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Biographie

Actrice et chanteuse française née le 15 mai 1898 à Courbevoie et morte le 23 juillet 1992 à Paris, Arletty, de son vrai nom Léonie Bathiat, est l'interprète de Garance dans Les Enfants du paradis et de la réplique « Atmosphère » d'Hôtel du Nord, deux films de Marcel Carné.


Parcours

Née Léonie Marie Julie Bathiat dans un quartier populaire de Courbevoie, Arletty grandit entre la région parisienne et Clermont-Ferrand. Sténographe, puis tourneuse d'obus pendant la Première Guerre mondiale, elle est introduite dans la haute société parisienne par le banquier Jacques-Georges Lévy puis par le marchand de tableaux Paul Guillaume, qui la recommande à Armand Berthez, directeur du théâtre des Capucines. Mannequin pour les peintres Marie Laurencin, Kees van Dongen et Moïse Kisling, elle adopte le pseudonyme d'Arletty en référence à une héroïne de Maupassant. Au début des années 1930, elle s'impose dans l'opérette Un soir de réveillon de Raoul Moretti aux Bouffes-Parisiens, puis joue Au Bonheur des dames avec Michel Simon près de 500 fois. Le cinéma parlant lui ouvre ses portes en 1930 avec La Douceur d'aimer de René Hervil.

Sa rencontre avec Marcel Carné en 1938 sur Hôtel du Nord consacre la carrière d'Arletty au cinéma. Dialoguée par Henri Jeanson, la réplique « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » devient l'une des plus citées du cinéma français. Suivent Le Jour se lève en 1939 aux côtés de Jean Gabin et Jules Berry, puis les comédies Fric-Frac et Circonstances atténuantes avec Michel Simon. Sous l'Occupation, Arletty tourne Madame Sans-Gêne de Roger Richebé en 1941, Les Visiteurs du soir en 1942 avec Alain Cuny, et incarne Garance dans Les Enfants du paradis, scénario de Jacques Prévert, aux côtés de Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur et Maria Casarès. Le film sort en mars 1945 alors qu'elle est en résidence surveillée.


Controverse

Durant l'Occupation, Arletty entretient à partir du 25 mars 1941 une liaison avec Hans Jürgen Soehring, officier allemand de la Luftwaffe et assesseur au conseil de guerre allemand à Paris, présenté par Josée de Chambrun, fille de Pierre Laval. Elle est arrêtée par les FFI le 20 octobre 1944, internée à Drancy puis à Fresnes, et placée en résidence surveillée durant dix-huit mois. Le comité d'épuration lui inflige un blâme assorti d'une interdiction de travailler de trois ans. La célèbre réplique qui lui est attribuée, « Mon cœur est français mais mon cul est international », résume sa défense publique. Elle ne reprend pleinement sa carrière qu'au début des années 1950, principalement au théâtre.


Repères chronologiques

1898 : naissance le 15 mai à Courbevoie, 33 rue de Paris
1916 : mort accidentelle de son père Michel Bathiat
1920 : débuts au théâtre dans les revues parisiennes
1930 : premier rôle au cinéma dans La Douceur d'aimer de René Hervil
1932 : succès dans l'opérette Un soir de réveillon aux Bouffes-Parisiens
1938 : Hôtel du Nord de Marcel Carné et la réplique « Atmosphère »
1939 : Le Jour se lève de Marcel Carné avec Jean Gabin
1941 : Madame Sans-Gêne de Roger Richebé ; rencontre Hans Jürgen Soehring
1944 : arrestation le 20 octobre, internement à Drancy puis Fresnes
1945 : sortie en mars des Enfants du paradis de Marcel Carné
1950 : crée Blanche dans Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams sur scène
1962 : rôle dans Le Jour le plus long de Ken Annakin
1966 : retrait progressif de la scène pour cause de cécité
1988 : célébration publique de ses 90 ans avec environ 2 000 invités
1992 : décès le 23 juillet à Paris à l'âge de 94 ans


Vie personnelle et engagements

Léonie Bathiat est la fille de Michel Bathiat, ajusteur-tourneur originaire d'Auvergne employé par la compagnie des tramways de Paris, et de Marie Marguerite Philomène Dautreix, lingère. Elle a un frère aîné, Pierre. Mise en pension dès l'âge de quatre ans et demi à Clermont-Ferrand à l'institution Sainte-Thérèse pour raisons respiratoires, elle poursuit ensuite ses études à l'institution Martinois de Puteaux, puis suit une formation de sténographie chez Pigier. La mort au combat de son premier amour en 1914, surnommé « Ciel » pour la couleur de ses yeux, la pousse à refuser le mariage et la maternité toute sa vie, malgré la cour de Sacha Guitry et de Jacques-Georges Lévy.

Arletty fréquente le Tout-Paris culturel, des peintres Marie Laurencin, Kees van Dongen et Moïse Kisling aux écrivains Louis-Ferdinand Céline, Jean Cocteau, Jean-Paul Sartre et Colette, avec qui elle entretient une liaison. À Garches, ses voisines incluent Coco Chanel. Hans Jürgen Soehring partage sa vie pendant la guerre. À partir de 1984, frappée de cécité depuis 1966 à la suite de crises de glaucome, elle soutient activement l'Association des artistes aveugles. Son biographe Michel Souvais publiera plusieurs ouvrages la concernant.


Contexte du décès

Arletty meurt le 23 juillet 1992 dans son appartement parisien de la rue de Rémusat, dans le 16e arrondissement, à l'âge de 94 ans. Elle entre dans le coma vers 16 heures et s'éteint environ une heure et quart plus tard. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Athée, elle avait demandé qu'aucune cérémonie religieuse n'ait lieu. Son corps est incinéré au crématorium du Père-Lachaise, en présence notamment de Piéral, Lucette Destouches, François Gibault, Nicole Courcel, Sylvie Joly et Odette Laure. Le cortège funèbre fait halte devant l'Hôtel du Nord, le long du canal Saint-Martin, où des admirateurs applaudissent le passage du cercueil.


Lieux de mémoire

Les cendres d'Arletty sont inhumées sous son nom de naissance, Léonie Bathiat, dans le caveau familial du cimetière des Fauvelles à Courbevoie, division G extérieure, emplacement n° 30. Le cimetière est situé rue du Révérend-Père-Cloarec, dans le quartier où l'actrice est née.


Anecdotes

1 - Le pseudonyme d'Arletty naît en trois étapes. Léonie Bathiat choisit d'abord « Arlette » en hommage à une héroïne de Maupassant, puis ajoute un « i » final sur les conseils de Tristan Bernard, avant de transformer le « i » en « y » pour faire, selon elle, plus « chic anglais up to date ».
2 - À Garches, dans la villa du 18 avenue Alphonse-de-Neuville où l'installe Jacques-Georges Lévy dans les années 1920, Arletty a pour voisins immédiats Coco Chanel et l'acteur André Brulé. Elle y rompt avec sa famille, sa mère désapprouvant cette liaison avec un banquier suisse et juif.
3 - Louis-Ferdinand Céline lui dédie en 1948 son scénario inédit Arletty, jeune fille dauphinoise. La proximité entre l'actrice et l'écrivain perdure après-guerre, malgré le statut judiciaire de Céline, et Lucette Destouches, veuve de Céline, assiste à ses obsèques en 1992.
4 - Au théâtre, Arletty joue Au Bonheur des dames avec Michel Simon près de 500 fois sans interruption, malgré leurs désaccords récurrents en coulisses. Le binôme se reformera ensuite au cinéma pour Fric-Frac et Circonstances atténuantes en 1939.
5 - Par testament, Arletty lègue ses biens à ses quatre cousins germains, domiciliés à Clermont-Ferrand et Saint-Éloy-les-Mines. L'un d'eux, Marius Rougier, ancien ouvrier des usines Michelin, attaque ensuite en justice un cabinet généalogique qui prélevait la moitié de la succession.


Points clés

- Métier(s) : actrice et chanteuse
- Résidence principale : Paris (rue de Rémusat, 16e arrondissement)
- Relations de couple : Jacques-Georges Lévy, Antoinette d'Harcourt, Hans Jürgen Soehring, Colette
- Enfants : aucun
- Distinctions : non documentées dans les sources consultées


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Autres acteurs nés dans les années 1890

Citations

« Je sors du peuple, c'est un honneur pour moi. »

— Interview INA, archives Décès Arletty, juillet 1992

« Cacher son âge, c'est supprimer ses souvenirs. »

— Citation publique reprise dans la presse française, années 1980

« Mon cœur est français mais mon cul est international. »

— Propos attribués lors de son procès en épuration, 1945

« La meilleure crème de beauté, c'est la bonne conscience. »

— Citation publique reprise dans la presse française, années 1980

« Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? »

— Réplique du film Hôtel du Nord de Marcel Carné, 1938, dialogue d'Henri Jeanson

Un nouveau-né, c'est un futur mort...
Cacher son âge, c'est supprimer ses souvenirs.
L'amour peut se passer d'estime, pas l'amitié.
La meilleure crème de beauté, c'est la bonne conscience.
Fermer les maisons closes, c'est plus qu'un crime, c'est un pléonasme.
L'amour, l'amitié, c'est surtout rire avec l'autre, c'est partager le rire que de s'aimer.
Tout, dans la vie, est une question de savoir-rire. Le rire, c'est ma thérapie. L'amour, l'amitié, c'est surtout rire avec l'autre, c'est rire que de s'aimer.
« Je sors du peuple, c'est un honneur pour moi. »

— Interview INA, archives Décès Arletty, juillet 1992

« Cacher son âge, c'est supprimer ses souvenirs. »

— Citation publique reprise dans la presse française, années 1980

« Mon cœur est français mais mon cul est international. »

— Propos attribués lors de son procès en épuration, 1945

« La meilleure crème de beauté, c'est la bonne conscience. »

— Citation publique reprise dans la presse française, années 1980

« Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? »

— Réplique du film Hôtel du Nord de Marcel Carné, 1938, dialogue d'Henri Jeanson

Un nouveau-né, c'est un futur mort...
Cacher son âge, c'est supprimer ses souvenirs.
L'amour peut se passer d'estime, pas l'amitié.
La meilleure crème de beauté, c'est la bonne conscience.
Fermer les maisons closes, c'est plus qu'un crime, c'est un pléonasme.
L'amour, l'amitié, c'est surtout rire avec l'autre, c'est partager le rire que de s'aimer.
Tout, dans la vie, est une question de savoir-rire. Le rire, c'est ma thérapie. L'amour, l'amitié, c'est surtout rire avec l'autre, c'est rire que de s'aimer.

Questions autour de Arletty

Quel est le vrai nom d'Arletty ?
Le vrai nom d'Arletty est Léonie Marie Julie Bathiat. Elle adopte ce pseudonyme inspiré d'une héroïne de Maupassant, en y ajoutant un « y » final pour donner un effet « chic anglais ».
Pourquoi Arletty a-t-elle été arrêtée à la Libération ?
Arletty a été arrêtée le 20 octobre 1944 par les FFI en raison de sa liaison affichée pendant l'Occupation avec Hans Jürgen Soehring, officier de la Luftwaffe à Paris. Elle est internée à Drancy puis à Fresnes, et placée en résidence surveillée durant dix-huit mois.
Arletty a-t-elle été mariée ou a-t-elle eu des enfants ?
Arletty ne s'est jamais mariée et n'a jamais eu d'enfants. Après la mort au combat de son premier amour en 1914, elle a déclaré ne pas vouloir devenir « veuve de guerre ni mère de soldat » et a tenu cette promesse toute sa vie.
Pourquoi Arletty a-t-elle arrêté de tourner ?
À partir du milieu des années 1960, Arletty est progressivement frappée de cécité à la suite de crises de glaucome. Quasi aveugle dès 1966, elle cesse le théâtre et les tournages mais continue à prêter sa voix à des documentaires et à des courts-métrages.
Quel est le film le plus célèbre d'Arletty ?
Arletty est surtout connue pour son rôle de Garance dans Les Enfants du paradis, réalisé par Marcel Carné sur un scénario de Jacques Prévert et sorti en mars 1945. Sa réplique « Atmosphère » dans Hôtel du Nord est également entrée dans la culture populaire française.
Où est enterrée Arletty ?
Les cendres d'Arletty sont inhumées dans le caveau familial du cimetière des Fauvelles à Courbevoie, sa ville natale, sous son nom de naissance Léonie Bathiat (division G extérieure, emplacement n° 30).
Qui est né le même jour que Arletty ?
Jango Fett, Richard Avedon, Andy Murray, David Charvet et Lil Huddy sont nés le 15 mai comme Arletty.
À quel âge est morte Arletty ?
Arletty est morte à 94 ans, le 23 juillet 1992.
Qui est mort le même jour que Arletty ?
Quels acteurs sont nés à Courbevoie comme Arletty ?
Quels acteurs français sont du signe Taureau comme Arletty ?
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