Daniel Pennac est un écrivain français reconnu pour la saga Malaussène, ses romans pour la jeunesse et ses essais sur la lecture comme Comme un roman et Chagrin d’école, figure centrale de la littérature contemporaine née au Maroc et installée à Paris.
Né le 1er décembre 1944 à Casablanca, Daniel Pennac grandit au gré des affectations militaires de son père en Afrique, en Asie du Sud-Est et en France, notamment à La Colle-sur-Loup. Après une scolarité difficile, il obtient le baccalauréat puis une maîtrise de lettres à Nice et devient en 1969 professeur de français dans le secondaire à Soissons, puis à Nice et à Paris. Il publie en 1973 son premier texte, l’essai Le service militaire au service de qui ?. À partir des années 1980, il se tourne vers la littérature jeunesse avec Cabot-Caboche et L’Œil du loup, puis vers le roman avec Au bonheur des ogres, premier volume de la saga Malaussène. En 1995, il quitte l’enseignement pour se consacrer à l’écriture, développant romans, essais, théâtre, scénarios et bandes dessinées.
1 décembre 1944 : Naissance de Daniel Pennac à Casablanca (Maroc).
1969 : Débuts comme professeur de français dans l’enseignement secondaire.
1973 : Publication de l’essai Le service militaire au service de qui ?.
1979-1981 : Séjour de deux ans au Brésil avec sa première épouse, source du roman Le Dictateur et le Hamac.
1982 : Parution du roman jeunesse Cabot-Caboche.
1984 : Parution de L’Œil du loup.
1985 : Publication de Au bonheur des ogres, lancement de la saga Malaussène.
1992 : Parution de l’essai Comme un roman sur le rapport à la lecture.
1995 : Abandon de l’enseignement pour une activité d’écrivain à plein temps.
2003 : Publication de Le Dictateur et le Hamac.
2007 : Prix Renaudot pour Chagrin d’école.
2015 : Sortie de la bande dessinée Un amour exemplaire avec Florence Cestac et adaptation scénique ultérieure.
2018 : Publication de Mon frère, consacré à son frère Bernard.
2023 : Grand prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
2023 : Prix Raymond-Chandler et installation de la compagnie théâtrale Mia en résidence permanente au Mans.
Issu d’une famille d’origine corse et provençale, Daniel Pennac est le quatrième et dernier garçon d’un officier de l’armée coloniale et d’une mère lectrice autodidacte. Son enfance est marquée par de nombreux déplacements en Afrique, en Asie du Sud-Est et en France, expérience qui nourrit son imaginaire. Il a été marié à la sociologue Irène Pennacchioni-Léothaud, avec laquelle il séjourne au Brésil à la fin des années 1970. Il vit ensuite durablement à Paris, dans le quartier de Belleville, tout en partageant son temps avec le Vercors où il travaille régulièrement. Les informations relatives à ses enfants ne sont pas rendues publiques. Très impliqué dans la défense du « plaisir de lire », il participe à des lectures publiques, enregistre certains de ses textes en livre audio et intervient dans des actions de médiation autour de la lecture à voix haute et de la littérature jeunesse.
1 – Dans Chagrin d’école, il raconte qu’enfant il aurait mis un an à comprendre la lettre « A », épisode devenu emblématique de son passé de « cancre » et de sa réflexion sur l’échec scolaire.
2 – Il raccourcit son patronyme de Pennacchioni à Pennac lors de la parution de son pamphlet Le service militaire au service de qui ?, par crainte d’embarrasser son père officier avec un texte très critique sur l’institution militaire.
3 – Le roman Au bonheur des ogres, qui introduit Benjamin Malaussène, naît d’un défi lancé par son ami Jean-Bernard Pouy après la lecture de plusieurs titres de la « Série noire » de Gallimard.
4 – Grand défenseur de la lecture à voix haute, il lit lui-même ses textes sur scène, notamment Bartleby le scribe et Journal d’un corps, et enregistre des livres audio pour des maisons d’édition et des associations dédiées aux publics empêchés de lire.
5 – Avec la bande dessinée Un amour exemplaire, il conçoit un dispositif scénique où il lit le texte pendant que Florence Cestac dessine en direct sur scène, croisant littérature, dessin et théâtre.
Né à Casablanca, Daniel Pennac passe son enfance entre diverses garnisons en Afrique, en Asie du Sud-Est et à La Colle-sur-Loup. Adulte, il s’ancre à Paris, dans le quartier de Belleville, où il situe aussi la famille Malaussène, et partage aujourd’hui sa vie entre Belleville, le plateau du Vercors et Le Mans via la compagnie théâtrale Mia.
• Métier(s) : écrivain, romancier, auteur de littérature jeunesse, essayiste, scénariste, dramaturge, ancien professeur de lettres
• Résidence principale : Paris, France (quartier de Belleville)
• Relations : première épouse connue – Irène Pennacchioni-Léothaud (mariage antérieur au séjour au Brésil, dates privées)
• Enfants : informations familiales non rendues publiques
• Distinctions : Prix Mystère de la critique (1988), Prix du Livre Inter (1990), Prix des Maisons de la presse (1999), Prix Ulysse (2005), Prix Renaudot pour Chagrin d’école (2007), Grand prix Metropolis bleu (2008), Grand prix de littérature de l’Académie française (2023), Prix Raymond-Chandler (2023)
Le sommeil est une séparation.
L'architecture est art de suggestion.
L'imagination, ce n'est pas le mensonge.
L'insomnie est une illusion de feignant.
Les enfants sont des énigmes lumineuses.
Les antiquaires sont des pilleurs d'âmes.
La ville est l'aliment préféré des chiens.
L'avenir, c'est la trahison des promesses.
L'amour ne se prédit pas, il se construit.
Le verbe lire ne supporte pas l'impératif.
La mémoire, c'est l'imagination à l'envers.
On ne force pas une curiosité, on l'éveille.
On est meilleur juge des oeuvres des autres.
Y'a pas de pédagogie, y'a que des pédagogues.
Pas de tolérance sans concession, tout est là.
À chacun sa vie : c'est le secret de l'amitié.
Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire.
A quarante ans, on est riche ou on n'est rien.
Quand tout est fichu, il y a encore le courage.
Les batailles se perdent dans la précipitation.
Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous...
Il faut beaucoup de femmes pour réussir un homme.
C'est que l'âge se révolte à tout âge contre l'âge !
Quand l'homme s'applique, même les pierres flambent.
Quand il n'y a plus de solution, reste la vengeance.
Très vite, un professeur devient un vieux professeur.
Il y a des silences qui sont de dangereux explosifs !
Les mots, comme les armes, partent parfois tout seuls.
Mourir, c'est enterrer tout le monde en une seule fois.
On devrait vivre a posteriori. On décide tout trop tôt.
Mais il y a pire que l'imprévu, ce sont les certitudes !
Un ivrogne, ça raconte n'importe quoi, surtout la vérité.
A qui peut-on faire confiance dès qu'il s'agit d'argent ?
Une chambre d'enfant à ranger, c'est une vie à construire.
Ce que Dieu ne peut plus faire, une femme, parfois, le peut.
Quand la vie ne tient qu'à un fil, c'est fou le prix du fil !
Etre libre, c'est d'abord être libéré du besoin de comprendre.
Ecrire l'Histoire, c'est foutre la pagaille dans la Géographie.
La meilleure des douches ne vous lave pas de toutes nos humeurs.
La communion dans l'erreur est un des inconvénients de l'amitié.
Quand on ne peut pas changer le monde, il faut changer le décor.
La force, ce n'est rien dans la vie. C'est l'esquive qui compte !
Regarde-toi un peu. Tu n'as pas honte d'être si jeune? À ton âge!
Pour la retraite, la plume est moins utile que la tondeuse à gazon.
Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre.
Je suis né par curiosité. Y a-t-il une meilleure raison de naître ?
L'homme ne se nourrit pas de vérité, l'homme se nourrit de réponses.
Les lions sont comme les riches, ils laissent toujours quelque chose.
Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilatent le temps de vivre.
La patience du consolateur tient à ce qu'il a ses propres embêtements.
Savoir ce qu'un boulot rapporte, mais savoir aussi ce qu'il vous coûte.
Ce professeur-là n'inculquait pas un savoir, il offrait ce qu'il savait.
Enseigner, c'est faire en sorte que chaque cours sonne l'heure du réveil.
L'espèce humaine est une décision de femme. Même Hitler n'a rien pu contre.
Le spectacle des autres que l'on suppose en train de penser est encourageant.
L'enfance, sous nos latitudes est un privilège ! Et la maturité un apostolat !
Ne jamais exagérer le mal qu'on peut faire aux autres. Leur laisser ce plaisir.
Celui qui court vers la femme qu'il aime, celui-là aussi fait tourner le monde !
Aimer c'est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons.
Qu'est-ce qu'il y a de plus triste qu'un enfant qui part ? Un enfant qui reste !
Quels pédagogues nous étions, quand nous n'avions pas le souci de la pédagogie !
Le vrai bonheur ne cite pas ses sources... pour ne pas rendre le Bon Dieu jaloux.
Rien ne peut jamais marcher si l'on songe à tout ce qu'il faut pour que ça marche.
Mais d'où tiens-tu que les malheurs prévus sont plus supportables que les autres ?
Les mots ont une histoire, ils ne tombent pas de notre bouche comme un oeuf du jour.
Naître, c'est à la portée de tout le monde ! Mais il faut devenir ensuite ! Devenir !
Une des fonctions essentielles du conte est d'imposer une trêve au combat des hommes.
Les souvenirs sont des enfants du hasard, seuls les truqueurs ont leur mémoire en ordre.
Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des questions.
Ne cherchez pas à écrire l'Histoire, contentez-vous de rendre ses droits à la Géographie.
L'amour rend aveugle. L'amour doit rendre aveugle ! Il a sa propre lumière. Eblouissante.
La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens.
Dans la vie en général, il ne paraît jamais naturel ni mérité d'être aimé. C'est un honneur.
Si on devait envisager l'amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s'y risquerait ?
Parler de l'avenir à un petit enfant, c'est lui demander de mesurer l'infini avec un décimètre.
Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n'en prend pas garde, elles se mondialisent.
Les besoins de s'instruire sont d'autant plus difficiles à combler qu'il faut d'abord les éveiller.
Le roman rend aussi le silence : ce qui se dit lorsqu'il ne se dit rien, et là-dedans chacun voyage.
Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même.
Je ne comprends pas qu'un être normalement doué de sensibilité ne pleure pas pendant les informations.
L'homme construit des maisons parce qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il se sait mortel.
Le chagrin creusé par ceux qui partent fait le nid de ceux qui arrivent dans le coeur de ceux qui espèrent.
C'est la marque des âmes fortes : chagrins et bonheurs n'y sont que des parenthèses sur la route du devoir.
Il suffit d'un professeur - un seul - pour nous sauver de nous-mêmes et nous faire oublier tous les autres.
On écrit pour en finir avec soi-même mais dans le désir d'être lu, pas moyen d'échapper à cette contradiction.
Entre la femme qui l'a mis au monde et celle qui l'y garde, un romancier se devrait de remercier la terre entière.
On croit qu'on emmène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent à la méditation.
Il ne faut pas cracher sur les jeux de mots. Les plus mauvais vont aux meilleurs amis. C'est l'ineffable prix de l'intimité.
Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n'est qu'un rêve de prédateur.
Il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire. Il s'agit de savoir ce qu'on veut. Or on ne veut rien d'autre que l'Eternité.
En politique, nous passons le plus clair de notre temps à parler des absents, il arrive que leur présence n'y change pas grand-chose.
On croit qu'on amène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent deux fois par jour à la méditation.
Il y a les très beaux et les très laids. Quant à la peau et ses histoires de couleurs, ce sont des caprices de la géographie, rien de plus.
La pire saloperie que puisse vous faire un cauchemar, c'est de vous donner l'illusion de sa propre conscience et de continuer à en être un !
Il y a des circonstances de la vie où l'homme ressemble à un ordinateur : tout lisse à l'extérieur mais clignotant des neurones avec frénésie.
Ancien libraire, ancien boucher, ancien coiffeur, ça veut rien dire : être un ancien quelque chose, c'est forcément devenir un nouveau quelqu'un !
Le temps de lire est toujours du temps volé. C'est sans doute la raison pour laquelle le métro se trouve être la plus grande bibliothèque du monde.
Les anges sont des êtres de vapeur et d'écume, ils n'ont pas de mains, ils n'ont pas de pieds, ils n'ont qu'un sourire incertain avec du blanc autour.
La nature de l'énergie qu'il faut déployer lors d'une campagne électorale a beaucoup plus à voir avec le goût du pouvoir qu'avec le sens du bien public.
Les mots ne sont que les mots, à peu près rien sans leur dessein que l'on confie au ton et qui transcende leur sens à jamais prisonnier des dictionnaires.
Une colonie est un pays dont les fonctionnaires appartiennent à un autre pays. Exemple : l'Indochine est une colonie française, la France une colonie corse.
S'informer, c'est se retrancher, n'importe quel père de famille vous le dira, à l'heure de la vaisselle. Le quotidien qui informe nous préserve de celui qui encombre.
Pour que la connaissance ait une chance de s'incarner dans le présent d'un cours, il faut cesser d'y brandir le passé comme une honte, et l'avenir comme un châtiment.
C'est le propre des êtres vivants de faire aimer la vie, même sous la forme d'une équation du second degré, mais la vitalité n'a jamais été inscrite au programme des écoles.
Le sommeil est une séparation.
L'architecture est art de suggestion.
L'imagination, ce n'est pas le mensonge.
L'insomnie est une illusion de feignant.
Les enfants sont des énigmes lumineuses.
Les antiquaires sont des pilleurs d'âmes.
La ville est l'aliment préféré des chiens.
L'avenir, c'est la trahison des promesses.
L'amour ne se prédit pas, il se construit.
Le verbe lire ne supporte pas l'impératif.
La mémoire, c'est l'imagination à l'envers.
On ne force pas une curiosité, on l'éveille.
On est meilleur juge des oeuvres des autres.
Y'a pas de pédagogie, y'a que des pédagogues.
Pas de tolérance sans concession, tout est là.
À chacun sa vie : c'est le secret de l'amitié.
Le pire dans le pire, c'est l'attente du pire.
A quarante ans, on est riche ou on n'est rien.
Quand tout est fichu, il y a encore le courage.
Les batailles se perdent dans la précipitation.
Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous...
Il faut beaucoup de femmes pour réussir un homme.
C'est que l'âge se révolte à tout âge contre l'âge !
Quand l'homme s'applique, même les pierres flambent.
Quand il n'y a plus de solution, reste la vengeance.
Très vite, un professeur devient un vieux professeur.
Il y a des silences qui sont de dangereux explosifs !
Les mots, comme les armes, partent parfois tout seuls.
Mourir, c'est enterrer tout le monde en une seule fois.
On devrait vivre a posteriori. On décide tout trop tôt.
Mais il y a pire que l'imprévu, ce sont les certitudes !
Un ivrogne, ça raconte n'importe quoi, surtout la vérité.
A qui peut-on faire confiance dès qu'il s'agit d'argent ?
Une chambre d'enfant à ranger, c'est une vie à construire.
Ce que Dieu ne peut plus faire, une femme, parfois, le peut.
Quand la vie ne tient qu'à un fil, c'est fou le prix du fil !
Etre libre, c'est d'abord être libéré du besoin de comprendre.
Ecrire l'Histoire, c'est foutre la pagaille dans la Géographie.
La meilleure des douches ne vous lave pas de toutes nos humeurs.
La communion dans l'erreur est un des inconvénients de l'amitié.
Quand on ne peut pas changer le monde, il faut changer le décor.
La force, ce n'est rien dans la vie. C'est l'esquive qui compte !
Regarde-toi un peu. Tu n'as pas honte d'être si jeune? À ton âge!
Pour la retraite, la plume est moins utile que la tondeuse à gazon.
Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre.
Je suis né par curiosité. Y a-t-il une meilleure raison de naître ?
L'homme ne se nourrit pas de vérité, l'homme se nourrit de réponses.
Les lions sont comme les riches, ils laissent toujours quelque chose.
Le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilatent le temps de vivre.
La patience du consolateur tient à ce qu'il a ses propres embêtements.
Savoir ce qu'un boulot rapporte, mais savoir aussi ce qu'il vous coûte.
Ce professeur-là n'inculquait pas un savoir, il offrait ce qu'il savait.
Enseigner, c'est faire en sorte que chaque cours sonne l'heure du réveil.
L'espèce humaine est une décision de femme. Même Hitler n'a rien pu contre.
Le spectacle des autres que l'on suppose en train de penser est encourageant.
L'enfance, sous nos latitudes est un privilège ! Et la maturité un apostolat !
Ne jamais exagérer le mal qu'on peut faire aux autres. Leur laisser ce plaisir.
Celui qui court vers la femme qu'il aime, celui-là aussi fait tourner le monde !
Aimer c'est, finalement, faire don de nos préférences à ceux que nous préférons.
Qu'est-ce qu'il y a de plus triste qu'un enfant qui part ? Un enfant qui reste !
Quels pédagogues nous étions, quand nous n'avions pas le souci de la pédagogie !
Le vrai bonheur ne cite pas ses sources... pour ne pas rendre le Bon Dieu jaloux.
Rien ne peut jamais marcher si l'on songe à tout ce qu'il faut pour que ça marche.
Mais d'où tiens-tu que les malheurs prévus sont plus supportables que les autres ?
Les mots ont une histoire, ils ne tombent pas de notre bouche comme un oeuf du jour.
Naître, c'est à la portée de tout le monde ! Mais il faut devenir ensuite ! Devenir !
Une des fonctions essentielles du conte est d'imposer une trêve au combat des hommes.
Les souvenirs sont des enfants du hasard, seuls les truqueurs ont leur mémoire en ordre.
Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des questions.
Ne cherchez pas à écrire l'Histoire, contentez-vous de rendre ses droits à la Géographie.
L'amour rend aveugle. L'amour doit rendre aveugle ! Il a sa propre lumière. Eblouissante.
La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens.
Dans la vie en général, il ne paraît jamais naturel ni mérité d'être aimé. C'est un honneur.
Si on devait envisager l'amour du point de vue de notre emploi du temps, qui s'y risquerait ?
Parler de l'avenir à un petit enfant, c'est lui demander de mesurer l'infini avec un décimètre.
Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n'en prend pas garde, elles se mondialisent.
Les besoins de s'instruire sont d'autant plus difficiles à combler qu'il faut d'abord les éveiller.
Le roman rend aussi le silence : ce qui se dit lorsqu'il ne se dit rien, et là-dedans chacun voyage.
Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même.
Je ne comprends pas qu'un être normalement doué de sensibilité ne pleure pas pendant les informations.
L'homme construit des maisons parce qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il se sait mortel.
Le chagrin creusé par ceux qui partent fait le nid de ceux qui arrivent dans le coeur de ceux qui espèrent.
C'est la marque des âmes fortes : chagrins et bonheurs n'y sont que des parenthèses sur la route du devoir.
Il suffit d'un professeur - un seul - pour nous sauver de nous-mêmes et nous faire oublier tous les autres.
On écrit pour en finir avec soi-même mais dans le désir d'être lu, pas moyen d'échapper à cette contradiction.
Entre la femme qui l'a mis au monde et celle qui l'y garde, un romancier se devrait de remercier la terre entière.
On croit qu'on emmène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent à la méditation.
Il ne faut pas cracher sur les jeux de mots. Les plus mauvais vont aux meilleurs amis. C'est l'ineffable prix de l'intimité.
Le bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi, la société n'est qu'un rêve de prédateur.
Il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire. Il s'agit de savoir ce qu'on veut. Or on ne veut rien d'autre que l'Eternité.
En politique, nous passons le plus clair de notre temps à parler des absents, il arrive que leur présence n'y change pas grand-chose.
On croit qu'on amène son chien pisser midi et soir. Grave erreur : ce sont les chiens qui nous invitent deux fois par jour à la méditation.
Il y a les très beaux et les très laids. Quant à la peau et ses histoires de couleurs, ce sont des caprices de la géographie, rien de plus.
La pire saloperie que puisse vous faire un cauchemar, c'est de vous donner l'illusion de sa propre conscience et de continuer à en être un !
Il y a des circonstances de la vie où l'homme ressemble à un ordinateur : tout lisse à l'extérieur mais clignotant des neurones avec frénésie.
Ancien libraire, ancien boucher, ancien coiffeur, ça veut rien dire : être un ancien quelque chose, c'est forcément devenir un nouveau quelqu'un !
Le temps de lire est toujours du temps volé. C'est sans doute la raison pour laquelle le métro se trouve être la plus grande bibliothèque du monde.
Les anges sont des êtres de vapeur et d'écume, ils n'ont pas de mains, ils n'ont pas de pieds, ils n'ont qu'un sourire incertain avec du blanc autour.
La nature de l'énergie qu'il faut déployer lors d'une campagne électorale a beaucoup plus à voir avec le goût du pouvoir qu'avec le sens du bien public.
Les mots ne sont que les mots, à peu près rien sans leur dessein que l'on confie au ton et qui transcende leur sens à jamais prisonnier des dictionnaires.
Une colonie est un pays dont les fonctionnaires appartiennent à un autre pays. Exemple : l'Indochine est une colonie française, la France une colonie corse.
S'informer, c'est se retrancher, n'importe quel père de famille vous le dira, à l'heure de la vaisselle. Le quotidien qui informe nous préserve de celui qui encombre.
Pour que la connaissance ait une chance de s'incarner dans le présent d'un cours, il faut cesser d'y brandir le passé comme une honte, et l'avenir comme un châtiment.
C'est le propre des êtres vivants de faire aimer la vie, même sous la forme d'une équation du second degré, mais la vitalité n'a jamais été inscrite au programme des écoles.