Alexandre Arcady

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Biographie

Alexandre Arcady incarne une trajectoire singulière dans le paysage audiovisuel français : celle d'un créateur qui a fait du déracinement et de la mémoire des pieds-noirs un motif central de son œuvre. Né Arcadie Alexandre Egry le 17 mars 1947 à Alger, il a construit une carrière protéiforme, acteur, metteur en scène de théâtre puis réalisateur et producteur, en puisant dans l'histoire familiale et collective pour nourrir des récits populaires qui ont marqué le cinéma des années 1980.


Parcours

Issu d'une famille juive algérienne (mère juive pied-noir, père légionnaire d'origine hongroise), Alexandre Arcady grandit à Alger où son père Alexandre Egry exerce la profession de commerçant et sa mère Driffa Hadjedj tient le foyer. Il poursuit ses études au lycée Bugeaud avant que la guerre d'Algérie ne bouleverse le cours de son existence. En 1962 (à 15 ans), la famille rejoint la métropole et s'installe parmi les premiers arrivants de la Cité Balzac à Vitry-sur-Seine, expérience d'exil qui marquera durablement sa sensibilité artistique. Dans sa jeunesse, il milite au sein du mouvement de jeunesse des Éclaireurs israélites de France. Entre 1966 et 1967, il part vivre en Israël dans un kibboutz près de la frontière libanaise, période d'engagement qui nourrit sa réflexion sur l'identité et l'appartenance (Diane Kurys l'accompagne durant cette période).

De retour en France en 1968, il intègre la troupe du Théâtre de la Porte Saint-Martin et participe à l'ouverture de cet établissement emblématique tout en jouant dans une série télévisée. Au début des années 1970, il entre au Club Méditerranée où il crée un département culturel baptisé Le Forum, mettant en scène plusieurs pièces dans différents villages de vacances. Il obtient les droits de la pièce d'Arthur Miller et la monte au Théâtre Récamier dirigé par le couple Renaud-Barrault. En 1971, avec la complicité du groupe Simon, il crée le Festival de Mexico et met en scène Salomon le magnifique lors de la première édition. L'année suivante, il devient directeur du Théâtre de la Cité à Marseille, où il monte principalement des pièces qu'il reprendra avec succès au théâtre de l'Espace Cardin à Paris. Cette période le voit aussi retourner devant la caméra : le cinéaste René Vautier lui confie le rôle principal dans Avoir vingt ans dans les Aurès, film primé du Prix de la Critique (FIPRESCI) à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 1972, où il partage l'affiche avec Alexandre Arbatt. Il retrouve ensuite la mise en scène et parcourt l'hexagone avec la troupe des Branquignols dans le rôle-titre d'une pièce, tout en interprétant Maxime dans une autre production.

Ces années de théâtre lui servent de tremplin pour aborder la réalisation cinématographique. Déterminé à raconter l'exode des rapatriés d'Algérie, promesse faite à sa mère sur le bateau de l'exil lorsqu'elle évoqua les photos oubliées dans le buffet de la cuisine, il travaille à l'écriture d'un scénario noir et tragique avec Daniel Saint-Hamont. En 1978, il fonde avec Jean-Jacques Schpoliansky la société de production Ariane Films et coproduit le premier film de Diane Kurys, Diabolo Menthe, immense succès qui lui ouvre les portes de l'agence APA. Sur conseil de Lino Ventura, qui lui suggère de transformer son histoire en comédie à l'italienne, il abandonne son projet initial pour adapter le roman d'Ania Francos. Il réalise ainsi Le Coup de Sirocco en 1979, triomphe public qui révèle le jeune acteur Roger Hanin et marque le début d'une collaboration artistique durable. En 1982, il signe l'un de ses plus grands succès commerciaux avec Le Grand Pardon, inspiré librement de la vie des frères Zemmour, où Roger Hanin incarne le patriarche d'une famille du milieu juif séfarade. Le film, qui sort le même jour que L'As des as, prend la tête du box-office dès le premier soir, révèle Richard Berry dans son premier rôle au cinéma et permet au jeune Alexandre Aja, fils du réalisateur, d'apparaître à l'écran.

Désireux de réunir Lino Ventura et Roger Hanin après avoir assisté à leur accolade fraternelle lors de la sortie du Grand Pardon, Alexandre Arcady conçoit L'Union sacrée (sortie en 1989), fresque retraçant l'histoire de deux demi-frères en 1942 lors du débarquement américain en Algérie. C'est finalement Coluche qui partage l'affiche avec Hanin, Ventura étant indisponible. Tourné à Carthagène en Espagne où avait été filmé Patton, le film constitue une production ambitieuse et le premier long métrage hexagonal en dolby stéréo. Le générique mentionne Alexandre Aja en tant que réalisateur de la deuxième équipe. En 1985, Alain Delon propose à Arcady d'adapter le roman Pour la peau d'un flic : pour garder le caractère français du projet, le réalisateur transpose l'action de New York à Montréal, ville choisie pour son ambiance nord-américaine. Il poursuit dans les années suivantes une carrière de réalisateur commercial, alternant fresques familiales et polars, tout en continuant de produire d'autres cinéastes. En 1995, il réalise Dis-moi oui..., qui romance l'histoire entre un pédiatre d'une trentaine d'années et une adolescente de douze ans très malade, projet qui suscite des débats. En 2012, il revient aux sources avec Là-bas, tourné en Israël, qui obtient le Prix du Public au Festival de Cannes et est projeté à l'Assemblée nationale devant le Conseil représentatif des institutions juives de France. Le film reçoit également des distinctions au Festival du film de Jérusalem.


Parcours

Après deux documentaires consacrés à la saga du Grand Pardon et à Lino Ventura diffusés sur France 3, et une carte blanche accordée par l'INA, Alexandre Arcady adapte son livre autobiographique sur son enfance algéroise en réalisant Le Petit Blond de la Casbah en 2023, bouclant ainsi la boucle mémorielle qui avait nourri ses premiers films. Ce dernier opus confirme son attachement indéfectible à la transmission d'une mémoire collective longtemps restée dans l'ombre du récit national français. Depuis 2024, son activité médiatique demeure discrète, sans annonce de nouveaux projets dans la presse nationale, suggérant une possible phase de retrait ou de gestation créative loin des projecteurs.


Repères chronologiques

  • 17 mars 1947 : Naissance à Alger.
  • 1962 : Exil avec sa famille en métropole et installation à la Cité Balzac de Vitry-sur-Seine (à 15 ans).
  • 1966-1967 : Séjour en Israël dans un kibboutz près de la frontière libanaise.
  • 1968 : Engagement dans la troupe du Théâtre de la Porte Saint-Martin et participation à son ouverture.
  • 1971 : Création du Festival de Mexico avec le groupe Simon et mise en scène de Salomon le magnifique.
  • 1972 : Direction du Théâtre de la Cité à Marseille ; rôle principal dans Avoir vingt ans dans les Aurès (Prix FIPRESCI à Cannes).
  • 1978 : Fondation de la société de production Ariane Films avec Jean-Jacques Schpoliansky.
  • 1979 : Réalisation de son premier long métrage, Le Coup de Sirocco, succès populaire révélant Roger Hanin.
  • 1982 : Triomphe commercial du Grand Pardon, qui révèle Richard Berry et sort en tête du box-office.
  • 1985 : Adaptation de Pour la peau d'un flic avec Alain Delon, action transposée à Montréal.
  • 1989 : Réalisation de L'Union sacrée, importante production cinématographique française de l'année.
  • 1995 : Sortie de Dis-moi oui..., film romançant l'histoire entre un pédiatre et une adolescente de 12 ans, suscitant des débats.
  • 2012 : Prix du Public au Festival de Cannes pour Là-bas, projeté à l'Assemblée nationale et récompensé au Festival de Jérusalem.
  • 2023 : Réalisation du Petit Blond de la Casbah, adaptation de son livre autobiographique sur son enfance à Alger.

Vie personnelle et engagements

Alexandre Arcady a vécu une longue relation avec Diane Kurys (rencontre en 1964, séjour commun en kibboutz en 1966), réalisatrice et scénariste française dont il a coproduit le premier film Diabolo Menthe en 1978. Le couple a eu ensemble deux enfants : Alexandre Aja (né en 1978, devenu réalisateur reconnu notamment pour Haute Tension / The Hills Have Eyes) et Sacha Sperling (né en 1990, écrivain). La transmission artistique traverse ainsi trois générations, Alexandre Arcady ayant introduit son fils Alexandre Aja au cinéma dès L'Union sacrée où il apparaît au générique comme réalisateur de la deuxième équipe. Cette dimension familiale et la fidélité à un cercle de collaborateurs réguliers, notamment Roger Hanin qu'il a fait tourner dans plusieurs de ses films emblématiques, dessinent un univers créatif fondé sur la loyauté et la mémoire partagée. Ses passions et loisirs personnels demeurent peu documentés, le réalisateur ayant toujours privilégié la discrétion sur sa vie privée en dehors des écrans.

Alexandre Arcady s'est engagé tout au long de sa carrière contre l'antisémitisme et pour la défense des valeurs républicaines, thématiques récurrentes dans son œuvre cinématographique. Son film Là-bas a été projeté en 2012 devant le Conseil représentatif des institutions juives de France à l'Assemblée nationale, reconnaissance institutionnelle de son travail mémoriel. Bien que ses prises de position publiques récentes soient rares, son cinéma reste le vecteur principal de ses convictions, portant un regard attentif sur la complexité des identités méditerranéennes, les parcours d'exil et les tensions communautaires. Son parcours au sein du mouvement de jeunesse des Éclaireurs israélites de France et son séjour en Israël dans sa jeunesse ont nourri cette sensibilité à la transmission et à l'identité juive, dimension structurante de son regard de cinéaste.


Lieux de référence

Alexandre Arcady est né à Alger, ville qui constitue le socle géographique et affectif de son imaginaire créatif. La Casbah et les quartiers juifs de la capitale algérienne ont fourni la matière de son récit autobiographique Le Petit Blond de la Casbah, témoignage d'une enfance marquée par la coexistence des communautés avant l'exil. Après le départ de la famille en 1962, la Cité Balzac de Vitry-sur-Seine devient le premier ancrage métropolitain, territoire d'accueil des pieds-noirs où se joue le difficile apprentissage de la réinstallation. Paris et ses théâtres, notamment l'Espace Cardin et le Théâtre Récamier, jalonnent ensuite son parcours artistique, avant que Marseille ne devienne un lieu de direction théâtrale au début des années 1970. Le kibboutz israélien près de la frontière libanaise où il séjourne entre 1966 et 1967 représente une autre étape géographique de sa quête identitaire. Alexandre Arcady réside actuellement en région parisienne, bien que les détails précis de sa résidence principale restent discrets. Son attachement aux rivages méditerranéens et aux lieux de mémoire du judaïsme séfarade traverse l'ensemble de sa filmographie, faisant de lui un cinéaste du déplacement et de la double culture.


Anecdotes

  • Lors du tournage de L'Union sacrée, Alexandre Arcady organise une avant-première spectaculaire à Paris : des voitures d'époque traversent la ville pour conduire les invités chez Charlot de Bab El Oued, qui leur prépare un couscous algérien, recréant l'ambiance des quartiers populaires d'Alger.
  • Le soir de la sortie du Grand Pardon, le film prend la tête du box-office devant L'As des as, exploit qui provoque l'accolade chaleureuse de Lino Ventura venant féliciter Roger Hanin. Témoin de cette fraternité entre les deux acteurs, Arcady conçoit immédiatement le projet de L'Union sacrée pour les réunir, bien que Coluche remplace finalement Ventura.
  • Lino Ventura joue un rôle décisif dans le parcours d'Alexandre Arcady : après avoir lu le scénario noir et tragique de son premier film, l'acteur lui donne un conseil lapidaire qui transforme son approche créative : "Fais de ton histoire une comédie à l'italienne".
  • L'Union sacrée est le premier long métrage français mixé en dolby stéréo, innovation technique qui accompagne l'ambition spectaculaire d'une production alors considérée comme l'une des plus importantes de l'année en France.
  • Alexandre Arcady a fait la promesse à sa mère sur le bateau de l'exil de rapporter un jour les photos de famille oubliées dans le buffet de la cuisine à Alger. Cette promesse intime est devenue le moteur de toute sa carrière cinématographique consacrée à la mémoire des pieds-noirs.

Points clés

  • Métiers : Réalisateur, producteur, acteur, metteur en scène de théâtre
  • Résidence principale : Région parisienne
  • Relation longue avec : Diane Kurys (réalisatrice)
  • Enfants : Alexandre Aja (réalisateur, né 1978), Sacha Sperling (écrivain, né 1990)
  • Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur, Chevalier de l'ordre national du Mérite, Officier de l'ordre des Arts et des Lettres, Prix du Public au Festival de Cannes 2012 pour Là-bas
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Questions autour de Alexandre Arcady

Qui est né le même jour que Alexandre Arcady ?
Eunice Gayson, Patti Hansen, Gottlieb Daimler, Rudolf Noureev et John Boyega sont nés le 17 mars comme Alexandre Arcady.
Quel âge a Alexandre Arcady ?
Alexandre Arcady a 79 ans. Il aura 80 ans le 17 mars.
Quels réalisateurs sont nés en 1947 comme Alexandre Arcady ?
Quels réalisateurs français sont du signe Poissons comme Alexandre Arcady ?
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