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Biographie

Charles Baudelaire, poète français né le 9 avril 1821 à Paris et mort le 31 août 1867 dans la même ville, est l'auteur des Fleurs du mal, recueil condamné pour outrage aux bonnes mœurs en 1857 et réhabilité par la Cour de cassation en 1949.


Parcours

Fils de Joseph-François Baudelaire, fonctionnaire au Sénat et peintre amateur, et de Caroline Dufaÿs, Charles Baudelaire grandit dans un milieu lettré mais perd son père à l'âge de cinq ans, en 1827. Sa mère se remarie l'année suivante avec Jacques Aupick, alors chef de bataillon et futur général. Muté à Lyon, Aupick entraîne la famille dans cette ville où Charles entre au collège royal en 1832, avant de rejoindre l'internat du lycée Louis-le-Grand à Paris en 1836. Renvoyé pour indiscipline en 1839, il obtient son baccalauréat au lycée Saint-Louis. Jugé par sa famille mener une vie dissolue, il est embarqué de force en juin 1841 sur un navire en partance pour Calcutta. Il interrompt le voyage à l'île Maurice puis à l'île de la Réunion, et rentre en France en février 1842.

De retour à Paris, Baudelaire reçoit son héritage paternel à sa majorité — environ 75 000 francs — et en dilapide la moitié en dix-huit mois. Il fréquente le Club des haschischins, rencontre Jeanne Duval, sa maîtresse principale, et se lie avec Eugène Delacroix. En septembre 1844, le conseil de famille le place sous tutelle judiciaire confiée au notaire Narcisse Ancelle. Contraint de vivre de sa plume, il publie ses premiers Salons de critique d'art en 1845 et 1846, entreprend la traduction d'Edgar Allan Poe à partir de 1848 et rédige les poèmes qui composeront les Fleurs du mal, publiées en juin 1857.


Controverse

Le 21 juin 1857, la parution des Fleurs du mal suscite des articles de presse dénonçant leur immoralité. Le 17 juillet, le procureur général ordonne la saisie des exemplaires restants. Le 20 août 1857, Baudelaire comparaît devant la 6e chambre correctionnelle de la Seine. Le tribunal le condamne à 300 francs d'amende et ordonne la suppression de six poèmes : Les Bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées et Les Métamorphoses du vampire. L'amende est partiellement réduite sur intervention de l'impératrice Eugénie. Ces poèmes, publiés en Belgique en 1866 sous le titre Les Épaves, restent interdits en France jusqu'à l'arrêt de la Cour de cassation du 31 mai 1949, qui annule le jugement de 1857.


Repères chronologiques

1821 : Naissance le 9 avril à Paris.
1827 : Mort du père ; remariage de la mère avec Jacques Aupick l'année suivante.
1832 : Scolarité au collège royal de Lyon.
1836 : Entrée à l'internat du lycée Louis-le-Grand.
1839 : Renvoi du lycée ; obtention du baccalauréat au lycée Saint-Louis.
1841 : Embarquement forcé pour Calcutta ; escales à l'île Maurice et à l'île de la Réunion.
1842 : Retour à Paris ; début de la liaison avec Jeanne Duval ; réception de l'héritage paternel.
1844 : Mise sous tutelle judiciaire.
1845 : Publication du Salon de 1845.
1847 : Découverte de l'œuvre d'Edgar Allan Poe ; début du travail de traduction.
1857 : Publication des Fleurs du mal (juin) ; procès et condamnation (20 août).
1861 : Deuxième édition des Fleurs du mal, augmentée de 32 poèmes.
1864 : Départ pour la Belgique pour une tournée de conférences.
1866 : Grave malaise à Namur ; hémiplégie et aphasie.
1867 : Mort le 31 août à Paris.
1949 : Réhabilitation posthume des Fleurs du mal par la Cour de cassation.


Vie personnelle et engagements

Charles Baudelaire est le fils de Joseph-François Baudelaire et de Caroline Dufaÿs. Il a un demi-frère, Claude Alphonse Baudelaire. Il entretient toute sa vie une relation conflictuelle avec son beau-père militaire Jacques Aupick. Baudelaire ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfants. Sa liaison la plus longue est celle avec Jeanne Duval, actrice et danseuse d'origine haïtienne, qu'il rencontre vers 1842 et qui inspire un cycle entier des Fleurs du mal. Il entretient également des relations avec l'actrice Marie Daubrun et avec Apollonie Sabatier, à qui il adresse anonymement des poèmes à partir de 1852.

Baudelaire participe brièvement aux journées révolutionnaires de février 1848, avant de s'en détourner. Il ne s'engage pas politiquement dans ses écrits. Sur le plan des amitiés intellectuelles, il fréquente Victor Hugo, Théophile Gautier et Gustave Flaubert. En 1862, il pose sa candidature à l'Académie française, parrainé par Alfred de Vigny et Charles-Augustin Sainte-Beuve, mais se retire avant le vote.


Contexte du décès

Charles Baudelaire meurt de la syphilis le 31 août 1867 à onze heures du matin. La maladie provoque en mars 1866, à Namur, une attaque cérébrale laissant le poète hémiplégique et aphasique. Rapatrié à Paris en juillet 1866 par sa mère et le peintre Arthur Stevens, il est admis à la maison de santé du docteur Duval, au 1 rue du Dôme dans le 16e arrondissement, où il passe ses derniers mois sans retrouver la parole. La cérémonie funèbre se tient le 2 septembre 1867 en l'église Saint-Honoré-d'Eylau.


Lieux de mémoire

Baudelaire est inhumé le 2 septembre 1867 au cimetière du Montparnasse (6e division), dans le caveau familial. Un cénotaphe est inauguré le 26 avril 1902 entre les divisions 26 et 27 du même cimetière.


Anecdotes

1 - En 1844, après avoir dilapidé la moitié de l'héritage paternel, Baudelaire tente de se suicider d'un coup de couteau le 30 juin 1845, peu après l'instauration de sa tutelle judiciaire.
2 - Pour perfectionner sa maîtrise de l'anglais, il fréquentait une taverne tenue par un patron anglais rue de Rivoli, y lisant le Punch en compagnie de palefreniers.
3 - En décembre 1861, il pose sa candidature à l'Académie française mais ne peut envoyer ses œuvres aux académiciens faute d'argent pour faire imprimer suffisamment d'exemplaires.
4 - Il traquait avec obstination la moindre faute d'impression dans ses recueils et ne lâchait rien face à ses éditeurs, même criblé de dettes.
5 - Victor Hugo, depuis son exil à Guernesey, écrit à Baudelaire pour le féliciter d'avoir été condamné par la justice de Napoléon III.
6 - Lors de sa candidature à l'Académie française, l'académicien Jules Sandeau interroge un intermédiaire pour savoir si Baudelaire écrit en prose, ignorant l'existence du poète.


Points clés

- Métier(s) : Poète, critique d'art, traducteur, essayiste.
- Résidence principale : Paris.
- Relations de couple : Jeanne Duval (liaison principale, v. 1842 – années 1860) ; Marie Daubrun ; Apollonie Sabatier.
- Enfants : Aucun.
- Distinctions : Condamnation des Fleurs du mal annulée par la Cour de cassation (31 mai 1949).

Postérité

298 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Citations

La musique creuse le ciel.
Plus on veut, mieux on veut.
L'orage rajeunit les fleurs.
Sois charmante et tais-toi !
Jouir de la foule est un art.
Le beau est toujours bizarre.
Seule l'histoire n'a pas de fin.
La fidélité est un vice de pauvre.
Toute littérature dérive du péché.
Image, ma seule, mon unique passion.
Le noir est l'uniforme de la démocratie.
La Terre est un gâteau plein de douceur.
L'amour, c'est le goût de la prostitution.
La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même.
Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté.
Plus l'homme cultive les arts, moins il bande.
Nous avons dit souvent d'impérissables choses.
On ne peut oublier le temps qu'en s'en servant.
Dieu est un scandale. Un scandale qui rapporte.
La bêtise est souvent un ornement de la beauté.
Que c'est un dur métier que d'être belle femme.
La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable.
Les chinois voient l'heure dans l'oeil des chats.
Le parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Dieu serait injuste si nous n'étions pas coupables.
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Une suite de petites volontés fait un gros résultat.
Allons au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.
C'est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre.
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Comme l'imagination a créé le monde, elle le gouverne.
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine !
Avis aux non-communistes : tout est commun, même Dieu.
Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie (...).
Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille !
Le rire est satanique, il est donc profondément humain.
La superstition est le réservoir de toutes les vérités.
L'étrangeté est le condiment nécessaire de toute beauté.
La mythologie est un dictionnaire d'hiéroglyphes vivants.
Les vrais voyageurs sont ceux-là qui partent pour partir.
Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.
Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière.
Le public est relativement au génie une horloge qui retarde.
Toute révolution a pour corollaire le massacre des innocents.
Le stoïcisme, religion qui n'a qu'un sacrement : le suicide !
C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Le travail, n'est-ce pas le sel qui conserve les âmes momies ?
Les polissons sont "amoureux", mais les poètes sont "idolâtres".
La simplicité absolue est la meilleure manière de se distinguer.
Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi !
Ce n'est que par les beaux sentiments qu'on parvient à la fortune.
Pour taper sur le ventre d'un colosse, il faut pouvoir s'y hausser.
Un éclectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents.
Etre un homme utile m'a toujours paru quelque chose de bien hideux.
Tout homme qui n'accepte pas les conditions de la vie, vend son âme.
Le vin sait revêtir le plus sordide bougeD'un luxe miraculeux (...).
Garde tes songes ;Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous !
Ce que la bouche s'accoutume à dire, le coeur s'accoutume à le croire.
Plus encore que la vieLa mort nous tient souvent par des liens subtils.
La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le coeur des mortels.
La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de le mal.
Faut-il partir ? Rester ? Si tu peux rester, reste ; pars, s'il le faut.
Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles, comme les familles.
Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister.
Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables.
Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles - comme les familles.
Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage. L'Art est long et le temps est court.
La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas.
Cette beauté, sombre comme le fer, est de celles que forge et polit l'enfer.
Quand même Dieu n'existerait pas, la religion serait encore sainte et divine.
La bêtise est toujours la conservation de la beauté ; elle éloigne les rides.
Peu d'hommes ont le droit de régner, car peu d'hommes ont une grande passion.
Le premier venu, pourvu qu'il sache amuser, a le droit de parler de lui-même.
L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.
Rien n'égale la joie de l'homme qui boit, si ce n'est la joie du vin d'être bu.
La gloire est le résultat de l'adaptation d'un esprit avec la sottise nationale.
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.
L'imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai.
Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur.
Ne mépriser la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.
Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.
Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.
Il n'y a de long ouvrage que celui qu'on n'ose pas commencer. Il devient cauchemar.
J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller.
La seule manière de gagner de l'argent est de travailler d'une manière désintéressée.
Le poète est semblable au prince des nuées. Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés !
Le poète est semblable au prince des nuées.
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Tout poète lyrique en vertu de sa nature opère fatalement un retour vers l'Eden perdu.
Le Poète est semblable au prince des nuéesQui hante la tempête et se rit de l'archer.
Mon enfance n'a été qu'un ténébreux orage, traversé ça et là par de brillants soleils.
Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais.
Le Ciel ! Couvercle noir de la grande marmiteOù bout l'imperceptible et vaste Humanité.
Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde.
La civilisation s'est peut-être réfugiée chez quelque petite tribu non encore découverte.
Tout amour fait toujours une mauvaise fin, d'autant plus mauvaise qu'il était plus divin.
Ce qu'il y a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire.
Je comprends qu'on déserte une cause pour savoir ce qu'on éprouvera à en servir une autre.
Mainte fleur épanche à regret Son parfum doux comme un secretDans les solitudes profondes.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.
La nature, en cuisine comme en amour, nous donne rarement le goût de ce qui nous est mauvais.
Les soleils couchants revêtent les champs, les canaux, la ville entière, d'hyacinthe et d'or.
C'est le propre des oeuvres vraiment artistiques, d'être une source inépuisable de suggestions.
Le femme est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves.
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.
Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante?
Le dandy doit aspirer à être sublime sans interruption. Il doit vivre et dormir devant un miroir.
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Que le Soleil est beau quand tout frais il se lève, comme une explosion nous lançant son bonjour !
Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.
Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art.
- Ah ! Seigneur ! Donnez-moi la force et le courageDe contempler mon coeur et mon corps sans dégoût !
Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Eglise a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage.
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau !
Il y a dans l'acte d'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale.
Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance !
Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmesQui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ?
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi" !
L'inspiration vient toujours, quand l'homme le veut, mais elle ne s'en va pas toujours quand il le veut.
Fugitive beauté dont le regard m'a fait soudainement renaître, ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ce qu'il y a d'ennuyeux dans l'amour, c'est que c'est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice.
L'artiste n'est artiste qu'à la condition d'être double et de n'ignorer aucun phénomène de sa double nature.
Le dessin est une lutte entre la nature et l'artiste. Il ne s'agit pas pour lui de copier, mais d'interpréter.
On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables.
Parce que le beau est toujours étonnant, il serait absurde de supposer que ce qui est étonnant est toujours beau.
Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir.
Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis.
Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre.
J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles tenir avec Dieu ?
Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser.
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée.
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Il est bon d'apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu'il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés.
O douleur ! O douleur ! Le Temps mange la vie, Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeurDu sang que nous perdons croît et se fortifie !
Les enfants témoignent par leurs jeux de leur grande faculté d'abstraction et de leur haute puissance imaginative. Ils jouent sans joujoux.
L'homme aime tant l'homme que, quand il fuit la ville, c'est encore pour chercher la foule, c'est à dire pour refaire la ville à la campagne.
Il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini.
Il était tard ; ainsi qu'une médaille neuve la pleine lune s'étalait, et la solennité de la nuit, comme un fleuve sur Paris dormant ruisselait.
L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon qu'il voit et qu'il sent. Il doit être réellement fidèle à sa propre nature.
La femme ne sait pas séparer l'âme du corps. Elle est simpliste, comme les animaux. Un satirique dirait que c'est parce qu'elle n'a que le corps.
On peut chercher dans Dieu le complice et l'ami qui manquent toujours. Dieu est l'éternel confident dans cette tragédie dont chacun est le héros.
La mélancolie est l'illustre compagnon de la beauté. Elle l'est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse.
Le bercement des nourrices, les câlineries maternelles, les chatteries des soeurs, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte masculine.
Qu'est-ce que la chute ? Si c'est l'unité devenue dualité, c'est Dieu qui a chuté. En d'autres termes, la création ne serait-elle pas la chute de Dieu ?
Pourquoi le spectacle de la mer est-il infiniment et si éternellement agréable ? Parce que la mer offre à la fois l'idée de l'immensité et du mouvement.
La faculté de rêverie est une faculté divine et mystérieuse ; car c'est par le rêve que l'homme communique avec le monde ténébreux dont il est environné.
Aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d'écrire un poème.
Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l'argent, l'amour ne peut être qu'une orgie de roturier ou l'accomplissement d'un devoir conjugal.
C'est le soir qui soulage les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s'alourdit, et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise.
Toute forme créée, même par l'homme, est immortelle. Car la forme est indépendante de la matière, et ce ne sont pas les molécules qui constituent la forme.
C'est toujours le gouvernement précédent qui est responsable des moeurs du suivant, en tant qu'un gouvernement puisse être responsable de quoi que ce soit.
On est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est ; et le plus irréprochable des vices est de faire le mal par bêtise.
Laissez, laissez mon coeur s'enivrer d'un mensonge, - Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe, - Et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils.
Tous les êtres aimés sont des vases de fiel qu'on boit les yeux fermés, et le coeur transpercé que la douleur allèche expire chaque jour en bénissant sa flèche.
Sans mors, sans éperon, sans bride, partons à cheval sur le vin pour un ciel féerique et divin ! Nous fuirons sans repos ni trêve, vers le paradis de mes rêves !
La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté.
Vers le ciel, où son oeil voit un trône splendide, le poète serein lève ses bras pieux, et les vastes éclairs de son esprit lucide lui dérobent l'aspect des peuples
Le son de la trompette est si délicieux, dans ces soirs solennels de célestes vendanges, qu'il s'infiltre comme une extase dans tous ceux dont elle chante les louanges.
Mais en Dieu il n'y a rien de fini : en Dieu, il n'y a rien de transitoire ; en Dieu il n'y a rien qui tende vers la mort. Il s'ensuit que pour Dieu le présent n'existe pas.
Sache qu'il faut aimer, sans faire la grimace, le pauvre, le méchant, le tortu, l'hébété, pour que tu puisses faire à Jésus, quand il passe, un tapis triomphal avec ta charité.
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !
Rien n'égale en longueur les boiteuses journées, quand sous les lourds flocons des neigeuses années l'ennui fruit de la morne incuriosité, prend les proportions de l'immortalité.
Les sanglots des martyrs et des suppliciés sont une symphonie enivrante sans doute, puisque, malgré le sang que leur volupté coûte, les cieux ne s'en sont point encore rassasiés !
Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l'intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.
La musique creuse le ciel.
Plus on veut, mieux on veut.
L'orage rajeunit les fleurs.
Sois charmante et tais-toi !
Jouir de la foule est un art.
Le beau est toujours bizarre.
Seule l'histoire n'a pas de fin.
La fidélité est un vice de pauvre.
Toute littérature dérive du péché.
Image, ma seule, mon unique passion.
Le noir est l'uniforme de la démocratie.
La Terre est un gâteau plein de douceur.
L'amour, c'est le goût de la prostitution.
La poésie n'a pas d'autre but qu'elle-même.
Le génie, c'est l'enfance retrouvée à volonté.
Plus l'homme cultive les arts, moins il bande.
Nous avons dit souvent d'impérissables choses.
On ne peut oublier le temps qu'en s'en servant.
Dieu est un scandale. Un scandale qui rapporte.
La bêtise est souvent un ornement de la beauté.
Que c'est un dur métier que d'être belle femme.
La femme est naturelle, c'est-à-dire abominable.
Les chinois voient l'heure dans l'oeil des chats.
Le parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Dieu serait injuste si nous n'étions pas coupables.
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Une suite de petites volontés fait un gros résultat.
Allons au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.
C'est la mort qui console, hélas ! et qui fait vivre.
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Comme l'imagination a créé le monde, elle le gouverne.
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine !
Avis aux non-communistes : tout est commun, même Dieu.
Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie (...).
Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille !
Le rire est satanique, il est donc profondément humain.
La superstition est le réservoir de toutes les vérités.
L'étrangeté est le condiment nécessaire de toute beauté.
La mythologie est un dictionnaire d'hiéroglyphes vivants.
Les vrais voyageurs sont ceux-là qui partent pour partir.
Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.
Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière.
Le public est relativement au génie une horloge qui retarde.
Toute révolution a pour corollaire le massacre des innocents.
Le stoïcisme, religion qui n'a qu'un sacrement : le suicide !
C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Le travail, n'est-ce pas le sel qui conserve les âmes momies ?
Les polissons sont "amoureux", mais les poètes sont "idolâtres".
La simplicité absolue est la meilleure manière de se distinguer.
Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens en moi !
Ce n'est que par les beaux sentiments qu'on parvient à la fortune.
Pour taper sur le ventre d'un colosse, il faut pouvoir s'y hausser.
Un éclectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents.
Etre un homme utile m'a toujours paru quelque chose de bien hideux.
Tout homme qui n'accepte pas les conditions de la vie, vend son âme.
Le vin sait revêtir le plus sordide bougeD'un luxe miraculeux (...).
Garde tes songes ;Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous !
Ce que la bouche s'accoutume à dire, le coeur s'accoutume à le croire.
Plus encore que la vieLa mort nous tient souvent par des liens subtils.
La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le coeur des mortels.
La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de le mal.
Faut-il partir ? Rester ? Si tu peux rester, reste ; pars, s'il le faut.
Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles, comme les familles.
Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister.
Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables.
Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles - comme les familles.
Bien qu'on ait du coeur à l'ouvrage. L'Art est long et le temps est court.
La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas.
Cette beauté, sombre comme le fer, est de celles que forge et polit l'enfer.
Quand même Dieu n'existerait pas, la religion serait encore sainte et divine.
La bêtise est toujours la conservation de la beauté ; elle éloigne les rides.
Peu d'hommes ont le droit de régner, car peu d'hommes ont une grande passion.
Le premier venu, pourvu qu'il sache amuser, a le droit de parler de lui-même.
L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.
Rien n'égale la joie de l'homme qui boit, si ce n'est la joie du vin d'être bu.
La gloire est le résultat de l'adaptation d'un esprit avec la sottise nationale.
Cette vie est un hôpital où chaque malade est possédé du désir de changer de lit.
L'imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai.
Il y a autant de beautés qu'il y a de manières habituelles de chercher le bonheur.
Ne mépriser la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.
Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.
Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.
Il n'y a de long ouvrage que celui qu'on n'ose pas commencer. Il devient cauchemar.
J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller.
La seule manière de gagner de l'argent est de travailler d'une manière désintéressée.
Le poète est semblable au prince des nuées. Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés !
Le poète est semblable au prince des nuées.
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Tout poète lyrique en vertu de sa nature opère fatalement un retour vers l'Eden perdu.
Le Poète est semblable au prince des nuéesQui hante la tempête et se rit de l'archer.
Mon enfance n'a été qu'un ténébreux orage, traversé ça et là par de brillants soleils.
Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais.
Le Ciel ! Couvercle noir de la grande marmiteOù bout l'imperceptible et vaste Humanité.
Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde.
La civilisation s'est peut-être réfugiée chez quelque petite tribu non encore découverte.
Tout amour fait toujours une mauvaise fin, d'autant plus mauvaise qu'il était plus divin.
Ce qu'il y a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire.
Je comprends qu'on déserte une cause pour savoir ce qu'on éprouvera à en servir une autre.
Mainte fleur épanche à regret Son parfum doux comme un secretDans les solitudes profondes.
Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui.
La nature, en cuisine comme en amour, nous donne rarement le goût de ce qui nous est mauvais.
Les soleils couchants revêtent les champs, les canaux, la ville entière, d'hyacinthe et d'or.
C'est le propre des oeuvres vraiment artistiques, d'être une source inépuisable de suggestions.
Le femme est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves.
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère.
Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante?
Le dandy doit aspirer à être sublime sans interruption. Il doit vivre et dormir devant un miroir.
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Que le Soleil est beau quand tout frais il se lève, comme une explosion nous lançant son bonjour !
Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.
Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art.
- Ah ! Seigneur ! Donnez-moi la force et le courageDe contempler mon coeur et mon corps sans dégoût !
Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Eglise a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage.
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau !
Il y a dans l'acte d'amour une grande ressemblance avec la torture ou avec une opération chirurgicale.
Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance !
Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmesQui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ?
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi" !
L'inspiration vient toujours, quand l'homme le veut, mais elle ne s'en va pas toujours quand il le veut.
Fugitive beauté dont le regard m'a fait soudainement renaître, ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ce qu'il y a d'ennuyeux dans l'amour, c'est que c'est un crime où l'on ne peut pas se passer d'un complice.
L'artiste n'est artiste qu'à la condition d'être double et de n'ignorer aucun phénomène de sa double nature.
Le dessin est une lutte entre la nature et l'artiste. Il ne s'agit pas pour lui de copier, mais d'interpréter.
On ne doit jamais juger les gens d'après leur fréquentation, Judas, par exemple, avait des amis irréprochables.
Parce que le beau est toujours étonnant, il serait absurde de supposer que ce qui est étonnant est toujours beau.
Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir.
Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis.
Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l'ensemble de tous ces monuments formant la ville qui est le Livre.
J'ai toujours été étonné qu'on laissât les femmes entrer dans les églises. Quelle conversation peuvent-elles tenir avec Dieu ?
Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser.
Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée.
Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Il est bon d'apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, qu'il est des bonheurs supérieurs aux leurs, plus vastes et plus raffinés.
O douleur ! O douleur ! Le Temps mange la vie, Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeurDu sang que nous perdons croît et se fortifie !
Les enfants témoignent par leurs jeux de leur grande faculté d'abstraction et de leur haute puissance imaginative. Ils jouent sans joujoux.
L'homme aime tant l'homme que, quand il fuit la ville, c'est encore pour chercher la foule, c'est à dire pour refaire la ville à la campagne.
Il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini.
Il était tard ; ainsi qu'une médaille neuve la pleine lune s'étalait, et la solennité de la nuit, comme un fleuve sur Paris dormant ruisselait.
L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon qu'il voit et qu'il sent. Il doit être réellement fidèle à sa propre nature.
La femme ne sait pas séparer l'âme du corps. Elle est simpliste, comme les animaux. Un satirique dirait que c'est parce qu'elle n'a que le corps.
On peut chercher dans Dieu le complice et l'ami qui manquent toujours. Dieu est l'éternel confident dans cette tragédie dont chacun est le héros.
La mélancolie est l'illustre compagnon de la beauté. Elle l'est si bien que je ne peux concevoir aucune beauté qui ne porte en elle sa tristesse.
Le bercement des nourrices, les câlineries maternelles, les chatteries des soeurs, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte masculine.
Qu'est-ce que la chute ? Si c'est l'unité devenue dualité, c'est Dieu qui a chuté. En d'autres termes, la création ne serait-elle pas la chute de Dieu ?
Pourquoi le spectacle de la mer est-il infiniment et si éternellement agréable ? Parce que la mer offre à la fois l'idée de l'immensité et du mouvement.
La faculté de rêverie est une faculté divine et mystérieuse ; car c'est par le rêve que l'homme communique avec le monde ténébreux dont il est environné.
Aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d'écrire un poème.
Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l'argent, l'amour ne peut être qu'une orgie de roturier ou l'accomplissement d'un devoir conjugal.
C'est le soir qui soulage les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s'alourdit, et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise.
Toute forme créée, même par l'homme, est immortelle. Car la forme est indépendante de la matière, et ce ne sont pas les molécules qui constituent la forme.
C'est toujours le gouvernement précédent qui est responsable des moeurs du suivant, en tant qu'un gouvernement puisse être responsable de quoi que ce soit.
On est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est ; et le plus irréprochable des vices est de faire le mal par bêtise.
Laissez, laissez mon coeur s'enivrer d'un mensonge, - Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe, - Et sommeiller longtemps à l'ombre de vos cils.
Tous les êtres aimés sont des vases de fiel qu'on boit les yeux fermés, et le coeur transpercé que la douleur allèche expire chaque jour en bénissant sa flèche.
Sans mors, sans éperon, sans bride, partons à cheval sur le vin pour un ciel féerique et divin ! Nous fuirons sans repos ni trêve, vers le paradis de mes rêves !
La volupté unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent de naissance que dans le mal se trouve toute volupté.
Vers le ciel, où son oeil voit un trône splendide, le poète serein lève ses bras pieux, et les vastes éclairs de son esprit lucide lui dérobent l'aspect des peuples
Le son de la trompette est si délicieux, dans ces soirs solennels de célestes vendanges, qu'il s'infiltre comme une extase dans tous ceux dont elle chante les louanges.
Mais en Dieu il n'y a rien de fini : en Dieu, il n'y a rien de transitoire ; en Dieu il n'y a rien qui tende vers la mort. Il s'ensuit que pour Dieu le présent n'existe pas.
Sache qu'il faut aimer, sans faire la grimace, le pauvre, le méchant, le tortu, l'hébété, pour que tu puisses faire à Jésus, quand il passe, un tapis triomphal avec ta charité.
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !
Rien n'égale en longueur les boiteuses journées, quand sous les lourds flocons des neigeuses années l'ennui fruit de la morne incuriosité, prend les proportions de l'immortalité.
Les sanglots des martyrs et des suppliciés sont une symphonie enivrante sans doute, puisque, malgré le sang que leur volupté coûte, les cieux ne s'en sont point encore rassasiés !
Si le vin disparaissait de la production humaine, il se ferait dans la santé et dans l'intelligence un vide, une absence plus affreuse que tous les excès dont on le rend coupable.

Questions autour de Charles Baudelaire

Qui est né le même jour que Charles Baudelaire ?
Leighton Meester, Gian Maria Volonté, Mark Pellegrino, Marine Vacth et Céline Tran sont nés le 9 avril comme Charles Baudelaire.
À quel âge est mort Charles Baudelaire ?
Charles Baudelaire est mort à 46 ans, le 31 août 1867.
Qui est mort le même jour que Charles Baudelaire ?
Jean Saudray, Georges Braque, Henry Moore, Rocky Marciano et Diana Spencer sont morts le 31 août comme Charles Baudelaire.
Quels écrivains sont nés à Paris comme Charles Baudelaire ?
Quels écrivains français sont du signe Bélier comme Charles Baudelaire ?
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