Cette année marque le 25ᵉ anniversaire de sa disparition.
Charles Trenet, auteur-compositeur-interprète français né le 18 mai 1913 à Narbonne et mort le 19 février 2001 à Créteil, est l'auteur de près de mille chansons dont La Mer, Y a d'la joie, Douce France et L'Âme des poètes. Surnommé « le Fou chantant », il a renouvelé la chanson française en y introduisant le swing et la poésie.
Louis Charles Augustin Georges Trenet, fils de Lucien Trenet, notaire et violoniste amateur, et de Marie-Louise Caussat, monte à Paris en 1930 à dix-sept ans. Embauché aux studios Pathé de Joinville comme accessoiriste, il y croise le milieu artistique de Montparnasse avant de rencontrer en 1932, au club de jazz College Inn, le pianiste suisse Johnny Hess. Ensemble, ils forment dès 1933 le duo « Charles et Johnny ». Le tandem se produit au Bœuf sur le toit, où il fréquente Jean Sablon, et passe une audition décisive au Palace devant Henri Varna, soutenu par Joséphine Baker qui obtient leur engagement. Le duo enregistre Vous qui passez sans me voir, repris par Jean Sablon et bientôt diffusé aux États-Unis. En octobre 1936, le service militaire à la base d'Istres met fin à l'association. C'est lors d'un gala au Grand Hôtel Noailles de Marseille qu'un journaliste lui attribue le surnom de « Fou chantant », expression destinée à le suivre toute sa carrière.
Libéré en décembre 1937, Trenet enregistre chez Columbia EMI Je chante et Fleur bleue. En janvier 1938, il grave Y'a d'la joie, créée d'abord par Maurice Chevalier au Casino de Paris en 1937 dans la revue Paris en joie. Son triomphe à l'A.B.C. en mars 1938, sous l'impulsion d'Émile Audiffred et de l'éditeur Raoul Breton, le consacre vedette de music-hall. Il reçoit le Grand prix du disque en 1939 pour Boum !. Pendant l'Occupation, il tourne dans plusieurs films dont Romance de Paris de Jean Boyer (1941) et Adieu Léonard de Pierre Prévert (1943). En 1943, lors d'un trajet en train entre Montpellier et Perpignan, il écrit en une vingtaine de minutes la chanson La Mer, dont la musique est arrangée avec son pianiste Léo Chauliac. Enregistrée par lui-même en mars 1946, la chanson devient, sous le titre Beyond the Sea adapté par Jack Lawrence, un succès mondial repris par Bobby Darin puis Frank Sinatra.
Le 12 juillet 1963, à Aix-en-Provence, Charles Trenet est interpellé après une altercation publique avec l'un de ses anciens secrétaires. Il est inculpé d'« actes impudiques et contre-nature sur mineurs de moins de vingt et un ans », sur le fondement de la loi de 1942 fixant la majorité sexuelle des relations homosexuelles à vingt et un ans, renforcée par l'amendement Mirguet de 1960. Incarcéré pendant près de quatre semaines à la prison d'Aix-en-Provence, il est libéré sous caution. En janvier 1964, le tribunal le condamne en première instance à un an de prison avec sursis et 10 000 francs d'amende. Charles Trenet fait appel et obtient un acquittement. Pendant sa détention, il reçoit le soutien public de Georges Brassens et de Léo Ferré.
1913 : naissance à Narbonne le 18 mai
1920 : divorce de ses parents, placement en pensionnat à Béziers
1933 : formation du duo Charles et Johnny avec Johnny Hess
1937 : Y'a d'la joie créée par Maurice Chevalier au Casino de Paris
1938 : triomphe à l'A.B.C., enregistrement de Je chante et Boum !
1939 : premier Grand prix du disque pour Boum !
1946 : enregistrement de La Mer en studio le 25 mars
1953 : second Grand prix du disque
1963 : arrestation à Aix-en-Provence le 12 juillet
1964 : condamnation en première instance, acquittement en appel
1979 : Grand prix national des Arts et des Lettres pour la chanson
1985 : présidence d'honneur de la première cérémonie des Victoires de la musique
1993 : concert pour ses 80 ans à l'Opéra Bastille en présence de François Mitterrand
1999 : élection à l'Académie des beaux-arts, dernier concert salle Pleyel en novembre
2001 : décès le 19 février à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil
Charles Trenet naît au 2 rue Anatole-France à Narbonne, dans la maison familiale aujourd'hui devenue musée. Son père Lucien Trenet, notaire et violoniste amateur, et sa mère Marie-Louise Caussat divorcent en 1920. L'enfance se partage entre Narbonne, où réside sa mère, et Saint-Chinian, dans l'Hérault, où son père exerce. Charles et son frère aîné Antoine, né en 1909, sont placés chez les Pères de la Trinité, collège religieux de Béziers. Vers 1922, la famille rejoint Perpignan, où Trenet décroche son baccalauréat en 1927. À Perpignan, il fréquente le poète Albert Bausil, créateur de l'hebdomadaire Le Coq catalan, qui l'initie à la poésie et au théâtre.
Trenet est resté célibataire toute sa vie, sans enfant déclaré. Avant-guerre, il fréquente à Montparnasse Jean Cocteau, Max Jacob, Mireille et Colette, qui se lèvent pour l'applaudir lors de son triomphe à l'A.B.C. en 1938. Il entretient une amitié durable avec Charles Aznavour, dont la dernière apparition publique de Trenet, en octobre 2000, salue le spectacle au Palais des congrès. Il s'adonne en parallèle à la peinture, avec un premier vernissage dès 1927, et publie plusieurs romans, dont Dodo Manières (1939) et Un Noir éblouissant (1965) chez Grasset. Jacques Higelin l'impose au Printemps de Bourges en 1977.
Charles Trenet subit un premier accident vasculaire cérébral en avril 2000, suivi d'une hospitalisation au cours de laquelle il sort le 24 mai. Sa dernière apparition publique a lieu le 24 octobre 2000, au Palais des congrès, pour le spectacle de Charles Aznavour. Une semaine avant sa mort, il est victime d'un nouvel AVC et transporté à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, où il meurt dans la nuit du 18 au 19 février 2001 à l'âge de 87 ans. Les obsèques sont célébrées à l'église de la Madeleine, à Paris, par Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri, alors évêque auxiliaire de Paris. Le président Jacques Chirac, le Premier ministre Lionel Jospin, la ministre de la Culture Catherine Tasca et Jack Lang, ami personnel du chanteur, rendent hommage à sa mémoire.
Le corps est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise. Les cendres sont déposées le 27 février 2001 au cimetière de l'Ouest de Narbonne, dans le caveau familial, auprès de sa mère, de sa tante et de son frère Antoine. Le 18 mai 2019, jour anniversaire de sa naissance, une nouvelle pierre tombale est installée. La maison natale, au 13 avenue Charles-Trenet à Narbonne, est aujourd'hui le musée Charles-Trenet.
1 - L'inspiration de La Mer n'est pas la Méditerranée mais l'étang de Thau, contemplé depuis la fenêtre d'un wagon en 1943 entre Montpellier et Perpignan. Trenet juge alors la chanson « solennelle et rococo » et hésite à l'enregistrer.
2 - Avant de se consacrer à la chanson, Trenet écrit dès l'âge de treize ans des poèmes dans Le Coq catalan d'Albert Bausil, sous le pseudonyme « Charles » ou « Jacques Blondeau ». À Paris, il signe ensuite ses articles « Jacques Brévin ».
3 - En 1928, à quinze ans, Trenet séjourne dix mois à Berlin auprès de sa mère et de son second mari, le réalisateur Benno Vigny. Il y fréquente des amis du couple parmi lesquels Kurt Weill et Fritz Lang, et voyage à Vienne et à Prague.
4 - L'Académie française refuse sa candidature en 1983. Seize ans plus tard, en 1999, Trenet est élu à l'Académie des beaux-arts, section composition musicale, au fauteuil VIII.
5 - Au début des années 1960, Trenet engage des procédures contre Claude François et Charlie Chaplin pour plagiat. Les deux affaires se règlent à l'amiable.
6 - Un astéroïde découvert en 1998, désigné (58606) Charlestrenet, porte son nom. Une statue lui rend hommage depuis août 2017 sur l'aire de repos de Narbonne-Vinassan, le long de l'autoroute A9.
- Métier(s) : auteur-compositeur-interprète, acteur, romancier, peintre
- Résidence principale : La Varenne-Saint-Hilaire (Val-de-Marne) en fin de vie ; maison de Narbonne
- Relations de couple : célibataire toute sa vie
- Enfants : aucun
- Distinctions : Commandeur de la Légion d'honneur, Grand prix du disque (1939, 1953), Grand prix national des Arts et des Lettres (1979), Molière d'honneur (2000), membre de l'Académie des beaux-arts (1999)
82 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« L'école était libre mais pas moi. »
— Propos rapporté à propos de ses années de pensionnat chez les Pères de la Trinité à Béziers, cité dans la biographie Wikipédia
« Ceux qui viendront à mon spectacle seront dispensés d'assister à mon enterrement. »
— Déclaration à la presse à l'occasion de son dernier concert salle Pleyel, novembre 1999
« C'est la troisième fois qu'on me tue. Je n'arrive pas à comprendre les raisons pour lesquelles on veut me trucider par persuasion. »
— Entrevue accordée à L'Éclaireur de Nice, août 1940
« Je vous avouerai qu'à un certain moment, je me suis dit : peut-être que ma vie est terminée, ma vie artistique ou ma vie tout court. »
— Entretien rapporté par Olivier Charneux dans Le Prix de la joie, éditions Séguier, 2021, à propos de l'affaire de 1963
Ne publiez pas vos poèmes, chantez-les !
A force d'être gentil, on finit par être suspect.
Les rêves prolongent
Du bonheur le doux sentiment.
Les rêves prolongent
Du bonheur le doux sentiment.
La vie n'est pas méchante.
Il n'est rien de meilleur.
Je fais des chansons comme un pommier fait des pommes.
Il faut garder quelques sourires pour se moquer des jours sans joie.
La ville est comme un grand manège Dont chaque tour nous vieillit un peu.
La ville est comme un grand manège
Dont chaque tour nous vieillit un peu.
Quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse,
Le temps s'enfuit et tout s'efface.
Quand notre coeur fait Boum Tout avec lui dit Boum Et c'est l'amour qui s'éveille.
Soyez heureux
Avec le peu de science
Qui rend joyeux
Les braves gens sans méfiance.
Il faut se lever, se laver, se vêtir
Et ne plus chanter si l'on n'a plus rien à dire.
Par leurs chants et leurs cris, ils font bien plus de bruit que les autos, les oiseaux.
Bleue, bleue, notre enfance Fut un paradis : on s'en aperçoit bien trop tard aujourd'hui.
Un peu d'oubli ne fait pas de mal en toutes choses
Et trop de génie vous rend parfois morose.
C'est un mystère qu'on n'explique jamais
Pourquoi sur la terre d'Afrique
Le Bon Dieu est-il blanc ?
On parle trop souvent du bonheur. La seule chose qui toujours nous enivre se banalise dans sa douceur.
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues.
Le coeur de Paris, c'est une fleur, une fleur d'amour si jolie que l'on garde dans son coeur, que l'on aime pour la vie.
Oublie tes dangereux "je t'aime"
Leur temps n'est plus car d'autres lois
S'imposent à nos coeurs sans amour et sans foi.
Mais les jours passés
Revivent on le sait
Dans un pays que rien n'efface
On garde le meilleur
Tout en berçant les regrets.
Il suffit d'un regard, d'un aveu, d'une chanson pour comprendre l'amour. Il suffit de ces riens pour faire des beaux jours.
L'amour est un petit bateau qui s'en va, tout joyeux, sur l'onde, voguant vers des pays nouveaux au hasard de sa course vagabonde.
La nouvelle génération n'ose plus dire qu'elle fait des chansons : on fait des "titres". Je ne sais pas s'ils sont cotés en Bourse !
Le dimanche, les enfants s'ennuient. vienne vienne la semaine, lundi mardi jeudi, car la rue est toujours pleine de lumière et de bruit !
Pour s'aimer bien, il existe de tendres liens qui font goûter les moments exquis, la minute douce où l'on dit : je n'aime que toi, chéri...
Prenez le temps de chanter, de rire, de vous amuser. Tout le monde sait bien qu'après tout la vie est souvent jolie quand on la prend du bon côté.
Autant d'oiseaux au monde
Autant de lettres d'amour
Que le facteur apporte
Et glisse sous les portes
C'est le courrier du coeur
Le courrier du bonheur.
Il y aura toujours des gens qui n'aiment pas la jeunesse,
Pour qui d'avoir vingt ans et de vivre sans un sou
Est un péché dont le bonheur les rend fous.
Ne pensez pas à l'automne. Il viendra bien à temps, tout comme l'hiver. Profitez au contraire du bonheur que vous donnent les vrais beaux jours sous les grands arbres verts.
« L'école était libre mais pas moi. »
— Propos rapporté à propos de ses années de pensionnat chez les Pères de la Trinité à Béziers, cité dans la biographie Wikipédia
« Ceux qui viendront à mon spectacle seront dispensés d'assister à mon enterrement. »
— Déclaration à la presse à l'occasion de son dernier concert salle Pleyel, novembre 1999
« C'est la troisième fois qu'on me tue. Je n'arrive pas à comprendre les raisons pour lesquelles on veut me trucider par persuasion. »
— Entrevue accordée à L'Éclaireur de Nice, août 1940
« Je vous avouerai qu'à un certain moment, je me suis dit : peut-être que ma vie est terminée, ma vie artistique ou ma vie tout court. »
— Entretien rapporté par Olivier Charneux dans Le Prix de la joie, éditions Séguier, 2021, à propos de l'affaire de 1963
Ne publiez pas vos poèmes, chantez-les !
A force d'être gentil, on finit par être suspect.
Les rêves prolongent
Du bonheur le doux sentiment.
Les rêves prolongent
Du bonheur le doux sentiment.
La vie n'est pas méchante.
Il n'est rien de meilleur.
Je fais des chansons comme un pommier fait des pommes.
Il faut garder quelques sourires pour se moquer des jours sans joie.
La ville est comme un grand manège Dont chaque tour nous vieillit un peu.
La ville est comme un grand manège
Dont chaque tour nous vieillit un peu.
Quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse,
Le temps s'enfuit et tout s'efface.
Quand notre coeur fait Boum Tout avec lui dit Boum Et c'est l'amour qui s'éveille.
Soyez heureux
Avec le peu de science
Qui rend joyeux
Les braves gens sans méfiance.
Il faut se lever, se laver, se vêtir
Et ne plus chanter si l'on n'a plus rien à dire.
Par leurs chants et leurs cris, ils font bien plus de bruit que les autos, les oiseaux.
Bleue, bleue, notre enfance Fut un paradis : on s'en aperçoit bien trop tard aujourd'hui.
Un peu d'oubli ne fait pas de mal en toutes choses
Et trop de génie vous rend parfois morose.
C'est un mystère qu'on n'explique jamais
Pourquoi sur la terre d'Afrique
Le Bon Dieu est-il blanc ?
On parle trop souvent du bonheur. La seule chose qui toujours nous enivre se banalise dans sa douceur.
Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues.
Le coeur de Paris, c'est une fleur, une fleur d'amour si jolie que l'on garde dans son coeur, que l'on aime pour la vie.
Oublie tes dangereux "je t'aime"
Leur temps n'est plus car d'autres lois
S'imposent à nos coeurs sans amour et sans foi.
Mais les jours passés
Revivent on le sait
Dans un pays que rien n'efface
On garde le meilleur
Tout en berçant les regrets.
Il suffit d'un regard, d'un aveu, d'une chanson pour comprendre l'amour. Il suffit de ces riens pour faire des beaux jours.
L'amour est un petit bateau qui s'en va, tout joyeux, sur l'onde, voguant vers des pays nouveaux au hasard de sa course vagabonde.
La nouvelle génération n'ose plus dire qu'elle fait des chansons : on fait des "titres". Je ne sais pas s'ils sont cotés en Bourse !
Le dimanche, les enfants s'ennuient. vienne vienne la semaine, lundi mardi jeudi, car la rue est toujours pleine de lumière et de bruit !
Pour s'aimer bien, il existe de tendres liens qui font goûter les moments exquis, la minute douce où l'on dit : je n'aime que toi, chéri...
Prenez le temps de chanter, de rire, de vous amuser. Tout le monde sait bien qu'après tout la vie est souvent jolie quand on la prend du bon côté.
Autant d'oiseaux au monde
Autant de lettres d'amour
Que le facteur apporte
Et glisse sous les portes
C'est le courrier du coeur
Le courrier du bonheur.
Il y aura toujours des gens qui n'aiment pas la jeunesse,
Pour qui d'avoir vingt ans et de vivre sans un sou
Est un péché dont le bonheur les rend fous.
Ne pensez pas à l'automne. Il viendra bien à temps, tout comme l'hiver. Profitez au contraire du bonheur que vous donnent les vrais beaux jours sous les grands arbres verts.