Naissance
Mortagne-au-Perche (61), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Commémoration

Cette année marque le 75ᵉ anniversaire de sa disparition.

Biographie

Émile-Auguste Chartier, connu sous le pseudonyme d'Alain, est un philosophe, journaliste et professeur français (1868-1951). Il a créé le genre des « Propos », publiant près de cinq mille courts textes dans la presse, et formé des élèves comme Simone Weil et Raymond Aron.


Parcours

Émile-Auguste Chartier, fils d'un vétérinaire de Mortagne-au-Perche, fait ses études au lycée d'Alençon avant d'intégrer une préparation littéraire au lycée Michelet de Vanves, en 1886. Il y suit l'enseignement de Jules Lagneau, qu'il considère toute sa vie comme son maître et qui l'oriente vers la philosophie. Admis à l'École normale supérieure en 1889, il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1892, puis enseigne successivement à Pontivy, Lorient, Rouen (au lycée Corneille) et Paris. À partir de 1906, il met au point le genre littéraire qui le caractérise, les « Propos » : de courts articles inspirés de l'actualité quotidienne, publiés dans la presse régionale puis nationale. Devenu professeur de khâgne au lycée Henri-IV en 1909, il forme plusieurs générations d'intellectuels, parmi lesquels Simone Weil, Raymond Aron, Georges Canguilhem, André Maurois et Julien Gracq.

Marqué par l'affaire Dreyfus, dont il prend le parti, Alain s'engage en politique aux côtés du mouvement radical avant de se consacrer au journalisme philosophique et à l'écriture. Pacifiste convaincu, il se porte pourtant volontaire en 1914, à l'âge de quarante-six ans, et sert dans l'artillerie. De cette expérience naît son pamphlet Mars ou la guerre jugée (1921), réquisitoire contre la guerre. Dans l'entre-deux-guerres, il défend un libéralisme radical attaché à la liberté du citoyen et cofonde, en 1934, le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, dirigé par Paul Rivet et Paul Langevin. Une attaque cérébrale le contraint au fauteuil roulant en 1936, sans interrompre son travail : il publie de nombreux recueils, dont Propos sur le bonheur, Les Dieux (1933) et Histoire de mes pensées (1936), commente l'œuvre de Paul Valéry, et reçoit en 1950 le Grand prix national des Lettres.


Controverse

En 2018, la publication de son Journal inédit 1937-1950 (éditions Les Équateurs, établi par Emmanuel Blondel) a relancé un débat public sur des propos antisémites consignés dans ses carnets privés. À la date du 28 janvier 1938, Alain y écrit vouloir se débarrasser de l'antisémitisme sans y parvenir ; une entrée de juillet 1940 exprime le souhait de voir l'Allemagne l'emporter pour éviter, selon ses mots, « le genre de Gaulle ». La parution simultanée de l'essai de Michel Onfray, Solstice d'hiver. Alain, les Juifs, Hitler et l'Occupation, a amplifié la polémique, largement reprise dans la presse, notamment par Le Monde. Des chercheurs comme Francis Kaplan, Thierry Leterre et Jérôme Perrier ont discuté et contextualisé ces écrits, rappelant qu'aucune trace d'antisémitisme ne figure dans son œuvre publiée, que l'auteur fut dreyfusard et qu'il condamna la violence antisémite.


Repères chronologiques

1868 : naissance à Mortagne-au-Perche (Orne)
1886 : entre en préparation littéraire au lycée Michelet et suit l'enseignement de Jules Lagneau
1889 : est admis à l'École normale supérieure
1892 : reçu à l'agrégation de philosophie, il débute sa carrière de professeur
1900 : enseigne au lycée Corneille de Rouen et rencontre Marie-Monique Morre-Lambelin
1906 : met au point le genre des « Propos »
1909 : devient professeur de khâgne au lycée Henri-IV
1914 : s'engage volontairement dans l'artillerie
1921 : publie Mars ou la guerre jugée
1934 : cofonde le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes
1936 : une attaque cérébrale le contraint au fauteuil roulant
1945 : épouse Gabrielle Landormy, le 30 décembre
1950 : reçoit le Grand prix national des Lettres
1951 : meurt au Vésinet, le 2 juin


Vie personnelle et engagements

Émile-Auguste Chartier naît le 3 mars 1868 à Mortagne-au-Perche, rue de la Comédie, dans une famille de notables locaux : son père, Étienne Chartier, est vétérinaire, et sa mère se nomme Juliette-Clémence Chaline. Après le lycée d'Alençon, le lycée Michelet et l'École normale supérieure, il partage sa vie privée entre deux femmes. Il rencontre vers 1900, à Rouen, Marie-Monique Morre-Lambelin, qui devient sa collaboratrice et sa confidente jusqu'à la mort de celle-ci en 1941. Il épouse le 30 décembre 1945 Gabrielle Landormy, de vingt ans sa cadette, nièce et fille adoptive de son ami normalien, le musicologue Paul Landormy. Aucun enfant ne lui est connu.

Issu de l'École normale supérieure, Alain appartient à une génération d'intellectuels dont il fréquente plusieurs figures, tel le normalien Léon Blum, et entretient une amitié durable avec le poète Paul Valéry, qu'une rencontre organisée par le médecin Henri Mondor rapproche de lui. Sur le plan des engagements, il défend très tôt le vote des femmes et l'égalité des salaires, soutient les universités populaires nées de l'affaire Dreyfus et milite pour la paix au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Il partage son temps entre un appartement parisien et sa maison du Vésinet, baptisée « la Chartreuse », acquise pour lui en 1917, où il se retire pour écrire.


Contexte du décès

Alain meurt le 2 juin 1951 à son domicile du Vésinet, dans les Yvelines, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Diminué physiquement depuis une attaque cérébrale survenue en 1936, qui l'avait contraint au fauteuil roulant, et de longue date sujet à de violentes crises de rhumatismes, il s'était consacré à l'écriture de son Journal. La cause médicale précise de sa mort n'a pas été rendue publique. Un an auparavant, en mai 1950, il avait reçu le Grand prix national des Lettres. André Maurois, son ancien élève, lui consacre la même année une biographie, tandis que la Nouvelle Revue française publie un hommage signé du peintre Henry de Waroquier.


Lieux de mémoire

Alain est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à Paris (94e division). Sa mémoire est entretenue à Mortagne-au-Perche, sa ville natale, par le musée Alain installé dans la Maison des comtes du Perche, qui conserve objets et documents donnés par la ville du Vésinet en 1978. Le lycée d'Alençon, où il fut élève, porte son nom depuis 1956.


Anecdotes

1 - Bien qu'exempté de service militaire en tant qu'enseignant, il se porte volontaire en 1914, à quarante-six ans, et refuse tout grade supérieur à celui de brigadier, ne voulant pas commander d'autres hommes au combat.
2 - Sa blessure de guerre n'est pas due au combat : lors d'un transport de munitions vers Verdun, il se broie le pied dans un rayon de roue de chariot, ce qui lui laisse une claudication définitive.
3 - En 1897, à Lorient, une conférence dans laquelle il soutient que « le diable n'existe pas » lui vaut d'être pris à partie par la presse catholique et provoque des tensions avec l'administration de son lycée.
4 - Soucieux des publics empêchés, il rédige un Petit Traité d'harmonie pour les aveugles en braille, paru en 1918, puis des Abrégés pour les aveugles en 1943.
5 - C'est Marie-Monique Morre-Lambelin qui achète pour lui, en 1917, la petite maison du Vésinet surnommée « la Chartreuse » ; elle exigeait qu'on l'appelât « le Maître », quand lui la nommait « le Jumeau ».


Points clés

- Métier(s) : philosophe, journaliste, essayiste, professeur
- Résidence principale : Le Vésinet (Yvelines), avec un appartement à Paris
- Relations de couple : Gabrielle Landormy (épouse en 1945) ; relation durable avec Marie-Monique Morre-Lambelin
- Enfants : aucun enfant documenté
- Distinctions : Grand prix national des Lettres (1950)

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Autres philosophes

Citations

« Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté. »

— Propos sur le bonheur, chapitre XCIII (éd. Gallimard)

« C'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux. »

— Propos sur le bonheur (éd. Gallimard)

« Je voudrais bien, pour ma part, être débarrassé de l'antisémitisme, mais je n'y arrive point. »

— Journal inédit 1937-1950, entrée du 28 janvier 1938 (éd. Les Équateurs, 2018)

« Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté. »

— Propos sur le bonheur, chapitre XCIII (éd. Gallimard)

« C'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux. »

— Propos sur le bonheur (éd. Gallimard)

« Je voudrais bien, pour ma part, être débarrassé de l'antisémitisme, mais je n'y arrive point. »

— Journal inédit 1937-1950, entrée du 28 janvier 1938 (éd. Les Équateurs, 2018)

Questions autour de Alain

Quel est le vrai nom du philosophe Alain ?
Alain est le pseudonyme d'Émile-Auguste Chartier. Il l'a d'abord employé pour signer ses chroniques de presse, avant qu'il ne devienne son nom d'auteur.
Que sont les « Propos » du philosophe Alain ?
Ce sont de courts articles, au style concis, inspirés de l'actualité et de la vie quotidienne. Alain en a publié près de cinq mille dans la presse entre 1906 et 1936.
Qui sont les élèves célèbres du philosophe Alain ?
Professeur de khâgne au lycée Henri-IV, Alain a notamment formé Simone Weil, Raymond Aron, Georges Canguilhem, André Maurois et Julien Gracq.
Pourquoi le philosophe Alain est-il associé au pacifisme ?
Engagé volontaire en 1914, il tire de la guerre son pamphlet Mars ou la guerre jugée (1921) et cofonde en 1934 le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.
Quelle est la citation la plus connue du philosophe Alain ?
La formule « Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté », tirée des Propos sur le bonheur, est l'une de ses plus reprises.
Qui est né le même jour que Alain ?
À quel âge est mort Alain ?
Alain est mort à 83 ans, le 2 juin 1951.
Qui est mort le même jour que Alain ?
Quels philosophes français sont du signe Poissons comme Alain ?
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