Christine Ockrent, journaliste franco-belge née le 24 avril 1944 à Bruxelles, s'est imposée comme une figure centrale de l'information politique et internationale en France. Troisième femme à présenter un journal de 20 heures, sur Antenne 2 en 1981, elle dirige ensuite L'Express puis l'Audiovisuel extérieur de la France.
Fille du diplomate belge Roger Ockrent, Christine Ockrent s'installe à Paris après la nomination de son père à l'OCDE. Elle est diplômée de Sciences Po Paris en 1965, section relations internationales, et poursuit à l'université de Cambridge. Elle débute aux États-Unis au sein de l'unité européenne de NBC News entre 1967 et 1968, avant d'intégrer le bureau londonien de 60 Minutes sur CBS, où elle travaille de 1968 à 1977 aux côtés des piliers du magazine. Elle collabore ensuite au magazine Vendredi sur FR3 et à 20/20 sur ABC News. En 1979, elle obtient une exclusivité retentissante en interviewant dans sa cellule Amir Abbas Hoveida, ancien Premier ministre du shah d'Iran, exécuté deux jours plus tard à l'issue d'un procès mené par l'ayatollah Sadeq Khalkhali. De retour en France en 1980, elle rejoint Europe 1 pour présenter le journal de 8 heures.
En octobre 1981, Pierre Desgraupes, nouveau président d'Antenne 2, la recrute pour présenter le journal de 20 heures en alternance avec Patrick Poivre d'Arvor, avec la fonction de rédactrice en chef adjointe. De 1987 à 1988, elle est directrice adjointe de l'information de TF1, fraîchement privatisée. Elle revient au 20 heures d'Antenne 2 puis, de 1994 à 1996, dirige l'hebdomadaire L'Express. Sur France 3, elle lance et anime France Europe Express de 1997 à 2007, puis Duel sur la 3. Elle rejoint BFM comme directrice déléguée. De février 2008 à mai 2011, elle est directrice générale déléguée de l'Audiovisuel extérieur de la France, chapeautant RFI, France 24 et TV5 Monde aux côtés d'Alain de Pouzilhac. Depuis février 2013, elle anime Affaires étrangères sur France Culture.
Sa direction de l'Audiovisuel extérieur de la France est marquée par un conflit ouvert avec les rédactions. Le 14 décembre 2010, les directeurs de France 24 annoncent ne plus assister aux réunions en sa présence, alors qu'une enquête judiciaire pour espionnage vise l'une de ses collaboratrices. Deux jours plus tard, 85 % des salariés de France 24 adoptent une motion de défiance à son encontre. Elle quitte ses fonctions en mai 2011. Ses prestations rémunérées auprès d'entreprises privées, les « ménages », ont également été dénoncées par la Société des journalistes de France 3. Le 10 avril 2018, Le Canard enchaîné révèle qu'elle a animé un débat entre députés du Conseil de la choura saoudien lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane.
1944 : naissance le 24 avril à Bruxelles
1965 : diplôme de Sciences Po Paris
1967 : débuts à NBC News
1968 : entrée à 60 Minutes de CBS
1979 : interview d'Amir Abbas Hoveida à Téhéran
1981 : présentation du 20 heures d'Antenne 2
1987 : directrice adjointe de l'information de TF1
1994 : direction de L'Express
1997 : lancement de France Europe Express sur France 3
2007 : officier de la Légion d'honneur le 14 juillet
2008 : nomination à la tête de l'Audiovisuel extérieur de la France
2011 : départ de l'AEF en mai
2013 : début d'Affaires étrangères sur France Culture
2015 : intègre Les Grosses Têtes sur RTL le 16 février
2025 : publication du Trump de A à Z aux éditions Denoël
Christine Ockrent est la fille de Roger Ockrent, ancien chef de cabinet du Premier ministre belge Paul-Henri Spaak puis ambassadeur auprès de l'OCDE, et de Greta Bastenie, femme au foyer. Sa sœur cadette Isabelle, née en 1950, a dirigé la communication de la RATP entre 2008 et 2015. Installée à Paris dès l'enfance, elle suit sa scolarité au collège Sévigné avant Sciences Po et Cambridge. Depuis le début des années 1980, elle partage la vie de Bernard Kouchner, médecin, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du Monde, ancien ministre des Affaires étrangères sous Nicolas Sarkozy. Le couple a un fils, Alexandre, né le 11 mars 1986, journaliste et acteur.
À la sortie du livre La Familia Grande de sa belle-fille Camille Kouchner, en janvier 2021, elle rompt le silence le 18 mars 2021 dans le magazine S de Sophie Davant pour soutenir Camille et son frère jumeau, victimes du politologue Olivier Duhamel. Engagée pour la construction européenne, elle siège au conseil d'administration de l'European Council on Foreign Relations, du Center for European Reform, de Human Rights Watch France et de l'International Crisis Group. Elle est administratrice du groupe Havas depuis août 2014 et membre du club Le Siècle.
1 - Surnommée « la reine Christine » par Paris Match, elle a confié à l'INA avoir d'abord pensé à Marie-Antoinette, « parce qu'en France, les reines, en général, on leur coupe la tête », ce qui selon elle s'est régulièrement vérifié par la suite.
2 - En pleine guerre du Golfe, elle est la seule journaliste européenne à obtenir une interview de Saddam Hussein, après avoir déjà décroché l'exclusivité mondiale avec Hoveida douze ans plus tôt.
3 - Elle figure parmi les rares journalistes français à avoir participé à plusieurs reprises aux réunions du groupe Bilderberg, notamment en 1984, 2007 et 2008.
4 - Dans son livre de 2016 Clinton / Trump : l'Amérique en colère, elle expliquait pourquoi Hillary Clinton allait remporter l'élection présidentielle américaine, quelques semaines avant la victoire de Donald Trump.
5 - Guy Birenbaum, dans Nos délits d'initiés, évoque des cachets de 18 000 euros facturés pour l'animation d'une demi-journée d'événement privé.
6 - En 2025, elle a préfacé la traduction française de Hillbilly Élégie du vice-président américain J. D. Vance, rééditée sous le titre Une famille américaine.
- Métier(s) : journaliste, animatrice, écrivaine, éditorialiste
- Résidence principale : Paris, France
- Relations de couple : Bernard Kouchner (depuis le début des années 1980)
- Enfants : Alexandre Kouchner (né le 11 mars 1986)
- Distinctions : officier de la Légion d'honneur (2007), officier de l'Ordre national du Mérite, officier de l'ordre de Léopold (Belgique)
« Camille a choisi avec courage et talent d'exprimer ce qu'elle et son frère avaient longtemps préféré nous cacher. Nous sommes fiers d'eux et nous les aimons. »
— Magazine S de Sophie Davant, 18 mars 2021
« Quand Paris Match m'a baptisée "la reine Christine", ce qui n'était pas le meilleur cadeau, j'ai pensé à la reine Marie-Antoinette, parce qu'en France, les reines, en général, on leur coupe la tête, ce qui m'est arrivé d'ailleurs périodiquement par la suite. »
— Entretien patrimonial INA, collection Passé composé, 2024
Tout pardon a sa récompense.
La haine est le plus puissant des alcools en politique.
Les mensonges n'ont d'importance que si l'on se fait prendre.
Dieu pardonne beaucoup, sauf à ceux qui ne savent pas pardonner.
En politique, on peut connaître les pas, mais ne pas savoir danser.
Il faut arrêter de penser que la télévision est un seul marché de masse.
On peut encore beaucoup inventer en matière d'information à la télévision.
La télévision est un média finalement assez grossier, qui a toujours privilégié l'émotion.
La vie est un combat. On ne doit compter sur personne sauf le ciel, et encore, si on le mérite.
Uniformisation de l'information ? Bien sûr, et même utilisation de cette uniformisation comme arme stratégique.
Les frontières entre information et divertissement deviennent de plus en plus floues non seulement pour les téléspectateurs mais aussi pour les professionnelles.
« Camille a choisi avec courage et talent d'exprimer ce qu'elle et son frère avaient longtemps préféré nous cacher. Nous sommes fiers d'eux et nous les aimons. »
— Magazine S de Sophie Davant, 18 mars 2021
« Quand Paris Match m'a baptisée "la reine Christine", ce qui n'était pas le meilleur cadeau, j'ai pensé à la reine Marie-Antoinette, parce qu'en France, les reines, en général, on leur coupe la tête, ce qui m'est arrivé d'ailleurs périodiquement par la suite. »
— Entretien patrimonial INA, collection Passé composé, 2024
Tout pardon a sa récompense.
La haine est le plus puissant des alcools en politique.
Les mensonges n'ont d'importance que si l'on se fait prendre.
Dieu pardonne beaucoup, sauf à ceux qui ne savent pas pardonner.
En politique, on peut connaître les pas, mais ne pas savoir danser.
Il faut arrêter de penser que la télévision est un seul marché de masse.
On peut encore beaucoup inventer en matière d'information à la télévision.
La télévision est un média finalement assez grossier, qui a toujours privilégié l'émotion.
La vie est un combat. On ne doit compter sur personne sauf le ciel, et encore, si on le mérite.
Uniformisation de l'information ? Bien sûr, et même utilisation de cette uniformisation comme arme stratégique.
Les frontières entre information et divertissement deviennent de plus en plus floues non seulement pour les téléspectateurs mais aussi pour les professionnelles.