Édouard Balladur, né le 2 mai 1929 à Izmir, est un haut fonctionnaire et homme d'État français, Premier ministre du 29 mars 1993 au 17 mai 1995 sous la deuxième cohabitation. Candidat à l'élection présidentielle de 1995, il a longtemps été favori avant d'être éliminé au premier tour.
Conseiller d'État après son passage par Sciences Po et l'École nationale d'administration, Édouard Balladur intègre en 1964 le cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, à l'hôtel de Matignon. Il y travaille principalement sur les affaires sociales et participe activement, en mai 1968, à l'élaboration des accords de Grenelle aux côtés de Jacques Chirac, dont il fait alors la connaissance. Devenu secrétaire général adjoint de l'Élysée en 1969, puis secrétaire général de la présidence de la République en avril 1973, il prend une influence considérable durant la maladie du chef de l'État, qui meurt en avril 1974. Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, écarté du pouvoir, il rejoint le secteur privé, dirige la Générale de service informatique à partir de 1977 puis la Compagnie européenne d'accumulateurs entre 1980 et 1986, sur l'invitation de l'industriel Ambroise Roux.
Élu député de Paris en 1986, il est nommé ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de la Privatisation dans le gouvernement de Jacques Chirac, durant la première cohabitation. Il y conduit une politique libérale, lance un vaste programme de privatisations portant sur Saint-Gobain, Paribas ou la Société générale, et est l'instigateur des accords du Louvre du 22 février 1987 sur la stabilisation monétaire internationale. En mars 1993, après la victoire de l'Union pour la France aux législatives, François Mitterrand le nomme Premier ministre, ouvrant la « cohabitation de velours ». Son gouvernement réunit Simone Veil, Charles Pasqua, Pierre Méhaignerie et le jeune Nicolas Sarkozy au Budget. Il publie en 1995 Deux ans à Matignon, récit de cette expérience.
Édouard Balladur a été poursuivi devant la Cour de justice de la République dans le volet financier de l'affaire Karachi, soupçonné d'avoir bénéficié de rétrocommissions versées sur des contrats d'armement avec le Pakistan et l'Arabie saoudite, qui auraient alimenté sa campagne présidentielle de 1995. Le 4 mars 2021, la CJR l'a relaxé des chefs de complicité d'abus de biens sociaux et de recel, estimant que la preuve d'instructions données en connaissance de cause n'était pas rapportée et que l'origine des 10 250 000 francs versés sur son compte de campagne le 26 avril 1995 n'avait pu être tracée. Son ancien directeur de campagne Nicolas Bazire, condamné en première instance, a lui aussi été relaxé en appel le 21 janvier 2025.
1929 : naissance à Izmir, Turquie, le 2 mai
1957 : sortie de l'ENA, promotion France-Afrique, et entrée au Conseil d'État
1964 : intègre le cabinet de Georges Pompidou à Matignon
1968 : participe à l'élaboration des accords de Grenelle
1973 : nommé secrétaire général de la présidence de la République
1986 : élu député de Paris et nommé ministre d'État, ministre de l'Économie
1987 : instigateur des accords du Louvre sur la stabilisation monétaire
1993 : nommé Premier ministre par François Mitterrand le 29 mars
1994 : gestion de la prise d'otages du vol Air France 8969 à Marignane
1995 : éliminé au premier tour de la présidentielle, le 23 avril
2002 : préside la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale
2007 : préside le Comité de réflexion sur la modernisation des institutions
2009 : remet le rapport sur la réforme des collectivités locales et se retire de la vie publique
2021 : relaxé par la Cour de justice de la République dans l'affaire Karachi
Fils cadet de Pierre Balladur, banquier et directeur de l'agence de la Banque ottomane à Smyrne, et d'Émilie Latour, Édouard Léon Raoul Balladur naît dans une famille d'origine arménienne francisée au XVIIIe siècle. Les Balladur, naturalisés français en 1932, se réfugient à Marseille en 1935 avec leurs six enfants. Scolarisé à six ans à l'école Jean-Baptiste de La Salle, il poursuit en 1942 au lycée Thiers, puis effectue une licence de droit à l'université d'Aix-Marseille avant d'intégrer l'Institut d'études politiques de Paris, où il est pensionnaire chez les frères maristes du 104, rue de Vaugirard, comme l'a été François Mitterrand. Il épouse Marie-Josèphe Delacour à Saint-Amour le 28 août 1957.
Le couple a quatre fils : Pierre, médecin et professeur des universités ; Jérôme, banquier d'affaires chez Lazard Frères ; Henri, codirecteur d'Euro RSCG Genève ; et Romain, né en 1969. Son épouse Marie-Josèphe est décédée le 30 décembre 2025 à l'âge de 91 ans. Édouard Balladur a toujours revendiqué un attachement à la Provence et à ses racines familiales. Il est très proche de Jacques Chirac, rencontré dans le sillage de Georges Pompidou, avant la rupture politique de 1995, ainsi que de Nicolas Sarkozy, qui lui confie les présidences de deux comités consultatifs sous son quinquennat. L'architecte Jean Balladur, créateur de la station de La Grande-Motte, est son cousin.
1 - Atteint d'une tuberculose qui interrompt ses études, Édouard Balladur se rétablit avant d'entrer à l'École nationale d'administration en 1955, dont il sort dans la « botte » en 1957, classé cinquième de la promotion France-Afrique.
2 - À l'ENA, il forme un groupe de travail avec Jérôme Monod, Pierre Verbrugghe, futur préfet de police de Paris, Jacques Calvet, futur PDG de Peugeot, et Jean Dromer, futur PDG de Louis Vuitton.
3 - Devenu Premier ministre en mars 1993, il renonce immédiatement à sa pension de conseiller d'État, qu'il fait reverser à une association caritative, et vend les actions qu'il détient.
4 - Sa phrase « Je vous demande de vous arrêter ! », lancée à ses partisans qui huaient Jacques Chirac le soir du 23 avril 1995, est devenue culte et a été détournée dans plusieurs jeux vidéo, dont Portal 2 et Call of Duty: Black Ops II.
5 - Il a présidé de 1968 à 1980 la Société française pour la construction et l'exploitation du tunnel sous le Mont-Blanc.
6 - En 2010, il a décliné la proposition de Nicolas Sarkozy de le nommer membre du Conseil constitutionnel.
- Métier(s) : haut fonctionnaire, homme d'État, ancien Premier ministre, essayiste
- Résidence principale : Paris, 16e arrondissement
- Relations de couple : marié à Marie-Josèphe Delacour de 1957 à 2025
- Enfants : Pierre, Jérôme, Henri et Romain Balladur
- Distinctions : Grand-croix de l'ordre national du Mérite (1993), Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne, Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République de Pologne, Commandeur de l'ordre de Saint-Sylvestre Pape (1967)
« Je vous demande de vous arrêter ! »
— QG de campagne, 23 avril 1995, soir du premier tour de l'élection présidentielle
« Lire la presse, ce n'est pas être informé de l'état de l'opinion, mais être informé de l'opinion des journalistes. »
— Raphaëlle Bacqué, L'Enfer de Matignon, éd. Points, 2010, p. 249
« Je me suis attaché à tenir aux Français un langage de vérité, aussi loin des vaines promesses que des discours dogmatiques, à leur proposer pour la France de demain un projet fondé sur un espoir lucide. »
— Interview à La Vie, 20 avril 1995
« La façon de gérer la société doit être adaptée au progrès des mentalités. Je ne crois pas davantage qu'on puisse faire le bien des hommes malgré eux. Il faut le faire avec leur consentement, se garder des décisions souveraines imposées d'en haut. »
— Site officiel info.gouv.fr, fiche des anciens Premiers ministres
Je ne fais pas de promesses, mais je les tiens.
Réfléchir, ça ne consiste pas à tout arrêter pour se mettre à penser.
« Je vous demande de vous arrêter ! »
— QG de campagne, 23 avril 1995, soir du premier tour de l'élection présidentielle
« Lire la presse, ce n'est pas être informé de l'état de l'opinion, mais être informé de l'opinion des journalistes. »
— Raphaëlle Bacqué, L'Enfer de Matignon, éd. Points, 2010, p. 249
« Je me suis attaché à tenir aux Français un langage de vérité, aussi loin des vaines promesses que des discours dogmatiques, à leur proposer pour la France de demain un projet fondé sur un espoir lucide. »
— Interview à La Vie, 20 avril 1995
« La façon de gérer la société doit être adaptée au progrès des mentalités. Je ne crois pas davantage qu'on puisse faire le bien des hommes malgré eux. Il faut le faire avec leur consentement, se garder des décisions souveraines imposées d'en haut. »
— Site officiel info.gouv.fr, fiche des anciens Premiers ministres
Je ne fais pas de promesses, mais je les tiens.
Réfléchir, ça ne consiste pas à tout arrêter pour se mettre à penser.