Cette année marque le 25ᵉ anniversaire de sa disparition.
Carole Fredericks, chanteuse américaine installée en France, fut la voix féminine du trio Fredericks Goldman Jones aux côtés de Jean-Jacques Goldman et Michael Jones. Sœur de Taj Mahal, ses chansons servent aujourd'hui à enseigner le français aux élèves américains.
Née à Springfield, dans le Massachusetts, Carole Fredericks grandit dans une famille de musiciens et commence à chanter aux États-Unis au début des années 1970, d'abord auprès de son frère aîné, le bluesman Taj Mahal, puis au sein d'une chorale de gospel. En janvier 1979, elle s'installe à Paris sans parler français et enregistre rapidement un premier album en anglais, Black Orchid. Durant les années 1980 et 1990, elle devient une choriste très sollicitée des studios parisiens. Sa voix accompagne Serge Gainsbourg, France Gall, Johnny Hallyday, Michel Sardou, Sylvie Vartan, Hubert-Félix Thiéfaine et Mireille Mathieu. Elle chante notamment sur le premier album de Mylène Farmer, Cendres de lune (1986), et participe à sa tournée de 1989. Reconnue dans le milieu professionnel pour sa puissance vocale héritée du blues et du gospel, elle accède peu à peu à une notoriété plus large.
En 1986, Jean-Jacques Goldman l'appelle pour assurer les chœurs d'une chanson destinée à sa tournée d'été. Elle participe ensuite à son double album Entre gris clair et gris foncé (1987), puis le suit sur scène. En 1990, avec le guitariste gallois Michael Jones, tous trois forment le trio Fredericks Goldman Jones. La formation publie deux albums studio, Fredericks Goldman Jones (1990) et Rouge (1993), ainsi que deux albums live, Sur scène (1992) et Du New Morning au Zénith (1995), et porte des titres comme Né en 17 à Leidenstadt et À nos actes manqués. Après la fin médiatisée du trio en 1996, Carole Fredericks poursuit en solo avec Springfield (1996), album de blues et de gospel en anglais, puis Couleurs et parfums (1999). Elle prête aussi sa voix à plusieurs albums de Céline Dion et interprète Run away love, générique du film Une chance sur deux réalisé par Patrice Leconte en 1998.
1952 : naissance à Springfield (Massachusetts)
1979 : installation à Paris, premier album Black Orchid
1986 : première collaboration avec Jean-Jacques Goldman, chœurs sur le premier album de Mylène Farmer
1987 : participation à l'album Entre gris clair et gris foncé
1990 : formation du trio Fredericks Goldman Jones et album éponyme
1992 : album live Sur scène
1993 : album Rouge
1995 : album live Du New Morning au Zénith, chœurs sur D'eux de Céline Dion
1996 : fin du trio, album solo Springfield
1998 : Run away love, générique du film Une chance sur deux
1999 : album Couleurs et parfums
2001 : mort à Dakar le 7 juin, au lendemain d'un concert
2008 : une rue de Montreuil porte son nom, exposition à Springfield
2011 : compilation Best Of publiée par Legacy Recordings
Carole Denise Fredericks naît le 5 juin 1952 à Springfield, cinquième enfant de Mildred et Harry Fredericks, dans une famille afro-américaine où la musique tient une place centrale. Son père, fils d'immigrés de Saint-Kitts, est pianiste et arrangeur, et encourage avec son épouse l'expression artistique de leurs enfants. La fratrie compte le bluesman Taj Mahal, le chanteur Ozzie Williams et la sœur aînée Connie Fredericks-Malone. Après des études secondaires achevées en 1972, Carole Fredericks gagne la Californie, puis s'installe à Paris en 1979. Elle vécut plus de vingt ans dans le 18e arrondissement et faisait de Dakar, au Sénégal, son lieu de villégiature.
Carole Fredericks entretenait des liens étroits avec de nombreux artistes de la scène française, parmi lesquels Jean-Jacques Goldman, Michael Jones, l'arrangeur Erick Benzi, le guitariste Gildas Arzel et l'auteur-compositeur Jacques Veneruso. Elle partageait régulièrement la scène et le studio avec les choristes Yvonne Jones, Joniece Jamison et Beckie Bell. Elle participait aux galas des Enfoirés, au profit des Restos du Cœur. Après sa disparition, sa sœur Connie Fredericks-Malone fonda la Carole Fredericks Foundation, une organisation à but non lucratif qui diffuse, à partir de ses chansons, des supports pédagogiques pour l'enseignement du français, principalement aux États-Unis.
Carole Fredericks meurt le 7 juin 2001 à Dakar, au Sénégal, d'une crise cardiaque, en descendant de scène à la fin d'un concert, deux jours après son 49e anniversaire. Elle effectuait alors une tournée en Afrique, et les tentatives de réanimation restent vaines. Sa dépouille est rapatriée en France. Le 11 juin 2001, ses partenaires Jean-Jacques Goldman et Michael Jones, attendus pour un concert Autour du blues au Club Med World de Paris-Bercy, maintiennent leur prestation et interprètent Dust My Blues, un titre que le trio aimait partager sur scène. Lors de la cérémonie d'adieu, des proches comme Lââm, Liane Foly, Maxime Le Forestier et Robert Goldman interprètent des gospels en son hommage.
Carole Fredericks repose au cimetière de Montmartre, à Paris (23e division, avenue Carrière), où un extrait de sa chanson Jesus in me sert d'épitaphe. En 2008, une rue de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, a pris son nom. Une plaque commémorative a ensuite été apposée au 91 bis rue du Mont-Cenis, dans le 18e arrondissement de Paris, sur l'immeuble où elle résida une dizaine d'années.
1 - Par coquetterie, Carole Fredericks ne révélait jamais son année de naissance : elle se contentait de dire qu'elle était née un 5 juin. Son année, 1952, fut surtout rendue publique au moment de son décès en 2001.
2 - Ses chansons ont connu une seconde vie pédagogique : depuis le début des années 2000, des manuels et des cours de français destinés aux lycéens américains s'appuient sur ses clips et ses textes, notamment ceux de l'album Couleurs et parfums.
3 - Réalisé en hommage à sa ville natale, l'album Springfield réunit la famille : Carole Fredericks en signa la plupart des textes et y invita son frère Taj Mahal et sa sœur Connie.
4 - Sur l'album Couleurs et parfums, elle reprit Time After Time de Cyndi Lauper sous le titre Kaai Djallema, qu'elle chanta en wolof et en anglais, en clin d'œil au Sénégal qu'elle affectionnait.
5 - Avec la plaque du 91 bis rue du Mont-Cenis, Carole Fredericks rejoint un cercle restreint d'Afro-Américains honorés en France par une telle plaque, aux côtés de Joséphine Baker et de l'écrivain Richard Wright.
- Métier(s) : chanteuse et choriste
- Résidence principale : Paris (18e arrondissement)
- Relations de couple : non documentées publiquement
- Enfants : aucun enfant documenté
- Distinctions : aucune distinction individuelle documentée (le trio Fredericks Goldman Jones a obtenu des disques d'or, de platine et de diamant)
« En 1986, Jean-Jacques m'a appelé pour faire des chœurs sur une chanson pour sa tournée d'été. »
— Interview Platine Magazine, décembre 1997
« En 1986, Jean-Jacques m'a appelé pour faire des chœurs sur une chanson pour sa tournée d'été. »
— Interview Platine Magazine, décembre 1997