film L'Amour braque d'Andrzej Zulawski, d'après son adaptation de L'Idiot de Dostoïevski
1987 : écrit Joe le taxi pour Vanessa Paradis ; rédige le livret de l'opéra Ça ira avec Roger Waters
1989 : reçoit le Grand Prix de la chanson de la SACEM ; sort Mirador pour Johnny Hallyday
1990 : mort de sa femme Nadine Delahaye, le 27 février, d'une leucémie
1992 : album Utile avec Julien Clerc
1993 : Prix Vincent-Scotto de la SACEM pour l'album Utile
1996 : élu administrateur de la SACEM (mandats 1996-1999 et 2000-2003)
2004 : mort le 31 mai à Paris d'un accident vasculaire cérébral, à 62 ans


Vie personnelle et engagements

Né de Antonio Roda Vallès, peintre en voiture, ouvrier typographe et militant de la CNT, et de Leonor Gil García, sans profession, tous deux exilés de Catalogne, Étienne Roda-Gil grandit dans une pauvreté extrême qui lui vaut un épisode de scorbut dans l'enfance. Sa langue maternelle est le catalan. En 1965, il épouse Nadine Delahaye, peintre issue de la bourgeoisie française, rencontrée à l'adolescence à Antony. Elle devient sa compagne de vie jusqu'à sa mort le 27 février 1990, emportée par une leucémie. De sa dernière compagne, Nathalie Perrette, qui travaillait dans la publicité, il a une fille, Alma. Il a également deux fils, Numa (libraire et animateur BD à La Cinq) et Vladimir (compositeur de musique électronique), nés de relations antérieures ou de sa vie avec Nadine Delahaye selon les sources disponibles.

Libertaire convaincu, Roda-Gil participe aux manifestations de la CNT et s'affiche proche des anarcho-syndicalistes tout au long de sa vie. Il est membre de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires et participe aux activités de l'Internationale situationniste. Son engagement politique irrigue ses textes de chansons, dont la militante Makhnovchtchina, reprise par Serge Utgé-Royo et les Bérurier Noir. Proche de Jim Morrison lors du séjour parisien du chanteur des Doors en 1971, il lie ensuite amitié avec Roger Waters, avec qui il partage une vision de la chanson comme acte politique. Juliette Gréco, qui interprète plusieurs de ses textes, déclare de lui : "c'était un être humain, ce qui n'est pas si fréquent."


Contexte du décès

Étienne Roda-Gil meurt le 31 mai 2004 à Paris, 13e arrondissement, des suites d'un accident vasculaire cérébral. Il avait 62 ans. Le lieu précis de prise en charge médicale n'a pas été rendu public par la famille. Les obsèques se tiennent dans un cadre privé. Juliette Gréco rend hommage à celui qu'elle décrit comme "un torrent de générosité, de tendresse, un homme raffiné, cultivé, attentif aux autres". Ses fils Numa et Vladimir s'opposent par la suite à toute exploitation commerciale de la mémoire de leur père, bloquant notamment des projets de livres et de disques posthumes. L'opéra Ça ira, coécrit avec Roger Waters, est publié en 2005, un an après sa mort.


Lieux de mémoire

Étienne Roda-Gil est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 6e division, auprès de sa femme Nadine Delahaye. La tombe est identifiée comme lieu de recueillement pour les admirateurs de son oeuvre et de son engagement libertaire.


Anecdotes

1 - Roda-Gil avait constitué pour son usage personnel un dictionnaire manuscrit des mots français d'une et deux syllabes, outil qu'il jugeait indispensable pour respecter la prosodie et la musicalité des textes de chansons.
2 - C'est après que Claude François lui eut lancé "continue à faire des chefs-d'oeuvre pour petites filles en socquettes de Neuilly, et je continuerai à chanter des conneries pour les pauvres" que Roda-Gil, touché dans sa fibre militante, accepte d'écrire Magnolias for Ever et Alexandrie Alexandra, deux textes qu'il livra à un chanteur dont il n'appréciait pas l'univers commercial.
3 - La chanson Joe le taxi trouve son origine dans une conversation de nuit en taxi avec une Portugaise exilée, Maria-José, chauffeure de taxi lesbienne du club parisien Le Privé, que Roda-Gil fréquentait : inspiré par sa trajectoire, il lui demande sur le moment la permission d'en faire une chanson. Il ne la reverra jamais.
4 - En 1959, pour échapper au service militaire en Algérie, Roda-Gil s'exile à Londres, où il s'immerge simultanément dans les cercles anarchistes et dans la scène rock naissante, deux univers qu'il continue à mêler dans son oeuvre par la suite.
5 - Le livret d'opéra Ça ira, rédigé avec Roger Waters sur le thème de la Révolution française, avait été initialement conçu pour les commémorations du bicentenaire en 1989, mais François Mitterrand aurait refusé qu'un sujet britannique compose la musique officielle de l'événement.
6 - Bien qu'ayant signé plus de 700 chansons, Roda-Gil est décrit par des proches comme "faux ours et vrai buveur de whisky", réservé en société et peu enclin aux mondanités du milieu du spectacle.


Points clés

- Métier(s) : parolier, dialoguiste, romancier
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Nadine Delahaye (épouse, 1965-1990, décédée) ; Nathalie Perrette (compagne)
- Enfants : Numa, Vladimir, Alma
- Distinctions : Grand Prix de la chanson de la SACEM (1989) ; Prix Vincent-Scotto de la SACEM (1993)


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Autres chanteurs nés dans les années 1940

Citations

« À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? »

— Paroles de la chanson Utile, album Utile (Julien Clerc), 1992

« Une chanson, c'est un très bon petit film qui ressemble à un rêve. Avec un commencement, une fin, et, au milieu, une souffrance ou une joie. Et si possible un refrain. »

— Interview à La Liberté (Suisse), citée dans Le Temps, juin 2004

« La Pensée libertaire n'est pas un fourre-tout où n'importe quel médiocre peut trouver un onguent pour les plaies que la société autoritaire lui inflige. C'est une forme de messianisme sans Dieu qui croit que l'homme est capable de se reconnaître dans son semblable et d'établir par là, avec lui et elle, une communauté solidaire capable d'en finir avec toutes les idéologies. Essayer le paradis, ici... »

— Texte de Roda-Gil reproduit dans le Dictionnaire des anarchistes (Le Maitron), 1990

« À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? »

— Paroles de la chanson Utile, album Utile (Julien Clerc), 1992

« Une chanson, c'est un très bon petit film qui ressemble à un rêve. Avec un commencement, une fin, et, au milieu, une souffrance ou une joie. Et si possible un refrain. »

— Interview à La Liberté (Suisse), citée dans Le Temps, juin 2004

« La Pensée libertaire n'est pas un fourre-tout où n'importe quel médiocre peut trouver un onguent pour les plaies que la société autoritaire lui inflige. C'est une forme de messianisme sans Dieu qui croit que l'homme est capable de se reconnaître dans son semblable et d'établir par là, avec lui et elle, une communauté solidaire capable d'en finir avec toutes les idéologies. Essayer le paradis, ici... »

— Texte de Roda-Gil reproduit dans le Dictionnaire des anarchistes (Le Maitron), 1990

Questions autour de Étienne Roda-Gil

Qui est Étienne Roda-Gil ?
Étienne Roda-Gil est un parolier et dialoguiste français (1941-2004), auteur de plus de 700 chansons pour des artistes comme Julien Clerc, Claude François, Vanessa Paradis et Johnny Hallyday. Militant libertaire d'origine catalane, il est aussi l'auteur de romans publiés au Seuil.
Étienne Roda-Gil a-t-il écrit Joe le taxi ?
Oui. Étienne Roda-Gil a écrit les paroles de Joe le taxi, interprété par Vanessa Paradis en 1987, après s'être inspiré d'une chauffeure de taxi parisienne d'origine portugaise qu'il fréquentait.
Quelles sont les chansons les plus connues d'Étienne Roda-Gil ?
Parmi ses textes les plus célèbres figurent Alexandrie Alexandra et Magnolias for Ever pour Claude François, Joe le taxi pour Vanessa Paradis, Ce n'est rien et Si on chantait pour Julien Clerc, et Mirador pour Johnny Hallyday.
Étienne Roda-Gil était-il marié ?
Étienne Roda-Gil a épousé en 1965 Nadine Delahaye, peintre, morte d'une leucémie le 27 février 1990. Il a ensuite eu une compagne, Nathalie Perrette, avec qui il a eu une fille prénommée Alma.
Pourquoi Étienne Roda-Gil est-il enterré au cimetière du Montparnasse ?
Étienne Roda-Gil est inhumé au cimetière du Montparnasse (6e division) auprès de sa femme Nadine Delahaye, décédée en 1990. Il avait exprimé le souhait de reposer à ses côtés.
Qui est né le même jour que Étienne Roda-Gil ?
Joe Elliott, Jean-Baptiste de Lamarck, Hamza, Demián Bichir et Mac Lesggy sont nés le 1 août comme Étienne Roda-Gil.
À quel âge est mort Étienne Roda-Gil ?
Étienne Roda-Gil est mort à 62 ans, le 31 mai 2004.
Qui est mort le même jour que Étienne Roda-Gil ?
Christo, Romain Bouteille, Gilberto Rodríguez Orejuela, Jacques Monod et Louise Bourgeois sont morts le 31 mai comme Étienne Roda-Gil.
Quels chanteurs français sont nés en 1941 comme Étienne Roda-Gil ?
Quels chanteurs français sont du signe Lion comme Étienne Roda-Gil ?
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